|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Patrimoine
Du côté de la loi arc national de la Guadeloupe : un nouveau décret pour de nouvelles compétences Le décret modifiant la délimitation et la réglementation du Parc national de la Guadeloupe a été publié au Journal Officiel le 3 juin dernier (1). Il remplace celui par lequel le Parc national avait créé le 20 février 1989, il y a tout juste 20 ans. Il s'agit du texte d'application pour la Guadeloupe de la loi votée par le Parlement en avril 2006 sur les Parcs nationaux français (2). Ce décret institue de nouvelles règles qui définissent non seulement de nouveaux territoires de protection, mais établissent également une nouvelle gouvernance dans la gestion de ces territoires et les relations avec les collectivités concernées par le Parc national. Cliquez sur la carte pour la voir en plus grand En premier lieu, en effet, la « géométrie » du Parc national a changé. L'ancienne zone centrale qui jusqu'ici protégeait 17 300ha du massif forestier de la Basse-Terre, devient « cœur du Parc » auquel vient s'ajouter désormais l'ancienne Réserve du Grand Cul-de-Sac marin, les Ilets Pigeon et les fonds marins qui les entourent, ainsi que deux îlets de la Côte Sous-le-Vent : Kahouanne et Tête-à-l'Anglais. Solidarité écologique Outre ces cœurs à forte protection, une zone optimale d'adhésion rassemble les communes qui, par solidarité écologique avec les « zones « cœurs », ont vocation à travailler dans le sens d'un développement harmonieux et durable. Enfin, une grande aire maritime adjacente est mise en place dans laquelle l'établissement public Parc national, en concertation avec les socioprofessionnels concernés, proposera des mesures visant à améliorer la qualité des milieux et l'exploitation des ressources. Comme le prévoit la loi de 2006, le nouveau décret offre une meilleure adaptation du fonctionnement et de la gestion du Parc aux réalités locales. Désormais, les acteurs du territoires (élus, associations, représentants des usagers...) seront majoritaires au sein du Conseil d'administration de la structure. Concertation approfondie Les communes volontaires seront invitées, avec les collectivités, à signer une charte qui fera l'objet d'une concertation approfondie sur des thématiques directement liées aux territoires concernés. Etat, collectivités locales, associations, communautés locales seront associés dans une démarche partenariale pour concilier préservation des écosystèmes et activités humaines, assurer le meilleur équilibre entre diversité biologique et amélioration du cadre de vie. Ainsi pourra se démultiplier l’impact du Parc national et favoriser dans l’archipel une démarche de développement respectueux de la nature. Cette démarche permettra de valoriser encore davantage la reconnaissance internationale de la Guadeloupe dans le cadre du réseau des Réserves de Biosphère (MaB) de l'Unesco. (1) Décret n° 2009-614 du 3 juin 2009 (2) Loi n° 2006-436 du 14 avril 2006
Littoral et aménagements ENJEUX DU TERRITOIRE : L.K.P. ET S.A.R Difficile de ne pas évoquer l’actualité récente. La plate-forme de revendication du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon (L.K.P) comporte un volet « Aménagement du Territoire et Infrastructures», ce qui nous incite tout naturellement à nous pencher sur ce document au travers du prisme de nos préoccupations. Première approche, comment s’articule globalement le document dans lequel se retrouve le chapitre qui nous intéresse ? La plate-forme de revendications comporte dix titres, dont l’aménagement cité en huitième position, et son découpage en domaine se veut thématique. Ce dernier recoupe celui des ministères qui pourraient être conduits à intervenir. Sous certaines têtes de sections figurent des dispositions éparses concernant les collectivités locales et des revendications appuyées sur des principes sociaux, éthiques, ou moraux.
