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 - N° 6 - Juillet 2005

Edito

Les Échos du littoral

Les Dossiers du littoral

Du côté :

Carton Rouge

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Un an déjà !

Eh oui, c'est en effet depuis septembre 2004 que Guadeloupe Littoral® vous informe, vous éclaire sur les grandes problématiques du littoral guadeloupéen à travers ses différentes rubriques et grâce à des rédacteurs spécialistes de ces questions.

Pour satisfaire nos lecteurs, de plus en plus nombreux, nous nous efforçons d'améliorer l'ergonomie du site, de proposer de nouvelles rubriques et surtout de veiller à la qualité de l'information.

À cet effet pour nous aider à mieux comprendre vos aspirations, vos attentes et vous associer ainsi à notre réflexion, nous vous avons concocté un petit questionnaire pour améliorer encore plus cette lettre d'information. Soyer nombreux à y répondre.

La présente lettre à pour parfum : le Patrimoine. Il désigne tout objet ou ensemble, naturel, culturel, matériel ou immatériel, qu'une collectivité reconnaît pour ses valeurs de témoignage et de mémoire historique et en faisant ressortir la nécessité de le protéger, de le conserver, de se l'approprier, de le mettre en valeur et de le transmettre.

 

Les Échos du littoral

Politique pénale dans le domaine de l'environnement

Le ministère de la justice a adressé aux procureurs généraux et aux procureurs de la République une circulaire du 23 mai 2005 pour fixer des orientations de politique pénale en matière d'environnement.

Références : circulaire CRIM 05/12/G4-23.03.05. Parue au bulletin du ministère de la justice n° 98 du 1er avril au 30 juin 2005, et consultable à l' adresse suivante :


http://www.justice.gouv.fr/actua/bo/bo98/98-04-dacg-e.pdf

Cette circulaire a fait l'objet d'une lettre de transmission (2 août 2005) de la Ministre de l'écologie aux préfets de région et de département :

Atelier Technique des Espaces Naturels

aten@espaces-naturels.fr

 

 

 

Les dossiers du littoral

Entretien et maintenance du patrimoine naturel : Erreurs et maladresses à éviter

Nous sommes tous conscients de la nécessité de mettre en place une gestion pérenne de nos espaces naturels, et nombreux à admettre qu’il est nécessaire de regrouper nos moyens. Mettre en commun nos connaissances, notre énergie, nos finances autant que possible, assurer en un mot un véritable partenariat afin de garantir le maintien de la qualité sur nos sites protégés.

Qu’en est-il réellement aujourd’hui ?

 Malgré nos fréquents échanges, nous pouvons encore déplorer des comportements dévastateurs sur notre environnement naturel.

Il est vrai que nos sites naturels bénéficient de nombreux programmes d’aménagement, et les acteurs sont aussi divers que les collectivités, petites et grandes, les institutions, spécialisées ou non, les associations les plus diverses, sans oublier les initiatives individuelles ou collectives d’intérêts privés.

Il devient donc important et urgent de tirer la sonnette d’alarme et de rechercher une méthode de travail et d’information permettant aux gestionnaires que nous sommes de mieux maîtriser les débordements et les côtés pervers (pour notre environnement) découlant de l’ignorance, de la maladresse, des erreurs d’opérateurs (parfois de décideurs) oeuvrant sur les sites de l’archipel Guadeloupe.

  • Tout d’abord, il est primordial de savoir où l’on est, quel statut s’applique au terrain faisant l’objet d’un projet, qui en est le propriétaire. A-t-on  l’autorisation de ce dernier ?

  • Les réalisations programmées sont-elles réellement adaptées à ce site ?

  • Le projet a-t-il fait l’objet d’une étude sérieuse d’un point de vue écologique, avec un  APS tenant compte d’un état des lieux, d’inventaire, de consultation,... ou d’impact quant à la qualité paysagère ?

  •  S’assurer que les travaux prennent en compte les sensibilités du site quant aux espèces, au biotope, à l’écosystème, avant toute action entraînant modification et destruction irrémédiable.

  • Prendre l’avis de spécialistes ou tout au moins de personnes averties pour enrichir le projet, l’évaluer, l’amender éventuellement, par un travail d’échanges et des rencontres sur le terrain, afin d’appréhender toutes les composantes permettant de réussir un bon projet respectant la nature tout en assurant le développement durable.

