Patrimoine

PATRIMOINE BÂTI

LE TOUR DE GUADELOUPE DES MAIRIES : COMME UN TOUR DU LITTORAL

Soyez sincères : au premier abord on n’y pense pas. Au deuxième non plus peut-être…

Mais après, en y repensant, on peine à ne pas s’écrier : « mais bon sang, c’est bien sûr ! »

Ce qui est sous nos yeux, que nous regardons chaque jour sans le voir, s’étale enfin. Comme une évidence.

Cher lecteur, vous devez vous demander de quoi je parle.

Je parle des édifices publics. Et au premier chef, des mairies.

Le promeneur solitaire (ou non) qui fait le tour du littoral de la Guadeloupe confirmera mes dires : la grande majorité des mairies sont encore présentes sur le littoral, voire sur la zone des 50 pas géométriques.

Vous ne me croyez pas ?

Très bien. Faisons le tour.

Commençons – à tout seigneur, tout honneur- par le chef-lieu, la bonne vieille ville de Basse-Terre et sa mairie.

Inaugurée en 1889, sous le mandat du maire, Hildebert BERNUS, c’est l’un des rares bâtiments publics bâti durant la deuxième moitié du XIXéme siècle. La construction de cette mairie s’inscrit dans le cadre de ce que l’on appellerait aujourd’hui une politique volontariste  de travaux de mise en valeur de la ville de Basse-Terre.

Ceux qui, nombreux et nombreuses, connaissent cet édifice peuvent en témoigner : où se trouve t-il ? Sur le littoral !, accolé à l’enceinte du Port de Basse-Terre.

Une autre ? La mairie de Baillif. Construite après le passage du cyclone de 1928 par Ali Tur, dans un style très caractéristique (décor à arcades en béton moulé, ouvertures circulaires à persiennes, toiture en terrasse), elle est située sur le littoral et orientée face à la mer afin d’être traversée par la brise.

D’autres exemples ? Nul besoin de faire l’article ou d’être exhaustif, mais  au nombre des communes ayant leurs mairies sises sur le littoral, on peut noter Anse-Bertrand, Bouillante, Capesterre Belle-Eau, Capesterre de Marie-galante,  Deshaies, Grand Bourg, etc.

Rien d’anormal à cela. Les centres bourg ont initialement été bâtis sur le littoral, à proximité des infrastructures portuaires, premier moyen de communication avec le reste du monde (à l’époque). En Guadeloupe, un autre facteur complète cette explication. Au lieu de « facteur », il serait plus approprié de dire qu’un architecte explique cette présence des mairies sur le littoral : Ali Georges TUR.

Chargé de reconstruire les bâtiments publics (communaux et gouvernementaux) à la suite du cyclone de 1928, cet architecte des colonies importa de nouveaux matériaux et façonna une grande partie du visage urbain de la Guadeloupe.

De nombreux bâtiments publics, mais dont une quinzaine de mairies ont été construites par Ali TUR dont Capesterre  Belle-Eau, Capesterre de Marie-Galante, Lamentin, Pointe Noire, de Baillif, Port-Louis, de Grand-Bourg, Petit-Canal.

Et le littoral dans tout cela me direz-vous ? eh, bien comme indiqué précédemment, toutes ces mairies se trouvent sur le littoral.

Pourquoi ?

Parce qu’Ali TUR, adepte de ce que l’on appelait pas encore « bioclimatisation » positionna ces édifices afin qu’ils profitent des alizés et permettent une circulation optimale de l’air. La proximité avec la mer assurait ainsi une « climatisation naturelle optimale ».

Aujourd’hui beaucoup voient en lui un urbaniste écologiste avant l’heure, mais c’est un autre débat…

Je ne sais pas si beaucoup le savent, mais chaque année au mois de septembre, se déroulent les journées du patrimoine. Les prochaines se tiendront les 20 et 21 septembre prochains.

Allez-y, visitez les bâtiments publics et sur le littoral, oubliez cette idée fausse que les seuls bâtiments publics sont les anciens forts et autres tours ! Votre mairie, premier lieu public de votre vie quotidienne est vraisemblablement sur le littoral. Sur la bases des données de l’Institu Géographqiue National 13 des 34 mairies de l’archipel sont dans les 50 pas géométriques. Allez voir votre mairie, avec l’œil neuf et profitez de ce site littoral injustement méconnu.

Comme disait le poète, « voir la même chose tous les jours c’est ne plus rien voir du tout ; il faut y regarder à deux fois pour voir juste. » Alors, allé gadé pou zot vwè !

Rony SAINT-CHARLES

 

Du côté de la loi  

CADASTRE, SECTION, BORNAGE, PARCELLES...QUID

Nos interlocuteurs présents sur les 50 pas géométriques nous posent très souvent trois questions :

Quelle est la valeur juridique du cadastre ?

Est-ce que je peux faire jouer l’acquisition par la prescription trentenaire sur la parcelle que j’occupe et que mes parents occupaient avant moi ?

Pourquoi faire borner la parcelle que je viens d’acheter ?

Le cadastre tout d’abord. En France, donc en Guadeloupe ou il est récent (années 1970), le cadastre n'a de valeur que fiscale, puisqu'il sert simplement de base au calcul de l'impôt foncier. Il ne possède pas de valeur juridique, la propriété au sens du droit étant fixée par des plans d'arpentage et les bornages établis par les géomètres-experts. Ces documents sont transmis à la Conservation des Hypothèques, terme hermétique qui désigne le service de l’Etat chargé de veiller jalousement sur les droits de propriétaire de chacun matérialisés par un titre. Cependant, le cadastre, en l’absence de documents (graphiques notamment), peut s'avérer être une présomption de preuve de la propriété.