Seconde interrogation, peut-on établir un ou plusieurs liens entre ce document, qui oscille entre le cahier de revendications et le projet sociétal, et le Schéma d’Aménagement Régional en cours de révision ? Pour ce faire, guère d’autres solutions que de reprendre le plus méthodiquement possible, son contenu La section de la plate-forme intitulée « Aménagement du Territoire et Infrastructures » est scindée en trois parties : maîtrise foncière, développement équilibré du territoire et infrastructures. Le logement, détaché de ce chapitre, figure dans la partie 1 « niveau et conditions de vie ». D’autres options éparses, mais concernant l’aménagement, gagneraient pour ce qui concerne notre propos à être regroupées. Le foncier constitue le socle de l’aménagement. La plate-forme pose comme base exclusive de la maîtrise foncière, la régulation du foncier agricole en fixant à 50.000 hectares sa surface incompressible. Le S.A.R pose le même principe et ajoute 14.000 hectares de « réserve foncière». La constitution d’un matelas foncier pour la construction des logements sociaux réclamés par ailleurs, n’est pas mentionnée. Le S.A.R évoque à ce sujet un besoin de 640 hectares. Ce type d’action foncière relève d’ailleurs du niveau communal ou peut être coordonné au sein d’une structure spécialisée au niveau régional. La répartition urbaine posée par la plate-forme revendique un développement équilibré du territoire entre la Grande-Terre et la Basse-Terre et prône le renforcement des pôles secondaires complémentaires, la redynamisation des quartiers, des bourgs, des bassins de vie, des îles en double insularité. Autant de thèmes abordés ou développés dans le projet de S.A.R révisé. Cette unanimité n’a rien de surprenant, qui préconiserait le contraire ? La rubrique des infrastructures retient trois orientations générales fortes: la dynamisation de l’habitat social ; le développement des réseaux de transport terrestre et maritime et l’arrêt du projet d’implantation du port en eaux profondes. Trois mentions, dont deux tirées du chapitre « conditions de vie », forment la politique d’accompagnement de la première de ces orientations : le recensement des besoins en logement, un vaste programme de construction de logements sociaux et intermédiaires et un plan quinquennal de résorption de l’habitat insalubre. Les deux premières orientations générales et leurs corollaires sont reprises dans le projet de S.AR révisé. Si le rejet du port en eau profonde concerne l’extension du port de Jarry, le texte du projet S.A.R ne tranche pas nettement. Il y a bien la matière à débat. D’autre part, les équipements contribuant à la cohésion sociale (établissements scolaires, crèches, équipements sportifs,..) sont mentionnés dans les deux documents, mais leur réalisation relève majoritairement du niveau communal. Le volet environnement de l’aménagement du territoire de la plate-forme prend en compte « la protection du patrimoine écologique (foret, mangrove,.. » ainsi que « l’eau » incluse dans la rubrique « Services publics » en mettant en avant la reconstruction des réseaux. Le projet de S.A.R révisé évoque très largement ces questions. Les préoccupations se rejoignent, y compris au niveau de l’évocation du chlordécone. Le secteur de l’agriculture et celui de la pêche sont regroupés sous le chapitre « Production » de la plate-forme. L’orientation sur l’aménagement agricole est concentrée sur le « maintien et aménagement du foncier agricole (eau, V.R.D, ..) afin de créer des entités de production viables et en constante recherche d’autonomie) ». La pêche est abordée sous l’angle de la problématique de l’aménagement portuaire et de l’organisation de la filière. Les deux volets sont développés dans le projet de S.A.R révisé créant ainsi une communauté d’appréciations. Le volet économique autre qu’agricole pouvant être traduit par des orientations d’aménagement du territoire est traité en négatif par des refus : arrêt d’implantation des stations services, des grandes surfaces, du circuit automobile « Vigie Gate ». De nombreuses dispositions pouvant être classées en tant que politiques d’accompagnement