Patrimoine

LE FORT JOSEPHINE

Îlet à Cabris, Terre-de-Haut Les Saintes

Incontournable gardien de la superbe Baie des Saintes ou Rade de Terre de Haut, l’îlet à Cabris représente un véritable verrou entre la Passe de la Baleine et la Passe du Pain de Sucre.

En effet, sa Pointe Sable, dirigée vers Tête Rouge et Pain de Sucre, est armée d’un authentique Fort qui joua un rôle déterminant dans la défense de la rade et de l’archipel des Saintes.

Dès 1771 les premières fortifications, sous le nom de Fort « La Reine » s’élevèrent au-dessus des falaises. Forçats et punis militaires exploitèrent une carrière de l’îlet pour utiliser le matériau produit sur place. Une activité pénitentiaire qui se développa sur l’île, jusqu’en 1902. Les Anglais avaient participé à la construction lors de leur occupation en 1809, en construisant notamment la citerne, encore aujourd’hui très bien conservée, alors même qu’ils détruisirent le Fort Napoléon juste en face. Le Fort  s’appelait désormais « Joséphine ».

 

Rénové par les Français en 1843, il fut utilisé comme prison de femmes avant d’être balayé par le cyclone de 1865, qui fit d’énormes dégâts partout, détruisant partiellement le fort Napoléon en reconstruction.

A cette époque, vers le milieu du XIXè siècle, un lazaret fut construit en contrebas, pour la mise en quarantaine de la main-d’œuvre asiatique destinée à remplacer les esclaves libérés en 1848. C’était aussi une étape avant le bagne de Cayenne pour les forçats au départ de la Guadeloupe, entre 1851 et 1902.

Avec la batterie de Tête Rouge et le fort Napoléon, le Fort Joséphine permettait de tenir les passes d’accès aux îles, protégeant ainsi contre les intrusions ennemies. Et si les canons et bombardes ne sont plus visibles sur l’îlet, c’est probablement qu’ils sont dans l’eau, et pour certains transportés au musée du fort Napoléon.

A partir de 1961, l’îlet à Cabris, cédé à un « investisseur touristique » par bail emphytéotique pour 99 ans, subit les outrages du béton, qui enlaidit aujourd’hui ce havre de paix et de beauté. On y allait même « en boîte de nuit » dans les années 1950-1960. Et un squatter occupe illégalement les lieux depuis quelques temps.

Aujourd’hui le destin du fort et de l’îlet tout entier bascule dans le bon sens : le Département de la Guadeloupe, propriétaire, a accepté de vendre l’îlet au Conservatoire du Littoral, qui va donc désormais le protéger, le réhabiliter, et l’ouvrir au public, en parfait partenariat avec la commune de Terre de Haut et le Conseil Général. Vous pourrez donc visiter cet îlet, sa flore et sa faune, ses édifices historiques, son fort Joséphine, en toute quiétude. Vous y accéderez depuis Terre de Haut, à l’Anse Sous le Vent, point de départ de la balade et plage où il fait bon paresser et se détendre après la visite.

 

Gérard BERRY

 

Du côté de la loi  

De 1906 à 2006 : 100 ANS DE PROTECTION DES MONUMENTS NATURELS ET DES SITES 

 L’origine de la loi de protection de 1906 : une loi pour la défense de nos paysages.

La loi du 21 avril 1906, dite loi Beauquier (1), organisait pour la première fois la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique. Elle renforçait la notion de patrimoine historique déjà évoqué par le texte de loi du 30 mars 1887.

Elle résultait de l’action conduite par différentes associations dont le Club alpin français et la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) qui œuvraient en faveur de la protection et la sauvegarde des monuments naturels menacés de disparition.

Au départ, cette loi n’a concerné que les monuments naturels. C’est ainsi qu’ont été classés, pour leur beauté, des rochers, des arbres remarquables isolés, des grottes, des châteaux et leurs parcs. Le seul critère qui prévalait à l’époque était d’ordre purement esthétique. Plus tard, la mesure de protection a porté sur des éléments bâtis : églises, chapelles, moulins…Cette loi instituait dans chaque département une « Commission des sites et monuments naturels de caractère artistique » présidée par le préfet.