Le cadastre français, établi majoritairement de l'échelle 1/500 (sur la carte une ligne de 1 centimètre représente 5 mètres sur le terrain) à l'échelle 1/5000, est divisé en communes, chaque commune étant elle-même subdivisée en sections, et chaque section en planches. Sur chaque planche figure une ou plusieurs parcelles, unité indivisible de la propriété foncière. Vous pouvez visualiser gratuitement votre planche en consultant le site Web du ministère du Budget sur http://www.cadastre.gouv.fr.

Sur la prescription acquisitive trentenaire. C’est à dire l’obtention d’un titre de propriété sur une parcelle du seul fait de son occupation et usage durant une longue durée de trente ans. L’acquisition ne peut porter que sur des immeubles qui sont dans le commerce. Elle ne peut en aucun cas porter sur un immeuble faisant partie du domaine public car les biens intégrés au domaine public sont inaliénables, c’est à dire qu’il est interdit d’en transférer la propriété à un particulier par exemple. L'acquisition d'un immeuble par l'usucapion, mot savant désignant la procédure en question, doit résulter cumulativement d'une possession continue, réelle, paisible, publique, non équivoque et accompli à titre de propriétaire (article 2229 du Code civil).

Or, en Guadeloupe, depuis 1986 les parcelles des 50 pas géométriques font partie du domaine public donc aucun droit, notamment en raison d’une présence continue, n’a pu et ne peut être créé sur ces terrains, même occupés depuis plus de trente ans.

Sur le bornage. Pour délimiter de façon irrévocable un terrain, il faut confronter les différentes sources d'information (cadastre, limites apparentes, titres de propriété, etc.) afin de résoudre les contradictions qu'elles peuvent révéler, et de surcroît, obtenir l'accord des voisins sur les limites fixées. Le bornage permet de fixer les limites du terrain par des repères matériels : les bornes. Il ne peut être réalisé que sur des propriétés contiguës.

Le bornage amiable comporte plusieurs étapes :

Une réunion contradictoire. Vous et vos voisins -ou leurs représentants- êtes convoqués sur place, généralement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Au cours de cette réunion, chacun présente ses explications sous le contrôle des autres.

La recherche des limites. Le géomètre-expert rassemble les preuves qui peuvent permettre de retrouver les limites réelles. Il s'agit par exemple des titres de propriété, des documents qui décrivent directement ou indirectement la propriété, de la nature des lieux et des marques de la possession, des déclarations de témoins, des coutumes locales et du cadastre. Ces preuves sont parfois de valeur inégale. Le géomètre-expert doit alors établir entre elles une hiérarchie. A l'issue de ce travail, il propose des lignes séparatives.

Un plan détaillé. Après accord de tous les voisins concernés, ces lignes séparatives sont tracées sur un plan décrivant les lieux, la situation relative des parcelles, et la position des bornes. Les distances reliant ces bornes entre elles et aux éléments stables existants (construction par exemple) doivent être mentionnées. Ces renseignements seront indispensables pour retrouver les limites du terrain, si les bornes venaient à être déplacées par la suite. Vous récupérerez un exemplaire du plan soit papier soit numérisé.

La pose des bornes. Elle se déroule en présence des propriétaires concernés ou de leurs représentants. Veillez à nettoyer régulièrement les emplacements sur lesquels ces bornes sont implantées, on ne sait jamais en cas de dispute avec le voisin…

L'établissement d'un procès-verbal. Celui-ci décrit le déroulement des opérations, les limites établies, les repères qui les matérialisent, désigne les terrains et leurs propriétaires. Ce procès-verbal est daté et constate l'accord formel des signataires. Chaque propriétaire et le géomètre-expert en conservent un exemplaire. Ce procès-verbal peut, pour plus de sécurité, être publié au bureau des hypothèques par le géomètre-expert. En cas de mutation (la vente), la publication au bureau des hypothèques est normalement effectuée par le notaire, mais sur les 50 pas géométriques l’Etat est son propre notaire.

Le géomètre-expert est le seul professionnel qualifié pour procéder au bornage du terrain ( merci à la revue numérique géomètre-expert de ces explications, dont le détail figure sur le site : http://www.geometre-expert.fr.

Comme on le voit, la cession des terrains des 50 pas géométriques utilise des instruments généraux classiques (cadastre, bornage) dans un cadre spécial (terrain d’Etat) avec une procédure assez lourde, dite de domanialité publique. La procédure est pesante car elle comporte plusieurs verrous afin que le citoyen soit assuré que les biens communs ne sont pas dilapidés. Appliquée à un phénomène particulier car assez massif en nombre de demandes de cession, l’action progresse lentement et la durée de délivrance des titres de propriété est assez longue. Il conviendrait sûrement de se montrer inventif en la matière afin d’accélérer le processus.

 

Harry Arnoux

 

Sanctions ?

règlements et sanctions sur la zone des 50 pas

Dans une précédente livraison, nous évoquions une question récurrente à maints égards : les  règlements et sanctions sur la zone des 50 pas géométriques qui rappelons-le, va de 81.20  mètres du rivage de la mer aux fonds dominants. 