figurent cependant dans la plate-forme. Le projet S.A.R est prescriptif en matière de services, de commerce et de tourisme, ce dernier aspect n’étant d’ailleurs pas évoqué dans la plate-forme, et ne traite pas directement de l’économie, mais trace des pistes de développement par territoire. Une plate-forme de revendications n’est par un schéma d’aménagement même si certaines options ont des conséquences directes sur l’occupation et la destination du sol. Trois regrets cependant, tout en ayant conscience de cette différence : - Le premier concerne la difficulté à identifier clairement l’épine dorsale du projet du « stop pwofitasyon » qui n’est qu’effleurée dans son introduction (« […] moun wodibou ansanm avé moun badibou an chimen é kapab konstwi on sosyété néf […] » (Tous unis pour construire une société nouvelle). En effet, les concepts à la base d’une « sosyété néf » impactent obligatoirement l’organisation du territoire dans toutes ses composantes, y compris dans l’architecture urbaine. - Le second a trait au fait que, dans le document, la dimension culturelle ne trouve pas de traduction dans l’aménagement territorial. - Le dernier enfin, en guise de conclusion. Le mot « littoral » ou ses équivalents ne figurent nulle part dans une plate-forme qui concerne un archipel. Ce n’est nullement désespérant car l’intégration dans la réflexion de cette dimension essentielle de notre beau territoire se produira, mais il faut savoir patienter : « A pa menm jou fey tonbé an dlo y ka pouri… »
Acteurs du littoral Emmanuel Lopez nous a quittés
Depuis plus de trente ans rempart discret des côtes françaises contre l'urbanisation, Emmanuel Lopez, directeur du Conservatoire du littoral, est mort d'un cancer à 61 ans, jeudi 10 septembre 2009. Sous sa houlette, l'institution a mis à l'abri 113 000 hectares de paysages côtiers. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il débute sa carrière en 1971 à l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne. Mais une mission pour la Délégation à l'aménagement du territoire (Datar) le conduit bientôt à Rochefort, sur la côte atlantique, où va être créé le Conservatoire du littoral, établissement public national dont Emmanuel Lopez contribue à définir les contours et les missions. " Il s'agissait alors de préserver des fenêtres de zones naturelles et d'accès public sur une ligne littorale qui se bétonnait et se privatisait rapidement ", racontait-il au Monde en 2008.
Cette mission, Emmanuel Lopez la démarre en Corse, où il sera le
premier délégué régional du Conservatoire. Une terre a priori rétive
à cette ingérence de la puissance étatique, où le Méditerranéen
originaire d'Oran, en Algérie, va accomplir, selon ses propres mots,
" un petit miracle politique ". " Comme tout le monde, je suis tombé amoureux fou de ce littoral ", avouait-il. Négociations, pédagogie et prudence : la méthode se révèle payante. Plus de 10 000 hectares, représentant 20 % du linéaire côtier de l'île, sont rachetés et protégés. Les élus suivent. Les groupes nationalistes laissent faire. L'île de Beauté devient la vitrine d'un Conservatoire du littoral qui monte en puissance. Directeur, de 1994 à 2004, du Parc national de Port-Cros, qu'il contribue à redynamiser en portant sa fréquentation à 1,5 million de visiteurs annuels, Emmanuel Lopez a pu mesurer les limites d'une politique qui consiste, sur les sites acquis par le Conservatoire, à... ne rien faire. " C'était une vision naïve ", disait-il avec le recul. Pour autant, pas question de les fermer. " Emmanuel Lopez s'opposait à la conception naturaliste qui voulait faire du littoral un sanctuaire, explique le président du Conservatoire, Jérôme Bignon. Il avait une vision culturelle, humaniste, il plaçait l'usage de la nature par l'homme au centre de sa politique. C'est grâce à cela que les Français aiment le Conservatoire : ils n'ont pas le sentiment d'en être exclus. " Nommé à la tête du Conservatoire en 2004, Emmanuel Lopez mène une ambitieuse politique qui transforme l'établissement public en protecteur de la biodiversité, en aménageur de sites touristiques et en agent économique. Après une grave