Par la suite, la loi du 2 mai 1930 venait compléter et améliorer les dispositions de la loi de 1906. Dès lors, la protection concerne tout autant les monuments naturels que les sites de caractère historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Les sites classés n’étaient pas très étendus mais ils portaient sur des espaces cohérents. Aujourd’hui, elle instaure le concept de site protégé et prévoit, à l’instar des monuments historiques, un double niveau de protection : le classement et l’inscription.

La législation est désormais codifiée aux articles L. 341-1 à L. 341-22, R. 341-1 à R. 341-1 à R. 341-31 du code de l’environnement.

Actuellement, les sites classés, au nombre de 2 640, couvrent 1,4 % du territoire national (soit environ 800 000 hectares) dont 2060 hectares pour l’archipel guadeloupéen.

Dans les DOM, une politique de protection d’application tardive…

L’archipel de la Guadeloupe a le privilège de disposer de sites remarquables d’une grande richesse et diversité paysagère qui font sa renommée et qui lui confèrent une identité forte reconnue depuis longtemps.

On y compte à ce jour, 5 sites classés et 5 sites inscrits.

À l’instar des autres départements d’outre-mer, l’archipel de la Guadeloupe n’a que très tardivement procédé aux premiers classements de ses sites remarquables, lorsque la législation relative à la protection des monuments naturels et des sites fut applicable dans ces départements (loi du 10 novembre 1965 suivie du décret d’application du 26 août 1966)(2).

Par la suite, en 1977, la Commission départementale des sites, perspectives et paysages établit une liste de 13 sites à protéger au titre de la loi du 2 mai 1930.

Il était en effet urgent de classer les sites les plus exposés à la dégradation et au développement anarchique de l’urbanisation.

Les premières protections de l’archipel Guadeloupéen

Les premiers classements ont concerné des sites prestigieux tels : l’Anse à la Barque en Côte sous-le-vent, la Baie de Pont-Pierre et le Pain de Sucre, la Grande Anse de Deshaies...

Plus tard, le classement a porté sur des zones plus vastes, tel le site de la Pointe des Châteaux sur la commune de Saint-François, illustré page suivante…

Le site classé de Marie-Galante, un site d’une beauté remarquable

Philippe Prochàzka

 

  Littoral et aménagements

 

AMENAGEMENT DU TERRITOIRE : ÇA BOUGE EN GUADELOUPE...

L’aménagement du territoire est le parent pauvre de la famille en Guadeloupe. Pas d’agence d’urbanisme, pas d’institut de planification urbaine, pas d’antenne de la DIACT, pas d’établissement public foncier, pas de formation universitaire ou de grandes écoles spécialisées, donc, résultat, pas de culture, pas de sensibilisation ni d’esprit de l’aménagement territorial.

Ce constat est d’autant plus paradoxal que la Guadeloupe est un espace de vie exigu dans lequel le foncier et son utilisation devraient être une préoccupation majeure.

Mais des frémissements de vie se font sentir depuis quelque temps dans le secteur. La Direction Départementale de l’Equipement a réalisé une étude sur les dynamiques territoriales et conduit une étude sur le littoral, co-financée par la Collectivité Régionale et l’Agence des 50 pas géométriques, et enfin, la Région procède à la révision de son Schéma d’Aménagement Régional (S.A.R).

A ce propos, s’exprimant dans le « Bulletin du SAR » n°1, le Président de la Collectivité Régionale souhaite que l’élaboration du document donne lieu à une large information, que les citoyens donnent leur opinion, et que dans la mesure du possible ils participent aux choix des orientations.

 

Cette bonne volonté risque de se heurter à l’absence de sensibilisation des guadeloupéens à la matière de l’aménagement territorial. Pour eux, la tentation sera grande de laisser les « spécialistes se débrouiller entre eux ». Or, tout citoyen en faisant appel à son bon sens et pourquoi pas, à l’Internet est en mesure de poser des questions pertinentes sur des sujets considérés comme ultra-techniques.

Démonstration destinées aux sceptiques, mes amis. Sujet du jour : la problématique portuaire en Guadeloupe.