La réglementation est précise en cas d’infractions constatées, qu’il s’agisse de l’occupation non autorisée du domaine public maritime, d’exécutions de travaux qui y sont réalisés sans autorisation, d’édification irrégulière  de clôture. Toutes ces infractions, c'est-à-dire tout fait susceptible, de compromettre l’intégrité matérielle des biens du domaine public maritime ou de nuire à l’usage auquel ces biens sont matériellement destinés, sont réprimés par des sanctions spéciales qui constituent des : contraventions de grande voirie.

La police spéciale de la grande voirie est exercée par les représentants de l’Etat qui doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection et l’utilisation normale de ce domaine et poursuivre les contrevenants.

Le juge compétent est le juge administratif.

L’Article L 2132-2 du code général de la Propriété des Personnes Publiques, dispose :

« Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l’amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet pour les dépendances du domaine public n’appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l’intégrité ou de l’utilisation de ce domaine public, soit d’une servitude administrative. Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative. »

Qu’en est-il dans notre archipel de l’application de ces dispositions ? 

Ainsi, l’année 2007 a vu redémarrer le suivi de procédures sur des communes où de nombreux empiètements, enrochements sont réalisés et pérennisés.

Le tribunal administratif de Basse-Terre est saisi de requêtes tendant au constat de l’infraction commise par les contrevenants et à leur condamnation au paiement d’une amende de 1 500 €, prévue par les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques et au versement d’une somme de 20 € au titre de procès verbal ainsi qu’à leur condamnation à remettre les lieux en l’état, sous astreinte de 76,22 € par jour de retard .

Pour l’année 2007, dix-sept actions ont été engagées. Le tribunal administratif a rendu des jugements par lesquels, il a soit condamné les contrevenants à remettre les lieux en l’état et à une astreinte de 500 € par jour de retard après le délai imparti pour démolir les constructions, installations ou aménagements  illégaux, soit les a relaxé et donné au préfet acte de son désistement, par suite du départ volontaire des l’intéressés.

Résultats :

  • 6 condamnations

  • 3 relaxes

  • 1 désistement

Un appel a été interjeté devant la cour administrative d’appel de Bordeaux  par le ministre de  l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement.

Sur les sept autres dossiers encore pendants, quatre ont fait l’objet d’une clôture d’instruction fixée au 31 octobre, ce qui laisse à penser qu’ils devraient avant la fin de l’année 2008 être examinés à une prochaine audience.

En septembre 2008, trente-neuf requêtes ont été déposées

Les services de l’Etat sont donc fermement décidés à engager des poursuites contre les contrevenants afin de redonner au domaine public maritime sa vocation initiale. Et l’on pourrait voir apparaître prochainement nombre de démolitions spectaculaires !

 

Marie-Danielle HAMOT

 

 

 

  Littoral et aménagements

Aménagement du littoral et développement durable – le chantier « HQE »

L'Agence des 50 pas géométriques et Guadeloupe Littoral continuent à participer à cet effort de connaissance du littoral de notre archipel. Cet aspect de notre activité qui contribue à la création de références, sera certainement retenu par les autorités nationales chargées récemment d’examiner l’intérêt de maintenir ou non un établissement public dédié au littoral urbanisé. Il ne serait bien contraire pas inconcevable non seulement de le conserver mais aussi de le conforter en élargissant à son hinterland les compétences de cette structure originale afin de compléter l’arsenal des outils locaux de l’aménagement urbain.

L’agence des 50 pas géométrique met en œuvre en collaboration avec la Région Guadeloupe et les Communes, des opérations d’aménagement dans des secteurs littoraux occupés par un habitat dense et souvent précaire. Ces opérations établies sur la base d’un projet d’aménagement concerté et consistant à la réalisation d’aménagement extérieurs et de réseaux enterrés, ont pour objectif premier la régularisation des occupants en tenant compte bien sur des caractéristiques spécifiques de chacun des quartiers à aménager (risques naturels, état du bâti, niveau social des demandeurs…). Ces missions font partie du domaine de compétences de l’Agence des 50 pas géométriques selon l’article 5 de la loi du 30 décembre 1996.

Les diagnostics et études préliminaires de faisabilité ont débutés en 2002 et se sont poursuivies par des études pré opérationnelles. Le premier chantier de travaux concerne le quartier de Ravine Sable situé sur le Boulevard Mortenol à Anse Bertrand ; il a été lancé en 2008 et comprend notamment la remise en état et aux normes du front de mer (réfection des voiries, enfouissement des réseaux, création de voies de circulation pédestre…). La tranche 1 s’est achevée en fin septembre 2008. La mission de maîtrise d’œuvre de la tranche de travaux suivante a été attribuée courant octobre 2008, la tranche 2 des travaux devrait donc débuter en février 2009.

Il est à noter que le Boulevard de Mortenol exposé durant l’année aux violents impacts dynamiques des houles déferlantes de secteur Nord-ouest à Nord-Est, a été protégé par un ouvrage littoral mis en œuvre quelques temps avant le démarrage de l’opération d’aménagement mené par l’Agence des 50 pas géométriques. Cette direction d’incidence de houle concerne non seulement les secteurs côtiers du Nord Grande-Terre mais aussi de la côte sous le vent (Deshaies, Pointe-Noire, Bouillante…).