  • Tenir compte des pratiques existantes sur le sites et veiller si possible à leur intégration dans le projet ou sensibiliser les usagers sur la nécessité de les interdire.

 Quelques exemples d’erreurs aux conséquences non mesurables :

  • Le célèbre Parc de Yellow Stone a vu disparaître au fil des décennies sa belle forêt de pins. Ce n’est que récemment qu’on a réalisé que l’éradication du loup a eu pour conséquence une surpopulation de cerfs. Ces derniers ont détruit la forêt en broutant toute la régénération naturelle, les arbres adultes mourant de vieillesse !

  • Une mare bien connue d’une célèbre montagne du sud Basse-terre forme un excellent biotope pour les libellules (odonates) qui y prospéraient, jusqu’à ce qu’un agent introduise des « golomines » qui se repaissent des larves des libellules en même temps que celles des moustiques !

  • les introductions malencontreuses de chèvres broutant toute la couverture végétale, laissant le sol à nu, lessivé puis érodé par le vent, sont fréquentes.

  • L’installation de poubelles sur les sites aménagés pose toujours problème : ramassées, pas ramassées ? Pensons-nous que parfois une poubelle mal gérée rameute des chiens errants qui mangent aussi les œufs et les petites tortues ? Sans parler des rats et des moustiques (leptos et dingue) !

  • Par contre, il peut être intéressant d’installer des barbecues afin d’éviter que les usagers ne brûlent les arbres sur les plages ou lieu de camping.

  • Avec les meilleures intentions du monde, des collectivités et des associations organisent le nettoyage systématique des plages, si bien que le sable s’en va, que la régénération naturelle ne se fait plus. Ainsi la végétation de fond de plage n’est plus là pour maintenir le sable et limiter les phénomènes d’érosion. Une bonne formation serait nécessaire pour optimiser ces bonnes volontés.

  • Afin aussi d’éviter que certaines espèces en danger ne soient mises à mal par ignorance, il est nécessaire parfois de communiquer leur existence auprès des opérateurs ?

Et la liste pourrait s’allonger à l’infini ! Par exemple, les parking : en faire ou pas ? Où et comment, de quelle importance ? Doit-on aménager tous les sites pour l’accueil du public, ou au contraire en réserver certains ?

De nombreux exemples d’aménagements existent. Se consulter, échanger, partager les expériences, avoir une réflexion commune, globale parfois permettraient d’éviter des erreurs.

La communication est importante et ne devrait jamais être négligée.

Conservatoire de l'espace littoral

et

des rivages lacustres

guadeloupe@conservatoire-du-littoral.fr

 

Du côté de l'agence des 50 pas géométriques

Un patrimoine à mettre en valeur : les routes coloniales

L’Ingénieur des travaux Publics G. ROBERT notait en 1935 que le réseau guadeloupéen de 1214 kilomètres de voies classées était «relativement très étendu. Constitué de mailles serrées, il paraît pouvoir suffire quant à son développement linéaire, pendant de longues années encore, aux besoins du pays. ».

Il nuançait son rapport en observant que seules 509 kilomètres des voies secondaires étaient réellement carrossables et « qu’une bonne partie des chemins vicinaux ainsi que certains tronçons de routes coloniales principales peuvent être plus exactement désignée sous le nom de pistes ».

Rapportée au réseau, l’intensité de la circulation des 1900 automobiles de 1934 représentait 80% de l’intensité moyenne de la métropole. G. ROBERT en concluait que «  le réseau est très chargé et occupe une place considérable dans la vie de la collectivité. »

Les infrastructures routières ont évolué mais, soixante dix ans plus tard, l’observation garde toute sa valeur.

En revanche le tracé des routes coloniales encore plus anciennes et qui font partie intégrante de la mémoire et du patrimoine guadeloupéen est tombé dans l’oubli. Or, ce capital réparti sur l’ensemble du territoire littoral ne demande qu’à être exploité pour produire de la richesse.