Avant toute chose, regarder autour de soi. Je vois, en gros qu’il existe des ports de pêche dédiés aux pêcheurs, des ports de plaisance style marina de Gosier, des ports mixtes dans lesquels plaisanciers et pêcheurs se côtoient, de ports de passagers appelés aussi gares maritimes comme à Bergevin, et enfin des ports de commerce, réservés aux échanges commerciaux qu’il s’agisse de marchandises ou de touristes comme Pointe-à-Pitre ou Jarry.

Attaquons le sujet apparemment le plus pointu : le port de Jarry. Par les médias locaux, j’ai été informé de ce que les responsables de cet outil souhaitent accroître l’activité et rendre ce port plus compétitif. Traduction concrète, il faut approfondir le chenal menant au port, gagner des surfaces en créant des terres-pleins, augmenter le linéaire de quais et acheter divers engins de manutention.

Bonne question de l’incrédule, mon ami : à quoi ça sert et combien ça coûte ?

Réponse imaginée d’un techno virtuel: dans le cadre de la mondialisation des échanges, la compétition entre places portuaires devient féroce et le port de la Guadeloupe doit tenir son rang. La mise aux normes du canal de Panama, en permettant le passage de navires de fort tonnage va accroître le volume du trafic régional et transocéanique. L’évolution de la flotte mondiale la pousse vers des bâtiments porte-conteneurs de très forte capacité dite de 5° et 6° génération, donc de tirant d’eau plus important (13 mètres à 16 mètres), impossible à accueillir actuellement à Jarry. Les flux de conteneurs sont au cœur de la compétition portuaire. La place privilégiée de la Guadeloupe au centre de l’arc antillais lui permet de devenir un « gateway-hub», c’est à dire tout à la fois un port desservant son hinterland, son arrière-pays la Guadeloupe mais qui joue également le rôle d’une plate-forme de stockage, de redistribution, d’échange, de remplissage et de manutention de conteneurs pour le reste de la zone Caraïbe et Amérique du sud.

Pour ces investissements importants nous ferons appel à nos fonds propres et aux subventions provenant de l’Etat, de la Région et de l’Europe, et, pourquoi pas à un partenariat public-privé.

Nous demandons par conséquent que le Schéma d’Aménagement Régional et son corollaire, le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM) prennent en compte l’élargissement de la plate-forme actuelle et réservent, en cas de difficultés techniques, un emplacement différent à ce « gateway-hub ».

Waou. Incrédule, mon ami, attendu que l’argent nécessaire te sera demandé en tant que consommateur (fonds propres du port = taxes portuaires répercutées dans le prix de vente des marchandises) et en tant que contribuable (impôts nationaux et impôts locaux, TVA et droits de douane alimentant le budget de l’Union Européenne), il ne semble pas indécent de réfléchir avant de donner carte blanche à l’inscription de ce projet dans le SAR !

Fait appel, en tant que non-spécialiste mais en tant qu’honnête homme s’efforçant de comprendre, à ton fameux bon sens. Il conduit à poser des questions naïves.

Première question : a-t-on la certitude que l’augmentation du trafic passant le canal de Panama servira à la Guadeloupe. Ou, autre façon de formuler la question, sommes-nous sur une route maritime incontournable avec ou sans Panama? Selon les éléments disponibles sur le Web, réponse : non. Et ce, depuis quatre cent ans. Conclusion corollaire: la position géographique de la Guadeloupe au centre de l’arc antillais n’est pas un avantage, mais un handicap.

 

Seconde interrogation : la course au gigantisme des navires porte-conteneurs rappelle étrangement celle des années 70-80 sur les navires pétroliers et toujours au nom du même motif, la rentabilité. Or, les supertankers de 500.000 tonnes rouillent dans des ports mal famés ou ont fini à la casse. Conclusion : l’élan actuel est-il durable au regard des lourds investissements à consentir et dont la durée de vie dépasse les trente ans? Il ne faut pas oublier que, les budgets n’étant pas extensibles, ce qui sera consacré à ce volet du développement économique ne le sera pas à d’autres.