De nombreux quartiers par leur position littorale sont donc exposés aux effets dommageables des entrées maritimes et ce particulièrement pendant la saison cyclonique. Par conséquent, pour permettre de préserver les enjeux humains (groupement d’habitations en bon état par exemple) et économiques (voies de circulation et autres équipements publics), la solution de mettre en œuvre un ouvrage de protection de type « brise houle » est souvent envisagée ; cependant l’aménagement littoral, même quand il concerne la réalisation d’ouvrage de protection peut être contraint pour des raisons environnementales.

C’est le cas du quartier de Rifflet (Deshaies) dont le démarrage de la première phase de travaux devrait commencer d’ici début 2009. Il s’agit du deuxième chantier de travaux d’aménagement géré par l’Agence des 50 pas de la Guadeloupe. Il prévoit pour la première phase, notamment :

  • la reprise de la desserte littorale qui avait partiellement détruite après le passage de l’ouragan Lenny,

  • la mise en œuvre d’une station d’épuration.

Pour ce qui concerne la station d’épuration, un traitement tertiaire « Ultra Violet » a été prévu compte tenu de la proximité de milieux sensibles.

C’est lors de l’établissement de la phase d’Avant Projet Détaillé (APD) qu’il a été fait référence à la notion de sensibilité des habitats terrestres des tortues marines. En effet, il apparaît que la plage sableuse de Rifflet est le siège potentiel de sites de ponte. La vulnérabilité des sites de ponte engendre la nécessité de prise de mesures de précaution durant la phase de travaux et à plus long terme de mettre en œuvre de mesures préventives et/ou compensatoires.

Historiquement, l’exploitation des tortues marines depuis les débuts de la colonisation des Antilles par les Européens a abouti à une situation alarmante dès le dernier quart du 20ème siècle (génocide massif). Au début des années 1990, la situation est si catastrophique dans les Antilles françaises que la protection stricte des tortues marines apparaît indispensable. Deux arrêtés ont été pris protégeant intégralement les tortues marines : l’arrêté du 2 octobre 1991 dans le département de la Guadeloupe, et l’arrêté du 16 mars 1993 dans le département de la Martinique. L’arrêté du 14 octobre 2005 est la dernière réglementation en date. On y retrouve notamment des mesures concernant la protection de l’habitat des tortues marines. Ces protections, relativement bien appliquées aujourd’hui, commencent à porter leurs fruits et permettent d’espérer un accroissement des effectifs de tortues sur les plages (pontes) et en  mer.

En décembre 2005 a été validé le plan de restauration des tortues marines aux Antilles françaises (PRTMAF). Il prend acte pour une durée de cinq ans et a pour objectif général de restaurer les populations de tortues marines aux Antilles françaises. Au vue du plan de restauration et de l’état dégradé des plages, la conservation des sites de ponte des tortues marines aux Antilles françaises apparaît comme un objectif prioritaire pour la réussite du programme global. Les phases terrestres de la vie de la tortue marine ont un rôle essentiel dans la dynamique de population. La dégradation de la végétation d’un site de ponte peut ainsi entraîner des déséquilibres de cette dynamique.

Le site de ponte peut être délimité par :

  • des éléments naturels qui rendent l’accès aux tortues impossible : pente importante, falaise, zone humide (marais, mare, lagune), cours d’eau…

  • des aménagements : enrochements, route, constructions…

 

Les menaces recensées sur les sites de ponte des tortues marines, sont les suivantes ; les menaces naturelles (cyclones, rivières…) ne sont pas prises en compte, seules les menaces artificielles sont considérées :

  • la perte de la surface de ponte (diminution de l’aire susceptible d’accueillir des pontes)

  • la perte de végétation

  • la désorientation des tortues

  • le tassement du substrat

Voir par ce lien la fiche de synthèse des menaces physiques sue les tortues

Par conséquent des propositions d’aménagement et des équipements extérieurs adaptés ont été définis pour permettre l’amélioration de la qualité des sites de ponte de la plage de Rifflet :

  • la typologie et le linéaire d’enrochements ont été revus afin de privilégier la reprise naturelle de l’ensablement et du couvert végétal,

  • les caractéristiques de l’éclairage (type de luminaire, hauteur de la source lumineuse, distance du luminaire par rapport au rivage, visibilité de la plage…) ont été prévus conformément aux études techniques faisant référence en la matière,

  • un programme d’affichage explicatif devrait permettre la canalisation de la fréquentation du site.

En conclusion, bien que les impacts de houles déferlantes attendus au droit du rivage côtier de Rifflet soient estimés comme destructeurs, les ouvrages de protection littorale et aménagements extérieurs, prévus initialement ont du être redéfinis afin qu’ils ne perturbent pas les sites sableux de ponte localisés à proximité du rivage (bande sableuse large d’une trentaine de mètres), et ce en dépit de la probabilité d’occurrence chaque année du passage d’un événement cyclonique majeur qui pourrait détruire l’intégralité des sites de ponte de la plage de Rifflet. Le récent ouragan destructeur OMAR est survenu en octobre 2008 ; la longue houle cyclonique énergétique de secteur Sud-Ouest à Ouest a profondément marqué la morphologie de la plage sableuse de Rifflet.

 

Six chantiers de travaux d’aménagements ont été prévus et devrait se dérouler durant l’année 2009 :

  • DESHAIES - quartier Rifflet

  • SAINT LOUIS de MGT - quartier Belle Hôtesse

  • ANSE BERTRAND - quartier Ravine Sable (tranche 2)

  • SAINT LOUIS de MGT - quartier Vieux fort

  • DESIRADE - quartier Souffleur

  • GRAND BOURG de MGT - quartier Beaurenon

 

Il convient dès lors de prendre en compte bien en amont (lors des études préliminaires) des projets de viabilisation et/ou d’aménagements extérieurs, la présence éventuelle de sites de ponte (contrainte environnementale significative) afin d’adapter les aménagements en conséquence. Affaires à suivre…. !