Le pari est lancé. L’Agence des 50 pas géométriques afin de remplir sa mission de mise en valeur de la zone de sa compétence, proposera aux collectivités et aux porteurs de micros-projets de relever le défi. Il s’agit, à peu de frais, d’identifier l’existant et l’accessible, de le nettoyer sommairement, de le signaler, d’établir une cartographie du circuit et d’inciter les guadeloupéens et les touristes à le visiter. Des structures très légères de vente d’objets ou de denrées diverses peuvent s’installer sur le site.

L’utilisation et l’exploitation des ressources d’un territoire ne nécessitent pas obligatoirement les budgets pharaoniques auxquels font appel nombre de projets certes ambitieux, mais qui ne verront jamais le jour.

 

Agence des 50 pas de Guadeloupe

agence@ag50pas-guadeloupe.fr

 

 

Du côté du Conservatoire du littoral de Guadeloupe

Le point sur les Arrêtés préfectoraux de protection de biotope

Arrêté - Protection – Biotope

Nous savons qu’une espèce, végétale ou animale peut être « protégée » de même que des espaces plus ou moins étendus, des « sites » … par un dispositif réglementaire mis en place pour protéger un milieux fragile ou remarquable subissant une forte pression humaine. Ainsi, pour toute tentative de gestion visant à protéger l’espèce ou son biotope menacé, il peut être nécessaire de prendre au préalable des mesures de protection.

Qu’en est-il de « l’arrêté de biotope » ?

Nous pouvons dire qu’ici, se rejoignent les notions d’espèce et d’espace où vit l’espèce en question !

Le biotope est un milieu indispensable à l’existence pérenne des espèces de la faune et de la flore.

Un biotope est une aire géographique bien délimitée, caractérisée par des conditions particulières liées au climat, à la géologie, l’hydrologie… indispensable à la survie d’une espèce. Nous pouvons dès lors parler d’ « habitats » et nous pensons tout de suite à la préservation de la diversité biologique.

Ayons à l’esprit la connaissance du patrimoine naturel générée par les inventaires scientifiques tels que les ZNIEFF, la directive concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvage ou encore la « loi littoral » qui a pour objet de limiter l’extension urbaine sur le littoral afin notamment de protéger les espaces les plus remarquables (art.L.146-6 du CU).

Le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CELRL) réalise un travail de longue haleine qui a pour but la sauvegarde du littoral, le respect des sites naturels et le maintien de l’équilibre écologique. Ce n’est pas un hasard si un bon nombre de terrains du CELRL est l’objet d’arrêtés de protection de biotope, les écosystèmes littoraux étant souvent les plus fragiles, les plus menacés donc à protéger ! 

C’est un outil de préservation pour la survie des habitats nécessaires aux espèces protégées.

L’arrêté de protection de biotope est préfectoral : La protection de biotopes est menée à l’initiative de l’Etat par le préfet de département, ou de région dans les dom.

608 arrêtés préfectoraux de biotope couvrent plus de 300 000 ha du territoire national.

Les arrêtés préfectoraux de protection de biotope sont régis par les articles L411-1 et 2 du code de l’environnement et par la circulaire du 27 juillet 1990 relative à la protection des biotopes nécessaires aux espèces vivant dans les milieux aquatiques.

Les arrêtés de protection de biotope permettent aux préfets de département de fixer les mesures tendant à favoriser, sur tout ou partie du territoire, la conservation des biotopes nécessaires à l’alimentation, à la reproduction, au repos ou à la survie d’espèces protégées. Ces biotopes peuvent être des mares, des marécages, des marais, des haies, des bosquets, des landes, des dunes, des pelouses ou toutes autres formations naturelles peu exploitées par l’homme.

Certaines actions peuvent alors être interdites telles l’écobuage (défrichement avec brûlis de la végétation), le brûlage, le broyage des végétaux, la destruction des talus et des haies ou l’épandage de produits antiparasitaires.

Si aucune gestion n’est prévue dans le cadre d’un arrêté de biotope - c’est un peu la faiblesse de ce mode de protection qui peut être rapidement mis en oeuvre mais ne prévoit ni gestion ni personnel affecté - il est « souvent » possible de  constituer un comité scientifique ou consultatif de suivi avec plusieurs partenaires dont la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) les associations et les communes concernées…

608 arrêtés de biotope ont été pris au 1er janvier 2004 (source : Muséum national d’Histoire naturelle).