crise financière, le Conservatoire a obtenu, en 2005, des moyens pérennes et renforcés. Il reçoit désormais le produit du droit de francisation et de navigation des navires, une enveloppe de plus de 35 millions d'euros qui a fait bondir son budget de 40 %. Le directeur fait installer des parkings paysagers, des sentiers balisés, des barrières qui protègent les zones sensibles. Des milieux endommagés sont reconstitués, comme la lande de la pointe du Raz et les dunes du Conquet, en Bretagne. L'activité économique est encouragée sur les terres protégées, qui accueillent pas moins de 800 éleveurs et agriculteurs. On est loin de la simple conservation. De plus en plus loin du littoral aussi : Emmanuel Lopez, estimant le Conservatoire parvenu " à la maturité ", avait récemment commencé à s'aventurer loin des côtes. En protégeant des territoires situés en pleine mer, comme les îles Chausey et leur immense estran. Ou des zones humides situées à l'intérieur du continent, dans la Somme, par exemple. Avec une ambition : protéger, à l'horizon 2050, un domaine terrestre et maritime correspondant à un " tiers sauvage " du littoral français. Le Monde 19.09.2009 Généreux, loyal, drôle, intelligent, subtil, rêveur, courageux, discret…, il faut beaucoup de qualificatifs pour cerner une personnalité hors du commun habitée par l’intelligence du coeur et de l’esprit. Homme deculture, il est un des rares en France à avoir su conjuguer habilement culture et nature. Il a voué sa vie à la nature, à la protection du littoral et à la ville de Rochefort dont il a été conseiller municipal. Il a toujours soutenu et encouragé l’action de la LPO pendant près de trente ans. Allain Bougrain-Dubourg (LPO) Emmanuel, l’homme émerveillé s’en est allé.Vous avez perdu un Directeur, vous et moi avons perdu un ami. Emmanuel aimait les choses de la vie, il embrassait l’humain de sa profonde humanité. Il aimait aussi la mer, sa méditerranée, les constructions de Dieu, les constructions de l’homme pour peu qu’elles soient de qualité. Au conservatoire, il s’est tourné vers la mer, pour élargir et garantir la pérennité de la mission, pionnier et prophète à la fois. Lorsque l’on traverse la vie, il y a des gens …dont vous avez envie de partager la vie pour la vie, Emmanuel était bien de ces derniers dont on aime qu’ils marchent à vos côtés par amitié, par fidélité. Christophe LEFEBVRE (aires marines protégées) « Au cours des missions que j’ai eu la chance de partager avec Emmanuel dans chaque région de l’outre mer, j’ai apprécié son charisme, son humanisme et la profondeur des valeurs qu’il a su nous transmettre. Emmanuel restera dans nos cœurs, il continuera à nous accompagner dans chacun de nos projets aux 4 coins de la planète. » Marc DUNCOMBE (Délégué DOM du Conservatoire) Nous gardons le souvenir d’un homme merveilleux dont nous étions tous très fiers aux Antilles. Toutes nos pensés vont vers ses enfants et sa famille. Nous tâcherons de garder le cap et poursuivre ses ambitions pour le Conservatoire. Marie-Michèle MOREAU-Gérard BERRY des antennes de Martinique et Guadeloupe
Environnement Littoral
L’archipel guadeloupéen : terre promise pour les tortues marines ? Beaucoup l’ignorent. Mais sur les sept espèces de tortues marines présentes dans le monde, trois viennent, chaque année, se reproduire sur les plages de notre archipel entre mars et novembre. Il s’agit de la tortue imbriquée (ou Karet), de la tortue verte et de la tortue luth. Leur rituel de ponte est le même depuis des millions d’années. Au cours de la nuit, les femelles en âge de se reproduire reviennent sur leur plage de ponte (à partir de 20-30 ans), sortent de l’eau et se hissent sur le sable. En l’espace d’une à deux heures, elles vont creuser leur nid, y déposer une centaine d’œufs, reboucher le nid, le camoufler puis retourner à la mer. Au cours d’une saison de ponte, chaque femelle viendra pondre 3 à 4 fois sur la même plage à intervalles réguliers, puis reviendra 2 à 3 années après. La zone où vient pondre une tortue s’appelle « un site de ponte » et se compose de la bande sableuse ainsi que de l’ensemble de la végétation littorale.