 

J-François BELLON

 

 

 

UN PHENIX EN GUADELOUPE : L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

  Après des années de traversée du désert, le secteur de l’aménagement du territoire bouillonne de façon intéressante dans notre île. A titre d’exemple et sans que la liste soit exhaustive, On relève dans ce secteur :

  • la révision du Schéma d’Aménagement Régional (S.A.R) et du Schéma d Mise en Valeur de la Mer, à la Région (SMVM)

  • l’étude sur les dynamiques territoriales et l’étude sur la gestion et le développement équilibré du littoral, à la Direction Départementale de l’Equipement

  • le rapport en cours après un audit sur les 50 pas géométriques urbain et d’urbanisation diffuse, à l’agence des 50 pas géométriques

  • le lancement des périmètres du renouvellement urbain ANRU sur les communes de l’agglomération pointoise

  • les travaux en cours sur la transformation des trente deux POS en PLU chez les communes concernées,

  • les études pour l’élaboration du Schéma Régional des Infrastructures de Transport et la création du Syndicat Mixte des Routes de Guadeloupe (Conseil Général/Conseil Régional) pour cause de décentralisation

  • la finalisation des Plans de Prévention des Risques Naturels

  • l’ébauche du Plan de Prévention des Risques Technologiques

  • les études de définition pour l’application des servitudes de passage longitudinales et transversales sur le littoral

  • les démarches de consultation sur l’extension de la zone d’influence du Parc National

  • les études sur l’extension ou la délocalisation du Port Autonome de Guadeloupe

  • le schéma éolien en cours d’étude

Nombre de ces études et schémas sont dans la phase du constat et du répertoire de l’existant, la prospective résultante étant encore à l’état d’ébauche. Bien que ressemblant à un exercice de style cette étape est indispensable et, au final, instructive et passionnante. En premier lieu, ce stade préliminaire permet de répertorier la masse considérable des documents existants depuis 20 ans sur ces sujets et de pointer les manques. Comme par hasard, ce qui fait défaut est aussi le plus souvent le plus difficile à réaliser et était donc le plus cher…Mais la compilation intelligente des rapports précédents même inachevés fait apparaître des évolutions et inspire des réflexions.

A son stade actuel, l’étude sur le littoral guadeloupéen initiée par la DDE 971, co-financée par la Région et l’Agence des 50 pas géométriques, et qu’il convient de relier à l’élaboration du S.M.V.M, expose déjà une approche intéressante. En effet, c’est très probablement la première étude qui s’interroge sérieusement sur l’occupation des sols de la bande littorale en s’efforçant de tenir compte de l’échelle insulaire. Guadeloupe Littoral vous présente un extrait du rapport préliminaire, non encore validé et soumis au copyright, concernant ce sujet. Nous remercions nos partenaires, et notamment le cabinet BRL Ingénierie, chargé du rapport ainsi l’Institut Français pour l’Environnement, sur le site duquel figure également l’étude concernant les autres DOM, de nous permettre de mettre à disposition de tous cette partie du constat.

 L’OCCUPATION DES SOLS DE LA BANDE LITTORALE

L’Institut Français pour l’Environnement a procédé à une étude statistique de l’occupation du littoral guadeloupéen en fonction de son éloignement au rivage selon un recul de 500 mètres.

Occupation du sol à moins de 500m du rivage en ha en %

en ha

en %

Forêt

5687

28,1

Prairies et terres arables

3112

15,4

Bâti

4172

20,6

Mangroves

2535

12,5

Végétation basse

2048

10,1

Cultures entretenues

1763

8,7

Marais et tourbières

332

1,6

Rochers et éboulis

236

1,2

ZI/C, communication, loisirs

231

1,1

Surfaces en eau

87

0,4

Plages, dunes et terrains nus

9

0,0

 

Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral. Copyright :DDE 971/Région Guadeloupe/AG50

Le taux d’artificialisation des rivages de Guadeloupe est sensiblement le même qu’en Martinique : 16,5 % à moins de 500 m de la mer. Il diminue progressivement en s’éloignant de la mer et n’est plus que de 2,6% entre 5.000 et 10.000 m des côtes. On note une nette rupture de l’occupation du sol à partir de 5.000 m de la mer. De 0 à 5.000 m, la part des territoires agricoles augmente progressivement, les cultures entretenues dont la canne à sucre étant de plus en plus importantes, alors que les zones humides, les mangroves et la végétation basse régressent. De 5.000 à 10.000 m de la mer, la forêt couvre 67,6 % du territoire et l’agriculture ne représente plus que 24,9 % du territoire contre 55,8 % entre 2.000 et 5.000 m de la mer. (commentaires IFEN).