Quelques types de milieux concernés :

  • eaux non marines : 122 arrêtés (23,2%) ;

  • tourbières et marais : 114 arrêtés (21,7%) ;

  • forêts : 68 arrêtés (13%) ;

Deux exemples d’arrêtés de protection de biotope :

  • les biotopes dits « Crête des Leissières et de l’Iseran » en Savoie pour protéger la flore montagnarde,

  • les falaises du bois Martelin en Franche-Comté pour la protection du faucon pèlerin.

En Guadeloupe, 10 arrêtés préfectoraux de protection de biotope protègent en fait une vingtaine de sites aussi divers que des grottes (Trou à Diable, Courcelles…) des étangs et marais (Saint-Jean, Folle Anse…) des plages telle Grande Anse à Trois-Rivières, des mornes (Morel à Terre-de-Haut) des îles comme Grand Îlet, Îlet à Cabris, Petite Terre ou encore le Fort Napoléon !

Ainsi, parmi les plus connus :

  • Terre-de-Haut des Saintes pour le « tête à l’Anglais » Melocactus intortus, les raquettes Opuntia, des Orchidées, ou encore les deux iguanes, l’Ani à bec lisse Crotophaga ani…

  • Folle Anse à Marie-Galante pour l’attrape-sot Xylosma buxifolium, l’orchidée Brassavola cucullata…

  • Petite Terre pour la Gaïac Guaiacum officinale et l’iguane délicat

  • La plage de Grande Anse à Trois-Rivières pour la ponte des tortues luth

  • La grotte du Trou à Diable, à Marie-Galante pour ses chiroptères tel le Guimbo.

  • Les étangs de Saint-Barth

Chacun peut (doit) bénéficier d’un mode de gestion approprié, en fonction des objectifs retenus et des évolutions possibles (ex : projet de réserve naturelle pour Folle Anse)

Un certain nombre d’informations se trouvent dans l’ « Atlas des Espaces protégés », n’hésitez pas à le consulter….. La préservation et la protection de nos sites naturels et des espèces sauvages, c’est l’affaire de tous et de tout un chacun. Au boulot !

 

Conservatoire de l'espace littoral

et

des rivages lacustres

guadeloupe@conservatoire-du-littoral.fr

 

 

Du côté du Parc National de Guadeloupe

Le Four à chaux de l’Ilet à Fajou

L’Ilet à Fajou, situé au centre de la baie du Grand Cul-de-Sac marin, abrite un  vestige historique particulièrement intéressant : un four à chaux du 17è siècle.

D’une hauteur de 5,70m pour une largeur identique au niveau du sol, cet ouvrage remarquablement conservé (sans doute grâce à son éloignement de toute zone habitée…) est le seul encore visible dans tout l’archipel de la Guadeloupe.

Construit sur la partie nord de l’îlet, il est le témoin d’une intense activité d’exploitation des fonds marins commencée dès le début de la colonisation par les Européens. En raison de sa rareté, ce four pourrait prétendre à un classement sur la liste des Monuments Historiques.

Dès 1696, le R.P. Labat, dans son fameux récit « Nouveau Voyage aux Isles Françaises de l’Amérique », décrivait comment les coraux (« les plantes à chaux ») étaient extraits de la mer pour être transformés en chaux après une longue opération de calcination à l’intérieur des fours. On croyait alors que le corail était une plante…

« Le four dont on se sert pour cuire la chaux est de maçonnerie ordinaire. Il est fait comme un entonnoir dont le bout le plus étroit est vers la terre. (…) On laisse en bas une ouverture de deux pieds et demi en quarté, qui sert pour mettre le feu quand on commence la cuisson, et pour retirer la chaux à mesure qu’elle tombe en cuisant, lorsqu’on continue de charger le four de bois et de chaux. (…) La chaux que l’on retire du four est mise à côté dans une place que l’on a destinée pour cela. Elle se fond d’elle-même en peu de temps, et se réduit en une poudre blanche comme la neige, déliée, fine et douce comme la farine de froment. Si on veut l’éteindre en sortant du four, on jette un peu d’eau dessus et aussitôt elle se met en poudre ».

