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 - N° 8 - Novembre 2005

Edito

Les Dossiers du littoral

Du côté :

Questionnaire

 

 

 

L’aménagement du littoral en question. Qu’est ce qu’un littoral bien aménagé ? Cette interrogation appelle autant de réponses qu’il y a d’utilisateurs (osera t-on le mot « consommateurs » ?) du littoral.

Pour ce qui nous concerne, Guadeloupe littoral®  n’a pas la prétention de répondre à cette question. Tout au plus tenterons nous d’apporter des éléments de réponse afin que le lecteur puisse se faire sa propre opinion.

Dans le même cadre, nous consacrons le dossier de ce numéro à la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) ; ce nouveau dispositif expérimental a vocation à inscrire comme mode de réflexion dominant l’idée que le littoral constitue une matière première d’autant plus importante qu’elle est un lieu privilégié du développement des activité humaines.

Il convient donc de l’exploiter prudemment, sans en risquer la destruction.

Ce nouveau mode de pensée préfigure peut-être de ce qu’est un littoral bien aménagé.

 

Les dossiers du littoral

Le concept de développement durable appliqué au littoral : la GIZC !

GIZC. Cela ressemble presque aux gazouillis d’un nouveau-né. Presque. Mais, le plus drôle, c’est qu’il s’agit bien de nouveau-né…

En effet, suite aux décisions prises au Comité Interministériel d’Aménagement et de Développement du Territoire en date du 14 septembre 2004, la Délégation à l’Aménagement du Territoire (DATAR) et le Secrétariat Général de la Mer ont lancé un appel à projet GIZC (Gestion Intégrée des Zones Côtières) le 11 janvier 2005.

Cet appel à projet était destiné en priorité à des territoires revêtant une taille suffisante pour, tout à la fois, englober la diversité des problématiques et des enjeux liés au littoral, permettre la prise en compte des évolutions à plus long terme et proposer un plan d’actions à court et moyen terme.

Le but poursuivi, en encourageant des réflexions et des expérimentations sur le terrain autour de projets concrets, était de favoriser l’émergence de pratiques, de méthodes, et d’outils adaptés aux enjeux spécifiques et aux besoins des territoires littoraux terrestres et marins.

De fait, la Gestion Intégrée des Zones Côtières constitue un processus expérimental, dynamique et collectif destiné à privilégier le bon usage de la zone côtière en réconciliant développement économique et bon état des ressources écologiques, et en liant les questions économiques, environnementales et sociales.

Il s’agit surtout de s’engager dans un mécanisme de coordination des objectifs et des actions, déclinés le cas échéant selon les spécificités de chaque territoire.

Pour cela, il convient de s’assurer de la participation de l’ensemble des acteurs vivant ou oeuvrant sur le littoral et son périmètre d’influence (arrière-pays compris). Dans cette optique, il importe de traiter la gestion du littoral dans sa triple dimension : terre (hinterland), bande côtière et mer. Cela conduit donc à développer une approche intégrée (terre-mer et intersectorielle) et à mettre en œuvre sur des périmètres adaptés à la gestion de la zone côtière des projets de territoire élaborés en concertation avec l’ensemble des acteurs du littoral.

Doté d’un budget global de 1,5 M€, ce dispositif devait récompenser 25 lauréats, dont chacun disposerait de 60 K€ afin de mener à bien son projet sur une durée de 18 mois. Cette somme, assimilée à un fonds d’amorçage devait constituer le préambule à l’abondement du projet par d’autres budgets.

Localement, les communes de Terre de Bas, de la Désirade ainsi que les municipalités regroupées au sein de la communauté de Communes de Marie-Galante ont répondu à l’appel à projet GIZC.

Sur les 49 projets déposés et examinés, 25 ont été retenus, dont… les trois projets provenant de Guadeloupe.

Néanmoins, le Premier Ministre a souhaité, en réponse à la candidature des trois collectivités postulantes, qu’un programme global de Gestion Intégrée des Zones Côtières soit mis en œuvre sur les territoires concernés. De ce fait, il n’existe plus qu’un projet GIZC pour la Guadeloupe qui, dans une logique de regroupement approuvée par la DATAR, intègre désormais la commune de Terre de Haut.

Ce projet global s’est vu attribué la somme de 100 K€.

Les élus des communes concernées ont décidé de concrétiser leur engagement en signant une Charte de Coopération se traduisant dans une convention partenariale décrivant les objectifs à atteindre et les actions à engager pour ce faire.

Ces documents seront signés le 7 décembre prochain par les maires des  six communes concernées ainsi que le Président de la communauté de communes de Marie-Galante, à la Préfecture.