La typologie établie par l’IFEN est intéressante car en unifiant les critères elle permet de comparer la Guyane, la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe. Mais elle ne répond pas directement aux préoccupations de l’étude littoral et du SMVM. En utilisant la typologie de Corine Land Cover usitée en Métropole, les résultats (BRL Ingéniérie :photo interprétation satellite 2003) pour le périmètre du SMVM actuel donnent :

Type de zone

Surface(en ha)

 

Part de la surface totale(en %)

Naturelle

18200

63,28

Agricole

5993

20,84

Urbain dense 

2314

8,04

Urbain diffus 

2002

6,96

Ports 

131

0,45

Equipement touristique 

62

0,22

Carrières 

54

0,19

Décharges 

7

0,02

 

Occupation de sols de la bande littorale (périmètre SMVM) Copyright :DDE 971/Région Guadeloupe/AG50

On remarque que les résultats sont assez similaires en termes de proportion entre les deux études. Les zones naturelles sont largement prépondérantes sur le littoral (63%). Les parts des zones cultivées (21%) et des zones bâties (16%) est beaucoup plus faible. On remarque la présence d’un port dans presque toutes les villes (Commentaires : BRL Ingéniérie).

Le bureau d’étude observe à juste titre que le périmètre du SMVM inclut des espaces continentaux en lien avec le littoral. Une démarche judicieuse consiste donc à examiner les résultats d’une analyse restreinte à une bande de 200 mètres.

Type de zone

Surface (en ha)

Part de la surface totale(en %)

Naturelle

5770

64,5

Agricole

994

11,1

Urbain dense

1096

12,3

Urbain diffus

888

9,9

Ports

125

1,4

Equipement touristique

49

0,6

Carrières

14

0,2

Décharges

0

0,0

Total

8939

100,0

 

 

 

 

 

 

 

 

Occupation des sols à moins de 200 m du rivage Copyright :DDE 971/Région Guadeloupe/AG50

La différence la plus importante dans la répartition de l’occupation des sols entre l’étude sur le périmètre du SMVM et celle sur la bande des 200m concerne la part des zones agricoles qui diminue de presque 10 points entre les deux études. La part du naturel est quasiment stable (+1.3 points) et celles de l’urbain dense et diffus augmentent de 4.3 points pour le premier et de 2.9 points pour le second. Les espaces continentaux pris en compte dans le SAR sont donc en majorité des espaces agricoles. Si on se limite à la bande des 200m, la part du bâti apparaît plus importante que la part de l’agricole ce qui n’est pas le cas dans le périmètre du SMVM, ni dans la bande des 500m de l’IFEN. On peut en déduire que le terrain bâti est plus proche du rivage que les zones cultivées (Commentaires BRL Ingénierie).

Cette étude a aussi été menée sur des bandes de 50 et 100m. On obtient le graphe suivant :

 

Source BRL Ingénierie. Copyright :DDE 971/Région Guadeloupe/AG50

Le graphique traduit le ressenti et le visuel dans la bande des 50 pas géométriques de 81,20 mètre soit un intermédiaire entre la bande des 50mètres et celle des 100mètres. Au fur et à mesure du recul spatial par rapport au littoral, les zones agricoles ont tendance à s’élargir au contact des zones urbanisées et prennent toute leur importance dans la bande des 500 mètres. Le relevé des communes littorales de métropole montre que 42% des surfaces sont occupées par les terres arables, les cultures permanentes, les prairies et les territoires agricoles hétérogènes.

Une comparaison par îles de l’archipel donne les résultats ci-après :

 

Source Etude BRL Ingénierie. Copyright : DDE 971/Région Guadeloupe/Agence 50 pas géométriques

 

Cet article ne constitue pas le lieu idéal du développement des enseignements à tirer des constats exposés ci-dessus. Il convient aussi d’attendre la finalisation de l’étude initiée par la DDE 971 avant de creuser le problème.

Pour finir notre tour d’horizon, je souhaite que l’Agence des 50 pas géométriques et Guadeloupe Littoral continuent à participer à cet effort de connaissance du littoral de notre archipel. Cet aspect de notre activité qui contribue à la création de références, sera certainement retenu par les autorités nationales chargées récemment d’examiner l’intérêt de maintenir ou non un établissement public dédié au littoral urbanisé. Il ne serait bien contraire pas inconcevable non seulement de le conserver mais aussi de le conforter en élargissant à son hinterland les compétences de cette structure originale afin de compléter l’arsenal des outils locaux de l’aménagement urbain.

Harry ARNOUX

 

   Acteurs du littoral

LE PROMENEUR DU LITTORAL : UN CLIN D'ŒIL SUR LE SUD BASSE-TERRE !

Pour ce numéro, une actrice du littoral, Céline DELANNAY, qui sillonne régulièrement les côtes de la Basse-Terre nous a envoyé un petit mot pour présenter les paysages qu’elle voit au quotidien. Guadeloupe Littoral® vous présente au travers des yeux de cette charmante actrice ce régal des yeux.

En partant de la commune de Basse-Terre, chef lieu de la Guadeloupe, capitale administrative où se concentrent les sièges des collectivités locales et territoriales, le Palais de Justice, le Lycée Gerville Réache qui fut un ancien hôpital militaire, on peut observer un littoral aménagé par l’homme, avec des monuments et ainsi qu’un bord de mer, haut lieu de rencontre des promeneurs venus chercher la brise marine.

Actuellement nous notons l’amélioration de la promenade avec une passerelle reliant Basse-Terre à Rivière Sens et ainsi que l’aménagement d’une place.

Contiguë à la nouvelle place de Basse-Terre et à Vieux-Fort, la promenade de Rivière Sens est aussi un lieu de mouillage des plaisanciers avec sa marina. Sa commune d’accueil, Gourbeyre porte un intérêt aux métiers de la mer car son lycée professionnel offre aux jeunes inscris une palette de formations dans ce domaine.