Il faut compter deux mois d’incubation avant d’assister à l’éclosion des œufs et au cheminement des bébés vers la mer. Les nouveau-nés vont s’aider des éléments naturels pour trouver le chemin ; en effet ils sont « programmés » pour s’orienter vers l’horizon le plus lumineux, en l’occurrence, la mer grâce aux reflets des astres. . Aujourd’hui, l’occupation humaine du littoral engendre quelques pièges qui peuvent parfois s’avérer mortels pour l’orientation des tortues. Le piège principal est l’éclairage artificiel qui crée en arrière plage des zones très lumineuses occasionnant des désorientations. Les tortues peuvent ainsi se retrouver sur une route, un parking ou une pelouse. Si elles ne regagnent pas rapidement la mer le risque de mortalité est grand. Voire énorme.
Mais, heureusement, cette menace, dérangeante et mortelle, peut être réduite. En effet, aux abords des plages, il est important de limiter au maximum l’éclairage et d’enlever ceux qui sont « accessoires ». Si le site de ponte est important pour la survie de l’espèce il faudra même se résoudre à ne pas l’éclairer. Dans certains cas, il est possible d’adapter l’éclairage pour limiter (limiter seulement mais c’est déjà ça) son impact. Les solutions préconisées sont : - de limiter au maximum l’éclairage ; - d’orienter l’éclairage côté terre, il est possible à l’aide d’un cache d’orienter la lumière sur des zones précises ; - d’utiliser des sources lumineuses peu visibles par les tortues comme les lampes à vapeur de sodium basse pression ; - d’éteindre les lumières une partie de la nuit ou pendant la saison des pontes ; - de créer un écran limitant la pénétration de la lumière sur la plage (exemple création d’une bande de végétation dense composée d’essences locales) ; Les nouveau-nés sont déjà naturellement soumis à une importante pression ainsi qu’à un environnement hostile (prédateurs, houle cyclonique,…) : sur 1000 œufs pondus 1 seul produira un adulte reproducteur. Il est donc important de ne pas leur mettre de nouvelles embûches sur leur route. Par ailleurs, la particularité des tortues marines, comme beaucoup d’autres reptiles, est la détermination du sexe par la température. En effet, à 29°C le nid est composé de 50% de femelles et de 50% de mâle, au-dessus de cette température les femelles prédominent et en deçà ce sont les mâles. Cette caractéristique n’est pas anodine, elle met en évidence l’importance des zones fraîches sur la plage au niveau de la végétation dense et naturelle. Sans cette dernière la température est amplement supérieure à 29°C occasionnant une production quasi exclusive de femelles. La végétation constitue donc un élément important permettant la survie des tortues marines, mais elle joue également d’autres rôles. Elle constitue le lieu de prédilection pour la ponte de la tortue imbriquée et de la tortue verte, elle est une barrière naturelle limitant la pénétration de la lumière et limite l’érosion de la plage. Il convient donc de maintenir, voire de restaurer le cordon de végétation littorale sur tout ou partie des plages. En gérant les flux de circulation sur la plage et en mettant des enclos de re-génération, la végétation peut reconquérir l’espace en quelques années. La circulation des véhicules sur les plages est à proscrire car en plus d’être interdite par la loi, elle dégrade le site de ponte, tasse le sable (empêchant les tortues de creuser) et casse les œufs. Plus infanticide, tu meurs !