Le projet est suivi localement par les élus et le Préfet ; le secrétariat et la coordination est assuré par l’Agence des 50 pas géométriques.

A partir du 7 décembre, le projet GIZC sera officiellement lancé en Guadeloupe.

Rendez-vous est pris dans 18 mois pour examiner le résultat obtenu.

 Un bébé est né…

Agence des 50 pas de Guadeloupe

agence@ag50pas-guadeloupe.fr

 

Du côté de l'agence des 50 pas géométriques

A la recherche d’un aménagement réussi sur le littoral guadeloupéen 

Wanted ! Le lecteur nous pardonnera cet anglicisme, mais un aménagement « réussi » du littoral guadeloupéen est recherché. Activement, voire très activement recherché.

En effet, pour certains, parler d’aménagement réussi sur le littoral guadeloupéen semble relever d’une véritable gageure !

 

Avant toutes choses, définissons ce qu’est un « aménagement » et plus largement l’aménagement du territoire. La définition du dictionnaire (pour ne pas faire de publicité, nous ne dirons pas de quel dictionnaire il s’agit) est la suivante : « meilleure répartition dans un cadre géographique, généralement national, des activités économiques, en fonction des ressources naturelles et humaines ».

 

Ces aménagements se font notamment par le biais d’équipements (construction d’infrastructures, etc).

 

Le littoral guadeloupéen dispose, selon cette définition, d’aménagements  réalisés de manière plus qu’honorables; à titre d’exemple, l’on peut citer les front de mer du Moule et de Basse-Terre. Des activités économiques pérennes se sont agglomérées autour de ces deux ouvrages, les riverains ainsi que les résidents de la zone se sont appropriés les lieux, etc.

 

Ces deux illustrations présentent ce qu’il peut convenir d’appeler un aménagement réussi : la réalisation d’infrastructures mettant en valeur un lieu donné, la concertation avec les riverains, la valorisation socioéconomique de l’espace, la sécurité. A ce jeu qui n’en est pas un, tout le monde y gagne : la commune élargit son assiette fiscale et ses ressources, les résidents participent à la valorisation des lieux, des activités se créent, etc. 

                                     

Ce sont ces critères que privilégie l’Agence des 50 pas dans sa mission de valorisation de la frange urbaine du littoral. Les différentes études, ainsi que les travaux qu’elle met en place (bâti, socio-économie, réseaux, urbanisme, …) ont pour unique objectif de valoriser de manière concertée (en accord avec les communes et l’Etat) et durable (pour la préservation des espaces au profit des générations futures) la partie du territoire qui relève de sa compétence. 

 

En somme l’aménagement réussi est peut-être celui qui associe le plus large spectre de participants, des décideurs aux « consommateurs »…

 

Agence des 50 pas de Guadeloupe

agence@ag50pas-guadeloupe.fr

 

 

Du côté du Conservatoire du littoral de Guadeloupe

Sites naturels protégés et développement durable : aménagements réussis ?

Guadeloupe Littoral® a rencontré Gérard BERRY, délégué du Conservatoire du Littoral en Guadeloupe afin de discuter des aménagements.

Extrait

Guadeloupe Littoral® : Monsieur BERRY, parlez-nous des aménagements sur le littoral naturel.

Gérard BERRY : L’archipel Guadeloupe, riche de la diversité de ses paysages, de ses différents milieux, de ses intérêts multiples liés à la nature aux supports ou aux traces de l’histoire, trouve une bonne part de son développement économique dans le tourisme.

Tout support économique génère une production basée sur la matière première. En l’occurrence,  la matière première est notre environnement, ce patrimoine naturel, historique et culturel dont nous sommes fiers à juste titre, et que nous nous efforçons de préserver, protéger, valoriser.

D’où ces nombreux aménagements qui fleurissent sur nos sites, du fait des collectivités, des institutions, des associations ou encore portés par des intérêts privés. Alors il est temps de se poser la question : nos aménagements sont ils réussis ?

 

Guadeloupe Littoral® : Mais à quoi reconnaît-on un aménagement réussi ?

GB : A première vue, les sites les plus connus sont « assez bien aménagés », même si l’entretien et la maintenance laissent souvent à désirer.

Alors, pouvons-nous dire qu’un aménagement réussi permet de protéger le site, par des moyens  juridiques, financiers, humains … tout en assurant un accueil de qualité à des publics variés, en cultivant la curiosité et l’intérêt par une animation pédagogique et touristique ? Assurant un juste équilibre entre préservation du milieu et ouverture au public. Mettant en œuvre plusieurs partenaires qui mettent ensemble leurs moyens afin de remplir les nombreuses missions dévolues aux uns et aux autres, établissements publics, collectivités, sociétés et associations, autour d’un projet qui permet, avec l’adhésion de la population locale, de faire vivre le site.