Photo : X. DELLOUE

Quelques ruines encore présentes à proximité du four de l’Ilet à Fajou témoignent du fait que les pêcheurs travaillant la chaux vivaient probablement plusieurs jours par an sur l’îlet.

Parc National de Guadeloupe

png.gcsm@espaces-naturels.fr

 

 

Du côté de l'Office National des Forêts

Un guide méthodologique pour une meilleure prise en compte de la protection des tortues marines dans les projets d’aménagement du littoral

Le guide méthodologique réalisé par l’ONF en concertation avec divers partenaires (Parc National, Conservatoire du littoral, DIREN, Associations, collectivités...) a pour objectif de fournir aux propriétaires, aux gestionnaires et aux aménageurs du littoral guadeloupéen les éléments techniques nécessaires à une meilleure prise en compte des habitats des tortues marines dans l’aménagement du littoral.

1 ) La situation des tortues marines en Guadeloupe

Parmi les 6 espèces de tortues marines de l’atlantique, 3 viennent sur les plages de l’archipel de la Guadeloupe pour pondre. Deux sont classées par l’UICN* en danger critique d’extinction, la tortue imbriquée et la tortue luth, et une est classée en danger d’extinction, la tortue verte.

Au niveau mondial, les tortues sont menacées. La Guadeloupe, où les effectifs actuels sont très nettement en deçà de ceux du début du siècle suite à une surexploitation qui a duré jusqu’en 1991, ne fait malheureusement pas exception. La  protection de ces animaux et de leur habitat est donc nécessaire.

Les sites de pontes menacés par la dégradation du milieu

Un site de ponte a une configuration différente selon les espèces. La tortue imbriquée affectionne les plages courtes bordées de végétation relativement dense ; La tortue verte, des plages assez larges présentant une importante épaisseur de sable et bordées de végétation ; La tortue luth préférera de grandes plages pourvues d’une importante épaisseur de sable.

En Guadeloupe, les sites de ponte sont aujourd’hui menacés par l’urbanisation, l’éclairage public, le défrichement, le changement de végétation, certaines activités de loisirs ou encore les divers obstacles d’origine anthropique. Il est possible de limiter les menaces sur ces sites en les revégétalisant, en gérant de manière durable les flux de voitures et de piétons et en adoptant des pratiques d’aménagement moins perturbatrices.

La végétation (arborée, arbustive et herbacée)  sur un site de ponte constitue un élément indispensable pour les tortues marines. 

Aussi, sa disparition peut avoir plusieurs conséquences :

  • la modification de la surface de ponte (la végétation ne remplissant plus son rôle de fixation, on assiste à une perte de surface de sable liée au phénomène d’érosion) ;

  • la perte d’habitats favorables pour certaines espèces (Tortue imbriquée, tortue verte) ;

  • la pénétration de la lumière, s’il y a des éclairages  artificiels (luminaire) ou naturels (clairière) situés à l’arrière du site de ponte, accentuant les cas de désorientation.

  • l’augmentation de la fréquentation facilitée par la multiplication des accès  (aux véhicules motorisés, chars à bœufs… ), qui sont à l’origine de tassements du sable (défavorables au bon développement des œufs).

La réhabilitation des sites de pontes des tortues marines en Guadeloupe participera par ailleurs à la restauration des habitats côtiers au profit d’autres espèces (iguanes, avifaune, etc), d’écosystèmes fragiles (stabilisation des anses sableuses) et du paysage. Les tortues agissent ainsi comme espèces «symbole» dans la dynamique de restauration, de protection et de gestion des habitats côtiers guadeloupéens.

2 ) Le Guide méthodologique

Le guide méthodologique réalisé par l’ONF en concertation avec divers partenaires (Parc National, Conservatoire du littoral, DIREN, Associations, collectivités...) a pour objectif de fournir aux propriétaires, aux gestionnaires et aux aménageurs du littoral guadeloupéen les éléments techniques nécessaires à une meilleure prise en compte des habitats des tortues marines dans l’aménagement du littoral.

Document de référence, il présentera sous forme de fiches techniques les méthodes d’interventions et de valorisation. Il comportera des préconisations et recommandations synthétisant les situations les plus courantes selon les thèmes suivants :

Protéger et restaurer les habitats naturels des tortues marines :

  • en favorisant la régénération arbustive ;

  • en diminuant et en orientant l’intensité lumineuse (en provenance des routes, des parkings, des habitations...).