Globalement, il convient de retenir que l’état des plages en Guadeloupe est moyen pour la préservation des tortues marines ; il importe de reconquérir ces espaces tout en prenant en compte l’occupation humaine. Sur chaque plage la gestion peut être combinée : une partie peut être restaurée pour l’accueil des tortues et une autre pour les plagistes. Certes, certaines « mauvaises » habitudes devront être abandonnées comme le fait de circuler en véhicule sur la plage et dans la végétation littorale. Cette réflexion doit se faire à l’échelle du territoire notamment pour une cohérence écologique et économique.
Globalement, il convient de retenir que l’état des plages en Guadeloupe est moyen pour la préservation des tortues marines ; il importe de reconquérir ces espaces tout en prenant en compte l’occupation humaine. Sur chaque plage la gestion peut être combinée : une partie peut être restaurée pour l’accueil des tortues et une autre pour les plagistes. Certes, certaines « mauvaises » habitudes devront être abandonnées comme le fait de circuler en véhicule sur la plage et dans la végétation littorale. Cette réflexion doit se faire à l’échelle du territoire notamment pour une cohérence écologique et économique. Les tortues marines et leurs plages de pontes sont intégralement protégées par la loi. On protège efficacement une espèce quand on protége son habitat. Depuis 10 ans les acteurs du Réseau Tortues Marines Guadeloupe, coordonné depuis 2009 par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, se mobilisent pour la sauvegarde de ces animaux menacés qui ont failli disparaître. Ce travail intense porte doucement ses fruits, les tortues sont un peu plus nombreuses ces dernières années comparativement au début des années 90, mais les effectifs restent faibles pour la survie des espèces à long terme (moins de 1000 pontes par an sur l’archipel). Les efforts sont à poursuivre, notamment sur le littoral, afin que les bébés tortues nés en 2009 puissent dans 25 ans arpenter à leur tour nos magnifiques plages pour le plaisir de tous. En somme, qu’elles puissent revenir, non plus à la terre promise, mais sur LEUR terre. Liens utiles : http://www.tortuesmarinesguadeloupe.org http://www.tortuesmarinesguadeloupe.org/downloads/9.%20Habitat%20terrestre%20des%20tortues%20marines.pdf (rapport complet sur la prise en compte des tortues marines dans l’aménagement littoral)
Eric DELCROIX – ONCFS – Coordinateur du programme de conservation des tortues marines de Guadeloupe. eric.delcroix@oncfs.gouv.fr / 0590 999 991
L'ONF et le conseil régional tentent de sauver l'îlet Caret Un îlet né au gré du vent et des vagues Situé dans le Grand-cul-de-sac marin, l'îlet Caret s'est formé par l'action du vent et des vagues qui ont déplacé le sable et l'ont amoncelé en un large banc. C'est en fait la tortue imbriquée , aussi appelée "Caret" la plus communes de notre archipel qui a donné son nom à l'îlet. Elle était à une époque très présente dans la baie. L’îlet Caret est un site d’accueil du public majeur du Grand Cul de Sac marin, remarquable par la richesse de ses paysages et le milieu marin qu’il abrite. En effet avec son sable blanc, ses cocotiers ses eaux turquoises et chaudes, son relatif éloignement de la côte, l'îlet Caret matérialise le paradis tropical par excellence.