Nous parlons de  gestion intégrée  pour nos zones côtières. Elle doit être en adéquation avec la volonté des habitants. Perspectives et espérances doivent tenir compte des besoins identifiés, et appellent à la coopération de tous pour les réaliser. Les notions de territoire s’imposent  aujourd’hui en accompagnement de la gestion durable. Le site bien aménagé doit être créateur d’emploi et s’autofinancer au bout du compte !

Guadeloupe Littoral® : Pouvez-vous être plus précis ?

GB : De nombreux sites naturels sont aujourd’hui aménagés pour l’accueil du public, mais ne bénéficient pas d’une gestion pérenne, et ne vivent pas pleinement. Ils éprouveront toujours des difficultés pour la maintenance, l’entretien, la protection, surtout que le financement n’est pas en place. Ce sont généralement des sentiers, linéaires ou en boucle, aires d’accueil endormies, sites parfois abandonnés aux herbes folles :

  • La plage de Grande Anse à Trois-Rivières, le bain et la détente, la ponte des tortues luth, qui pourrait être la base d’un pôle d’activité d’écotourisme,

  • Les falaises d’Anse-Bertrand ou encore de Marie-Galante,

  • L’ensemble Morne Morel-plage de Pompierre à Terre-de-Haut,

  • Le site de l’Anse à l’Eau, à Saint-François,

  • Gros Morne et Grande Anse à Deshaies

  • Anse Babin, plage, pique-nique, mangrove et forêt marécageuse, pêche et visites du Grand cul de sac…

La préservation et la protection de nos sites naturels riment avec gestion, animation et accueil du public.

Consulter l'entretien intégral

 

Conservatoire de l'espace littoral

et

des rivages lacustres

guadeloupe@conservatoire-du-littoral.fr

 

 

Du côté du Parc National de Guadeloupe

Un schéma d’interprétation pour la baie du Grand Cul-de-Sac marin

Le Grand Cul-de-Sac marin : une vaste baie de plus de 15 000 hectares dont 3 735 classés Réserve Naturelle et gérés par le Parc national de la Guadeloupe.

 

C’est pour mettre en valeur les richesses de cet espace naturel mais aussi culturel, et en faire reconnaître ainsi l’intérêt patrimonial, qu’une étude en vue d’élaborer un schéma d’interprétation a été confiée aux cabinets Warichi et L.A.N.M. 7.

 

 

 

Après de longs mois de recherche, ce bureau d’étude vient d’achever son travail. Sa démarche revêtait trois objectifs :

 

  1. Retracer l’histoire du Grand Cul-de-Sac marin, et présenter les différentes facettes de sa dynamique économique, sociale, et culturelle

  2. Etablir une grille de lecture de principaux savoirs liés à cette histoire

  3. Définir la thématique de ce schéma d’interprétation, et lister les sites potentiels susceptibles de  traduire cette thématique

 

 

Les investigations réalisées aboutissent à un paradoxe apparent, ainsi décrit par les auteurs de l’étude :

« Alors que la baie semble un espace naturel apparemment immobile, l’observation séculaire des milieux la constituant et leur évolution liée à l’action anthropique au cours du dernier demi millénaire en font un espace de MOUVEMENT , synthèse de plusieurs dynamiques. Nous proposons, à partir de l’ensemble de celles-ci, d’établir le thème d’interprétation du Grand Cul-de-Sac marin autour du MOUVEMENT. Mouvement sourd d’une baie qui, loin d’être un simple espace naturel, est devenu un espace culturel construit à travers les ans. »

 

C’est donc autour de ce thème central que s’articule le plan proposé.

Entre la Pointe Allègre (Sainte-Rose) à l’Ouest et la Pointe d’Antigue (Port-Louis) à l’Est, douze « complexes » ou unités d’interprétation sont définies. Ces unités permettent de décliner différents sous-thèmes et d’articuler une mise en cohérence de l’ensemble :

 

  • Complexe 1 : Comté de Lohéac – La Ramée

  • Complexe 2 : La Boucan

  • Complexe 3 : Prise d’Eau

  • Complexe 4 : Blachon

  • Complexe 5 : Centrale électrique de Baie-Mahault

  • Complexe 6 : Ilet à Christophe

  • Complexe 7 : Canal de Belle-Plaine

  • Complexe 8 : Canal Perrin – Ilet-à-Fajou

  • Complexe 9 : Babin – Ilet Macou

  • Complexe 10 : Canal des Rotours

  • Complexe 11 : Beautiran – Ravine Gaschet

  • Complexe 12 : Marais de Port-Louis

 