Troisième incertitude : qu’est-ce qui empêchera les autres ports de la Caraïbe Nord et de la Caraïbe Sud, mieux placés que la Guadeloupe sur les routes maritimes, d’investir dans le matériel et l’immatériel afin de conserver leur trafic. Ou, autre façon de formuler la question, qu’aurions-nous à offrir de plus qui inciterait les navires à changer leurs habitudes parfois multiséculaires ?

Quatrième interpellation : un port est un lieu d’échange. Les autres îles ont besoin d’importer mais aussi d’exporter leur production. Les navires ont horreur du vide, c’est coûteux. Notre volume d’exportation est-il attirant ? Est-il incitatif et satisfaisant d’offrir, en compensation d’un volume insuffisant de fret à la sortie, une possibilité de stockage des conteneurs et de manutention (le « hub ») ? Qui va se lancer dans le déchargement des marchandises en provenance des gros porte-conteneurs pour la transborder sur des navires plus petits et vers quelle destination (principe du « hub »)?

Cinquième questionnement : le fait de ne pouvoir accueillir que des navires de capacité actuelle entraîne-t-il pour l’avenir un renchérissement des coûts d’autant plus insupportables qu’ils auraient pu être évités en investissant dans l’aménagement du port ? Question corollaire : quelles garanties avons-nous que des investissements majoritairement financés par des fonds publics et destinés à améliorer la rentabilité du transport, permettront d’abaisser les prix à la consommation et non les marges des importateurs ?

Enfin, dernière observation : selon les dernières estimations, la croissance de la population guadeloupéenne à horizon vingt ans sera limitée. Donc le volume des importations et donc celui des conteneurs destinés au marché intérieur connaîtra une augmentation mesurée. L’accroissement du trafic espéré sera absorbé par la plate-forme de stockage et de manutention de conteneurs. En tenant compte des quelques emplois induits supplémentaires possibles, la comparaison coûts-avantages est-elle nettement en faveur des investissements à consentir ?

Incrédule, mon ami, je suis comme toi, je n’ai pas de réponses à ces questions. Il faut les poser aux responsables du port. A eux de nous éclairer dans un langage accessible et en donnant des références et des chiffres faciles à vérifier. C’est exactement ce qui s’appelle s’approprier le contenu du S.A.R.

La suite au prochain numéro avec d’autres questions sur d’autres sujets : .

« Il est encore plus facile de juger de l'esprit d'un homme par ses questions que par ses réponses ».

Harry ARNOUX

 

   Acteurs du littoral

INTERVIEW

LE SIGISTE : UN ACTEUR DU LITTORAL MECONNU ?

Nous avions déjà parlé du SIG. Il ne s’agit pas du Système d’Information du gouvernement. Non, il s’agit du Système d’Information Géographique ; et le sigiste, vous vous en doutez bien n’est pas un cousin germain du sorcier local (quoique…) mais le responsable du SIG.

C’est une confrérie en plein développement que le grand public connaît, peu, pas ou mal !

Nous en avons rencontré un, monsieur Abdi ABDILLAHI, œuvrant à l’Agence des 50 pas et  nous avons eu la chance de pouvoir le questionner pour le plaisir de nos lecteurs.

Guadeloupe Littoral : Monsieur ABDILLAHI, merci de nous recevoir. Peu de personnes connaissent les sigistes et ce qu’ils font. Notre première question sera un peu abrupte, mais que faites vous, dans votre vie de sigiste ?

Abdi ABDILLAHI :

Une vie « professionnelle » relativement passionnante, puisque j’ai pu allier mon penchant naturel pour les sciences humaines (géographie, économie, histoire, sociologie, démographie…) et une passion pour l’informatique en général. Cette vie consiste donc à synthétiser le monde qui nous entoure, en données numériques ou plutôt en bases de données exploitables informatiquement. Ce travail s'articule autour de la collecte, l’analyse, le croisement et la représentation de données qualitatives et quantitatives issues de la réalité d’un territoire à un moment donné.

GL : le mot sigiste est un peu comme celui d’énarque : il est dérivé d’un acronyme et relativement récent. Comment expliquez-vous que ce métier soit si peu connu du grand public ?

AA : En effet un métier quelque peu intimiste apparu (dans sa forme actuelle) il y a une vingtaine d’année en France et …plus récemment dans les DFA.