Un îlet très fréquenté à préserver Le caractère isolé mais accessible de l’îlet Caret, attire de nombreux visiteurs (guadeloupéens, et touristes). C'est une destination très prisée pour les pique-nique en groupe. Victime de son succès (156 visiteurs par jour), l'îlet subit de fortes pressions humaines de part sa fréquentation mais également une érosion naturelle de part son exposition. Une volonté de la collectivité régionale, un savoir-faire de l'ONF pour sauver l'îlet Caret L'ONF va débuter les travaux à la mi-octobre. Ils sont financés par le Conseil régional et ont pour objectifs d'équiper l’îlet pour l’accueil du public et de replanter des espèces locales pour son maintien face à l’érosion, dans le respect de son écosystème fragile. Opérer sur un site naturel très fréquenté à proximité immédiate du cœur du Parc national de Guadeloupe impose de légitimes contraintes techniques et des choix de matériaux présentant un impact minime sur le milieu et garantissant une durabilité de l’aménagement optimale. Les axes prioritaires de nos interventions seront :
Le défi sera de limiter la durée du chantier (une quinzaine de jours) afin de réduire au maximum les atteintes pouvant être occasionnées. Les équipements et travaux prévus sont :
Un panneaux d'information rappellera les règles de bonne conduite sur ce site fragile.
Littoral et randonnées LE LITTORAL DE DESHAIES : GROS MORNE, RIFFLET, TILLET
La
belle petite plage de Petite Anse marque agréablement la limite
entre les deux communes, Pointe Autrefois « Quartier Ferry », puis Paroisse « Des Hayes » (1730), le village de Deshaies est certainement l’un des plus typiques de toute la Guadeloupe. Synonyme de calme et de sérénité, il a pourtant connu une histoire des plus mouvementée. Deshaies a subi les attaques des Anglais qui détruisirent Ferry en 1703, puis le nouveau Bourg un siècle plus tard. De nombreux dispositifs de défense existent encore (5 batteries répertoriées), dont celle de la Pointe Batterie ou Batterie de Deshaies, qui domine la baie du bourg. L’Anse Deshaies est un excellent mouillage, à l’abri du Gros Morne et du Morne aux Fous.
La côte ici est
ponctuée des plus belles plages qui puissent se trouver, au sable
jaune, doré ou gris. Une douceur et une harmonie incomparables
caractérisent cette La plage de Grande Anse, l’une des plus belles des Antilles, qui fait la réputation de Deshaies. Se déroulant sur plus de 1,5 km entre le Gros Morne et le Morne Gadet, elle est l’image même d’une plage de « matin du monde ». Elle a su se défendre de toutes les pressions pour garder son aspect vierge, ne concédant qu’une partie de son arrière plage aux contraintes humaines. - Deux grands ensembles suivent, Anse Rifflet et Anse La perle, puis Anses du Petit et du Grand Bas-Vent, où s’est niché le Touring Club Hôtel Fort Royal. - l’Anse Tillet ferme la liste, avant de passer à Sainte-Rose. Il faut savoir que la route permettant le tour complet de la Basse-Terre n’a été terminée qu’en 1957, année où la jonction entre Ferry et Deshaies a été enfin réalisée. La R.N. 2 s’arrêtait alors au pont de la rivière Ferry, juste avant l’école située au début du morne. La région était l’une des plus prospères avec ses cultures de cacao, vanille, et café dont la variété « le bonifieur » était la plus estimée du monde. Les Anglais, mais aussi les cyclones (1825, 1865 et 1928), et le tremblement de terre de 1843 empêcheront le développement, malgré l’apparition de la banane après l’effondrement des cultures initiales. La pêche s’est développée sur toute la côte.
Dans les hauteurs de
Deshaies, le Morne Bois d’Inde et le Morne Mazeau sont rendus
accessibles par une petite route de montagne. Elle conduit aux plus
beaux points de vue de la région, découvrant des panoramas uniques
sur la côte et sur la mer Caraïbe, avec en
A partir de ces mornes, commence le domaine de la randonnée pédestre avec la Barre de l’île, la trace Sofaïa-Baillargent, Solitude, le Dos d’Ane, qui marque la fin du GRG1 sur la côte nord. Mais en bordure de mer aussi, Deshaies offre un sentier du littoral riche et diversifié à plus d’un titre.