Organiser l’accueil du public :

  • en maîtrisant l’accès des engins à moteur sur la plage ;

  • en organisant le stationnement des véhicules ;

  • en délimitant le nombre d’accès piétions (avec la revégétalisation).

  • en informant le public de l’intérêt du site et des actions entreprises ;

  • en adaptant les activités et les équipement aux configurations du site ;

  • en organisant les sorties « d’observations ».

Deux sites pilotes pour un aménagement soucieux de la préservation des tortues marines

Deux projets d’aménagement pilotes sont envisagés :

  • Un sur la plage de Cluny à Sainte-Rose (plage touristique accueillant de nombreux visiteurs et fréquentée par les tortues luth et imbriquées, propriété du conservatoire du littoral) ;

  • Un sur la plage des Trois îlets de Grand-Bourg de Marie-Galante (en F.D.L, premier site de ponte des tortues imbriquées des Petites Antilles).

Un dispositif de suivi technique et scientifique

Afin d’évaluer les répercussions des aménagements sur les écosystèmes côtiers et sur la qualité de la fréquentation touristique du site, un suivi sera réalisé. Il s’appuiera sur des indicateurs précis (taux de réussite au niveau des pontes de tortues, nombre de traces de tortue, taux de réussites des plants,  état des équipements, enquête de satisfaction des visiteurs, etc...).

Ce dispositif permettra aux différents acteurs de l’aménagement du territoire d’évaluer l’efficacité des techniques retenues, de les adapter éventuellement, et surtout de les reproduire sur d’autres sites en Guadeloupe ou ailleurs dans les Petites Antilles.

*U.I.C.N : International Union For Conservation of Nature and Natural Resources (Union Mondiale pour la nature)

 

Office National des Forêts

dr.guadeloupe@onf.fr

 

Du côté de la SAFER

BEAUTIRAN : Promenade dans le temps et dans l’espace

Comme le lecteur peut le constater, Guadeloupe Littoral met l’accent sur le patrimoine. Lors d’une de nos réunions de rédaction, le site de Beautiran est mentionné. Ce nom évoque pour moi un projet que j’ai essayé de promouvoir, je dois dire sans succès sur le plan local, à partir d’octobre 1983 :

Après avoir représenté la SAFER aux commissions thématiques Agriculture et Forêts, il m’a été demandé de continuer au sein de la Commission de cohérence Aménagement du territoire. Nous sommes en 1983, il s’agit de préparer le 9ème plan, premier plan de la Région devenue collectivité territoriale depuis la décentralisation. Entre divers projets (dont le reboisement de la Grande-Terre), je profitai des travaux de la Commission pour présenter l’avant projet d’utilisation, à des fins touristiques, du chemin de fer industriel de l’usine de Beauport. Ci-contre, couverture du document remis aux membres de la commission et transmis aux élus concernés dont les Maires des Communes du Nord Grande-Terre.

Reconnu par les membres de la Commission comme structurant pour le Nord de la Grande-Terre, le projet du Chemin de Fer des Moulins du Nord, développait de nombreuses pistes de développement à partir des voies ferrées qui ne se contenteraient plus du seul transport de la canne durant la récolte. Ainsi, certaines gares où la canne étaient chargée dans les wagons pouvaient permettre aux agriculteurs (futurs installés des GFA de la Réforme Foncière, par exemple) de faire de la vente directe aux touristes (fruits, jus de canne…) ; ceci pouvait également intéresser des artisans. Il s’agissait également de mettre en valeur les nombreux moulins qui pouvaient être découverts à partir du train, d’où le nom du projet. Etc. Ci-contre, extrait de la carte de l’avant-projet.

Dans un article du précédent numéro de Guadeloupe Littoral, j’évoquais l’usine Darboussier qui avait tiré partie de sa position en bord de mer pour le transport de la canne. Dans le cas de Beauport l’usine utilisait une voie ferrée dont une des branches conduisait à un embarcadère sucrier, celui de Beautiran ; de là, l’usine faisait partir le sucre, cette fois, vers le Port. En 1983, la voie conduisant à Beautiran avait déjà été désaffectée (ainsi, du reste, que la voie la plus au Nord conduisant à Berthaudière). Le projet imaginait une remise en service de la voie (reconstruction, en fait, car il n’y avait plus de rail) de façon à créer un circuit touristique mer-voie ferrée à partir des marinas (circuit qui pouvait intégrer le canal des Rotours).