Pour les désireux de massages minéraux et de détente, le centre «Manioukani» propose divers types de traitements. La sablière est l’un de ses aspects économiques et fournit l’île en sable noir issu de la Soufrière. Cette route côtière permet de relier Vieux-Fort à Basse-Terre en peu temps (10 minutes environ). De plus ses eaux aux reflets cristal fait rêver les plaisanciers et attire les baigneurs.

En guise de limite, un gros rocher qui nous rappelle que nous avons changé de site communal et entrons dans la ville pendulaire. Vieux Fort, commune qui garde son côté d’autre fois avec encore de petites cases, une activité de pêche, mais aussi son incontournable centre de broderie, son phare et son petit port de pêche. Passé le bourg nous avons de belles villas, qui ont une superbe vue sur mer (notamment sur les Saintes). Elles sont dissimulées derrière des lisières. Ah! Un pont (Blondeau), et oui nous avançons dans notre promenade, une autre commune : Trois-Rivières.

Trois Rivières, comme son nom l’indique compte trois rivières :

  • la rivière de Grand Anse

  • la rivière du Carbet

  • la rivière de Trou au Chien.

Nous arrivons à la section de Grand Anse, avec sa plage, lieu-culte des surfeurs. Elle nous propose des restaurants qui nous invitent à gouter aux saveurs locales, très parfumées. Cette section est résidentielle avec la résidence de Four à Chaux. L’agence des 50 pas géométrique prévoit même un plan d’aménagement du littoral en vue de protéger les résidants des éventuels risques naturels.

Toujours sur la côte, une autre section : Bord de Mer, en dialogue permanent avec les îles des Saintes.

A Bord de Mer il y a l’embarcadère, mais aussi le Parc des roches gravées qui retrace une partie de l’histoire de la présence des Amérindiens en Guadeloupe.

En longeant la côte nous atteignons les promenades de la Coulisse et de Grande Pointe qui abritent des vestiges et offrent aux amoureux de la nature un paysage magnifique et l’occasion de découvrir des espèces protégées.

Eh bien, nous arrivons quasiment au terme de notre escapade en entrant dans la commune de Capesterre Belle Eau. La commune a une part de son activité tournée vers la pêche avec le petit port de pêche de Bananier, mais aussi vers le tourisme avec ses restaurants en bord de mer, les Chutes du Carbet, la Plantation Grand Café et la plage de Roseau.

C’est une commune où le brassage est fort avec une dominante indienne (voyez le  temple hindou de Changy) et le travail des grands hommes qui sont commémoré. De plus la commune s’ajoute à la continuité des promenades côtières avec un magnifique boulevard qui est en fin d’achèvement.

Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin. C’est bien dommage, mais osez faire des escapades littorales, vous découvrirez très certainement des aspects magiques de l’île.

 

Céline DELANNAY

 

   Environnement Littoral

UN COMBAT DANS UN « VERT » D’EAU : MERCURY VS. CARET

D’un côté un petit îlet de 200 m2 de sable, de l’autre une énorme « beach-party production» pouvant attirer plus de 300 bateaux à moteurs et plus de 2500 personnes…Le combat est perdu d’avance ? Heureusement que l’arbitre préfectoral, sous sa casquette de développement durable, veille me diriez vous.

Sur le ring, en short bleu pâle le dénommé « îlet Caret », frêle sur ses épaules d’à peine 200 m2, en convalescence (suite aux soins apportés par la Région Guadeloupe voir notre numéro de nov. 2007) et portant encore des restes de pansements…de l’autre côté en short noir, le puissant « Mercury Motors & friends » avec ses puissants moteurs 4 temps surcompressés de 150 à 200 chevaux.

En tant que simple observateur j’ai l’impression d’assister à un match entre Teddy Riner et Mère Térésa…qui a fait la pesée me dis-je ?

Gling ! Gling !

1er round 2006

Dans une salle comble surchauffée par un soleil de plomb, l’entrée de « Mercury » est tonitruante et triomphale avec des « moteurs » à tombeau ouvert et des décibels dignes d’un concert de Johnny Hallyday. Comme le grand gorille « dos argenté » et pour mieux marquer son arrivée il n’hésite pas à arracher au passage des herbiers à phanérogames, des récifs coralliens…et même à asperger d’un « pipi » fleurant bon les hydrocarbures les racines échasses des palétuviers. Dans son coin, et sans aucun sponsor,  « îlet caret » n’a pas bougé et attend de prendre de face cette démonstration de force venue du large.

Le match commence sous l’impulsion, non pas d’une, mais de dizaines de pom-pom girls aux corps huilés et venues tout droit de Copacabana, et à peine debout « îlet caret » est asphyxié par l’immense souffle carboné de l’adversaire. Il tient quand même debout et compte sur les alizés pour se remettre. Avec ses milliers de passements de jambes et de piétinements sur ces quelques mètres carrés du ring, « Mercury » surprend « îlet Caret » et lui envoie un uppercut digne d’un six cylindres et le met KO. Aidé par quelques crabes violonistes, l’entraineur RAMSAR de « Caret » hurle pour encourager son poulain. Rien à faire !  Les rugissements de « Mercury » et la puissance de la sono flottante solidement ancrées couvrent tout et font fuir à jamais les rares supporters (crabes rouges et autres sternes)  de « Caret ».