A la découverte du littoral, Gros Morne, Rifflet, Tillet Forêt, vie sauvage, et vestiges du Passé, paysages à couper le souffle Depuis le bourg, la balade débute près du cimetière, avec un sentier au balisage jaune. Le Conservatoire du Littoral a réhabilité et balisé la trace qui permet de franchir allègrement ce « gros morne » de Deshaies, recouvert d’une végétation xérophile bien conservée. Un grand panneau d’accueil informe le visiteur sur le site, le sentier, les intérêts de la balade… La forêt xérophile ou forêt sèche supporte bien la période du Carême. Parmi les espèces remarquables que vous pourrez rencontrer, l’Acomat, le Bois d’Ebène, des orchidées, cactus... Cette forêt bien fournie abrite le Pic de Guadeloupe, oiseau unique au Monde. Vous ne le verrez peut-être pas mais pourrez entendre les coups qu’il donne contre les arbres afin de reconnaître les galeries de vers où il trouve sa pitance. Sur les récifs, se reposent les oiseaux marins, sterne royale, Pélican brun... Sur le sol, une microfaune invisible pour nous, mais qui participent à la dégradation des feuilles et branches mortes, contribuant ainsi à la formation de la terre végétale.
Batterie côtière, points
de vue sur la baie de Deshaies et sur la sublime plage de Grande
Anse. La balade peut être interrompue ici, avec bain obligatoire.
Mais le sentier du littoral poursuit son déroulement fort
sympathique en traversant les 1500 mètres de sable limité par le
bleu de la mer Caraïbe à gauche, et le vert de la végétation
forestière à droite, l’ancienne gravière devenue un bel étang. La route coloniale a été aménagée sommairement en trace de randonnée qui nous conduit jusqu’au sublime point de vue de Gadet, d’où le panorama sur l’anse et le gros morne offre une vue incomparable. Par la Pointe Le Breton et le quartier de Vrai Moun, le sentier du littoral emprunte de nouveau le tracé de l’ancienne route coloniale, encore bien présente et utilisée sur toute la côte de Rifflet. Cette plage est magnifique et présente un ensemble à forte connotation patrimoniale du point de vue paysager, culturel, historique, humain, architectural, écologique. Balade fort agréable au cours de laquelle la population est très présente : pêcheurs, agriculteurs, artisans du bois, art culinaire avec les célèbres cassaves de manioc produites sur place, à déguster toutes chaudes ! Mais pourquoi ne pas continuer après cet intermède ? L’Anse et la plage de La Perle sont vite atteintes, puis les anses du Petit et du Grand Bas-Vent séparées par la pointe où s’est niché le Touring Club Hôtel Fort Royal. Le paysage change encore en atteignant l’Anse Tillet et ses petites plages intimistes, avec au large les îlets Kahouanne et Tête à l’Anglais. Par temps clair, l’île de Monserrat se profile aussi à l’horizon vers le nord. Ce sentier est ici agrémenté par l’excellent travail réalisé par l’association Animobile du nord, le sentier musical ponctué d’œuvres géantes et d’arbres «producteurs d’instruments de musique», tels bambou, calebassier, poirier pays, et de la mare aux Mamins restaurée. Nous interromprons notre balade du littoral de Deshaies après avoir dépassé la limite communale, au niveau du Gros Cap, à la Pointe du Vieux-Fort. Sainte-Rose avec sa plage de Clugny reçoit notre sentier du littoral qui fait ici le tour de l’île de la Guadeloupe proprement dite.
Brèves RENDEZ-VOUS : MOBILISATION POUR NETTOYER LES FONDS MARINS ET LE LITTORAL
Le
Comité Régional Guadeloupe de la Fédération Française d'Etudes et de
Sports Sous-Marins (CoRéGua FFESSM) organise en collaboration
avec la DIREN la 5e journée régionale de nettoyage des fonds
sous-marins et du littoral. Cette journée prend place dans le cadre
du programme IFRECOR (Initiative Française
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
©copyrights - Guadeloupe Littoral® - Agence des 50 pas géométriques Guadeloupe - 2006 |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||