 

Pour illustrer le dossier de l’avant projet j’avais photographié, entre autres, le site de Beautiran. J’y suis retourné ces jours-ci. C’est un très joli parcours. Le pont, réalisé avec un plateau de balance après l’enlèvement des rails, s’est effondré mais on peut passer à pied, si on veut suivre l’ancien talus du chemin de fer ; un autre chemin existe.

Le site, désormais sous la responsabilité du Conservatoire du Littoral, a finalement peu changé ; on voit encore aujourd’hui les portiques, témoins du passé sucrier de ce débarcadère.

 

 

 

 

 

 

Carton rouge

Destruction du biotope

Dans le nord Basse-Terre, un biotope très intéressant faisait l’objet d’un projet de jardin musical, porté par une association soutenue par le Conservatoire du Littoral.

Il s’agissait d’un étang formé par l’estuaire d’une ravine, fermé par le cordon dunaire naturel et permanent. Dans son projet de « réhabilitation et d’entretien » des berges, une grande collectivité détruisit le cordon dunaire, domaine public maritime confié en gestion au Conservatoire du littoral, éliminant du même coup le biotope et les espèces végétales associées, entraînant le départ des espèces animales, créant un véritable égout à ciel ouvert !

 

Photo : G. BERRY

 

Conservatoire de l'espace littoral

et

des rivages lacustres

guadeloupe@conservatoire-du-littoral.fr

 

 

 
Eco-citoyens ?

Eco-citoyens ?

En tant que gestionnaires d'espaces protégés, il nous arrive parfois d'être surpris par le comportement de certains "citoyens" sous le couvert de l'anonymat.

Que celui qui a jeté ses déchets à la mer ne s'inquiète plus, l'équipe de la Réserve naturelle du Grand Cul de Sac marin en a récupéré une partie (plus de 50 litres) au sud des îlets de Carénage avant qu'ils ne se dispersent au large en direction de la Tête à l'Anglais. Ce même jour, une épave calcinée de canot en polyester n'a pas pu être récupérée d'entre les racines de palétuviers.

Par rapport au faible volume de détritus ramassé, combien de déchets sont disséminés dans la nature, en mer ou en forêt et peuvent s'avérer dangereux pour la faune et dommageable pour les paysages !

Photo : J.L OLIVE

 

 

Respect du statut foncier

En, voilà une rubrique qui, malheureusement, ne va pas être difficile à alimenter : si certains statuts fonciers sont majoritairement reconnus et respectés depuis longtemps, comme la propriété privée ou la forêt domaniale, il n'en est pas de même pour les terrains affectés au Conservatoire du littoral et notamment les zones naturelles des 50 pas géométrique, d'où une certaine difficulté à mener des actions légitimes de conservation et de gestion : ainsi, sur la commune de Sainte-Rose, un accès à la plage de Nogent a été fermé en juillet par l'implantation d'enrochements ; ceci pour plusieurs raisons : tout d'abord pour appliquer la loi sur la circulation des engins à moteurs dans les espaces naturels et par là même, empêcher les vols de sable qui se sont multipliés ces derniers temps et qui aggravent le phénomène d'érosion des plages du Nord Basse-Terre. Or ces travaux financés par le Conservatoire, donc par l'Etat, ont été immédiatement détruits : les responsables de ces exactions ont-ils bien compris les missions qui sont celles du Conservatoire du littoral ?

Photo : A. MARIE

 

Parc National de Guadeloupe

png.gcsm@espaces-naturels.fr

 

 

La lettre d'information Guadeloupe littoral® est un service gratuit réalisé par le Conservatoire du littoral, l’agence des 50  pas géométrique de Guadeloupe, la Safer de Guadeloupe, l’Office National des Forêts et le Parc National de Guadeloupe.

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Pour tout contact : aabdillahi@ag50pas-guadeloupe.fr

 

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