Les sous-thèmes retenus ont pour objet de mettre en lumière les savoirs et savoir-faire des hommes de la baie :

 

  • la maîtrise de la circulation maritime,

  • la maîtrise de l’eau,

  • l’aménagement du littoral,

  • l’exploitation du territoire

 

« Ilets, canaux, habitations, pontons, fours-à-chaux, voies ferrées, forêts marécageuses, ravines, ports, marais, usines, mangroves ou autres batteries… s’entrelaceront alors en un tourbillon culturel et naturel dont la découverte et la mise en valeur du sens inscriront cette baie dans une dynamique collective de réappropriation et de restitution de son identité » écrit Jean Barfleur, Directeur de l’Agence Warichi.

 

Les différents gestionnaires de ce territoire de grande valeur que constitue le Grand Cul-de-Sac marin disposent désormais d’un document de référence. On y trouve un thème central, des sous-thèmes, des zones, et des lieux. Reste à choisir les outils d’interprétation adéquats… et à trouver les financements nécessaires à la mise en œuvre du projet.

Parc National de Guadeloupe

png.gcsm@espaces-naturels.fr

 

 

Du côté de l'Office National des Forêts

L’aménagement de l’anse à Jacques : Le littoral du Gosier

Le littoral oriental du Gosier est constitué d’une succession de falaises calcaires dans lesquelles viennent s’ouvrir de petites anses comme celle de L’anse à Jacques, qui participent aux attraits touristiques de la commune.

Enclave bien prononcée, nappée de sable fin, L’anse à Jacques Voisine de la plage de Petit Havre est régulièrement fréquentée pour son intérêt récréatif et ses qualités de site balnéaire.

La végétation est relativement peu dégradée. Elle est composée essentiellement  d’un tapis végétal bas à sporobole et patate bord de mer, quelques fourrés à bois chandelle noir, bois cabri, puis une végétation arbustive et arborescente composée de poiriers, gommiers rouge, bois campêche, catalpas, raisinnier, cocotier... Elle subit toutefois, l’influence néfaste de la circulation des véhicules  (tassement de sol, mutilation des végétaux...).

 Un Statut particulier

L’anse à Jacques a la particularité d’être en partie en F.D.L (forêt domaniale du littoral) et dans la zone des 50 pas géométriques naturels, propriété du conservatoire du littoral.

Le site classé « espace littoral remarquable » au titre de l’article l-146-6 de la loi littoral est entièrement géré  par l’ONF.

 Une occupation illégale

Depuis de nombreuses années un restaurant illicite y était installé. Cette occupation avait transformé le caractère naturel et public de la plage dont la périphérie est  déjà largement  marquée par une urbanisation de type résidentielle qui limite son intérêt écologique et paysager en arrière plan.

A la suite d’une longue procédure judiciaire, le restaurant fut détruit le 8 juillet 2004.

L’ONF et le conservatoire du littoral ont pu mettre en oeuvre un programme d’aménagement en partenariat avec la commune du Gosier.

Un projet d’aménagement concerte et une réappropriation des lieux

Le projet de réhabilitation avait pour but  de :

  • redonner au site un caractère naturel

  • de montrer l’action positive et efficace des services de l’état et des établissements publics dans le cadre d’une procédure judiciaire

  • d’assurer l’ entretien du site et d’organiser l’accueil des visiteurs.

Les travaux ont contribué à améliorer l’aspect paysager  et ont facilité la maîtrise de la fréquentation.

Le site est dorénavant équipe :

  • d’un parking  dont le revêtement a été refait

  • de carbets et de tables bancs 

  • de barbecues

  • d’un enclos à poubelles en bois

L’accès des véhicules est limite par des blocs rocheux et quelques plantations viennent agrémenter le site.

L’entretien est assuré par la commune du Gosier qui a affecté un agent à temps plein pour le nettoyage et l’animation du site.

Cet aménagement est exemplaire car il associe différents partenaires autour d’un enjeu majeur : la réappropriation et la réhabilitation d’un espace naturel occupé illégalement ayant une vocation publique et touristique.

 

Office National des Forêts

dr.guadeloupe@onf.fr

 

La lettre d'information Guadeloupe littoral® est un service gratuit réalisé par le Conservatoire du littoral, l’agence des 50  pas géométrique de Guadeloupe, la Safer de Guadeloupe, l’Office National des Forêts et le Parc National de Guadeloupe.

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