Dans son coin « Ilet caret » est soigné et en guise de rafraichissement il boit malgré lui de l’eau salé et trouble chargée en production organique, déversée par les milliers de supporters de son puissant adversaire. Ce dernier, lui se dope avec des centaines d’hectolitres de breuvages alcoolisés rendant l’atmosphère plus électrique…en prévision de lendemains sous le signe de la gueule de bois avérée. Les évacuations des secours sont aux frais de la princesse.

Gling ! Gling !

2ème round 2007

Encouragés par quelques nouveaux supporters choqués par le premier round, Îlet Caret se relève, et titube sur ses deux jambes encore flageolantes. Mercury, lui, revient encore plus musclé et boosté par une palette de nouveaux équipementiers dont certains regrettent encore de ne pas avoir assisté au 1er round. Avec  une force phénoménale de 3 000 N/m2, il assène un direct de la droite qui ouvre (à défaut de l’arcade) une brèche sur la fragile digue de « Caret ». Ce dernier perd abondamment de son sable, titube, s’agrippe aux cordes. Mercury, poids serrés, revient à la charge et ajuste une gauche avec une force digne d’un 4X4 sur l’abdomen de son vis à vis. Souffle coupé ce dernier met genou à terre, l’arbitre décompte…un, deux, trois ! Il se relève, voit trouble, chancelle à nouveau. Puis il tombe de toute sa masse englouti par cette déferlante.

Préfecture, environnement et UGTG crient au scandale…Plaisanciers, loueurs, vendeurs hurlent à la liberté…qui écouter ? Tout le monde crie…on ne s’entend plus ! Les mécontents sur place hurlent et jettent sur le ring cannettes de bière vides, bouteilles plastiques, linges souillés et autres détritus. Parole de tortue « ça ne vaut plus la peine d’y pondre un œuf » !

Garde baissée et couvert d’hématomes, le fragile épiderme de « Caret » part en lambeaux déchiqueté par des centaines d’hélices à 2 000 tours/m. A qui profite le crime ? Le tourisme, l’emploi me chuchote mon voisin…« Very SAD !» s’écrie un visiteur de Sainte-Lucie.

Gling ! Gling !

3ème round 2008

Ensanglanté, bras balants Caret est pitoyable dans son coin, et sous les hurlements des amis de ce dernier, Mercury comme une bête sauvage cherche désespérément un coin discret pour dépecer et finir sa proie – peut être dans une grotte des Saintes ? ou sur une arrière plage du Club Med ?

Piiip ! Piiip ! Piiip !

Mon radioréveil me réveille en sursaut, la douce voie de la journaliste murmure : «  nous venons d’apprendre l’annulation de la Mercury-Day 2008… » et me sort de ce …cauchemar !

 

Abdi ABDILLAHI

 

 Littoral et randonnées

DECOUVERTE

SENTIER DE DECOUVERTE : MANGROVE DU  MOULE

Accès, à partir de la N 5, à la Baie du Nord-Ouest, Moule

Ce sentier nous introduit dans un écosystème intimement lié à l’eau, salée et douce.

En quittant la plage très fermée de la baie du moule, nous empruntons une trace ombragée, fraîchement aménagée par l’Office national des Forêts en sentier pédagogique.

C’est un domaine naturel très particulier que nous allons découvrir : la Mangrove, forêt humide du littoral, caractérisée par un terrain plat, la présence quasi-permanente de l’eau, très salée venant de la mer, saumâtre vers l’intérieur des terres, pratiquement douce à l’approche de la terre ferme et des ravines avoisinantes. Caractérisée aussi par des espèces végétales spécifiques à ce biotope très spécial, c’est une nature propice à l’élevage et au développement d’une faune très riche, marine et terrestre. Grâce à ses panneaux, l’aménagement en place nous permet de découvrir ainsi :

  • des oiseaux tels que le Pic de Guadeloupe (Melanerpes h.), la Poule d’eau, la Paruline jaune, l’Aigrette neigeuse ou encore le très connu Héron garde-bœuf, ...

  • des crabes, la mangouste, des animaux domestiques tels que cabris ou bœufs,...

  • palétuviers rouge, gris, blanc,  noir extraordinairement adaptés à la très forte salinité des lieux. Fougère dorée, mangle médaille, poirier, Liane à crabe, étang bois sec complètent la parure.

  • une source d’eau douce, admirée à partir  d’une passerelle en bois.

Des bancs et un très beau carbet hexagonal agrémentent encore cette belle balade si instructive.

Le sentier est facile et très sécurisant, à la portée de tous, petits et grands qui sont curieux de nature.

La ville du Moule tient là un atout incontestable pour son développement culturel et économique.

 

Gérard BERRY

 

 DERNIERE MINUTE

L’équipe de Guadeloupe Littoral a appris avec tristesse le décès, courant de ce mois de septembre, de Christian TAMBY - ex Directeur adjoint de l’ONF de Guadeloupe. Il a été un des premiers rédacteurs de cette lettre d’information numérique sur le littoral. Homme d’esprit, d’une grande sensibilité humaine, il a marqué par ses écrits et ses contributions éclairés notre rédaction.

Nous lui rendons hommage et adressons toutes nos condoléances à sa femme et à ses enfants.

Paix à son âme.

 

 

 

Rapport d'activité BRGM 2007

Le rapport d'activité du Service Public du BRGM, année 2007, vient de paraître. Nous vous présentons ici la synthèse concernant le littoral.

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