En effet le métier de sigiste découle directement de l’exploitation de cet ensemble (de matériel informatique et électronique, de logiciels, de données géolocalisées et de personnel compétent) que l’on regroupe sous le nom de Système d’Informations Géographiques. En effet c’est avec l’avènement récent de l’informatique et de ses composants (pc, gps, logiciels…) que ce métier s’installe progressivement. Pour désigner les techniciens travaillant dans cette branche on parle aussi de géomaticiens, d’administrateurs de bases de données géographiques…pour ma part je préfère le terme de géomaticien.

GL : Il y avait récemment les premières rencontres nationales des SIG de syndicat d'énergies. Il semble que toute activité puisse difficilement se passer d’un SIG. Pourquoi et qui peut avoir besoin d’un sigiste?

AA : Nous sommes tous terriens et quelque part tributaires d’une réalité tellurique avec ses avantages et ses inconvénients. Nous sommes aussi avides de connaissance pour justement comprendre, mesurer, gérer, prévoir l’évolution de cet environnement. Il faut savoir que 80% de l’information est géographique. Une adresse, une parcelle, un code fournisseur, une langue, une carte bancaire, une espèce végétale, un mobilier urbain, une plaque d’immatriculation…et même une recette de cuisine relèvent de l’information géographique. Par conséquent toutes nos actions personnelles et activités professionnelles génèrent, se nourrissent, s’échangent de l’information géographique. Donc presque aucune activité ne peut se passer aujourd’hui de ces bases de données. L'administration et la gestion de cette information est au cœur de la stratégie de toute entreprise. Services d’urgences, gestionnaires de réseaux, bureaux d’études, opérateurs télécom, gestionnaire d’espaces naturels, logisticiens, aménageurs, commerciaux, médecins…travaillent aujourd’hui avec les SIG. La donnée géographique a, de nos jours, une très forte valeur ajoutée.

 

GL : Quelles études faut-il pour pouvoir être sigiste ?

AA : Il existe plusieurs façons d’embrasser à ce métier. La plus courante consiste à intégrer un cursus universitaire classique en géographie, aménagement du territoire, voire même des Master en cartographie et SIG. Cependant toute qualification en sciences de la vie et de la terre (géologie, volcanologie, biologie, climatologie, topographie…) peut déboucher, pour peu qu’on ait un penchant pour l’informatique, à ce métier.

GL : Est-ce un métier d’avenir ?

AA : Tout à fait. Avec l’avènement de l’informatique et des nouvelles technologies de l’information, on peu affirmer que c’est un métier voué au développement. Les besoins en géomaticiens sont croissants avec cette recherche d’efficacité et de rendement qui existe dans tous les corps de métiers : gestion foncière, agriculture de précision, gestion de flotte de véhicule (urgentistes, transporteurs, loueurs…), télésurveillance, géomarketing (zone de chalandise et implantation de succursale), l'armée et la géostratégie, risques naturels, nuisances et pollutions....

Le positionnement en temps réel (gps) ouvre chaque jour de plus en plus de débouchés pour ce métier.

GL : Merci beauoup d’avoir répondu à nos questions.

 

Rony Saint-Charles

 

   Environnement Littoral

LA FORÊT DOMANIALE DU LITTORAL OU FDL EN GUADELOUPE

 Moins connue que la forêt départementalo-domaniale (FDD) essentiellement composée de la  forêt dense humide de la Basse-Terre, la forêt domaniale du littoral est présente de façon disjointe sur l’ensemble des côtes de l’archipel. Ces zones, totalisant une surface de 1496 ha, sont réparties sur la Grande-Terre, la Basse-Terre, ainsi que sur les îles de La Désirade, Les Saintes, et Marie-Galante. Elles forment avec les terrains  du conservatoire du littoral, les sites littoraux les plus remarquables de la Guadeloupe. Plus 150 km de côtes de  FDL sont  gérés par l’ONF.

Une histoire, un statut

Pour des raisons économiques et surtout stratégiques, en 1674, le Roi de France décida de rattacher à son domaine une zone littorale dite des " 50 pas du Roy ", que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de " 50 pas géométriques ". Cette zone représente une bande de 81,20 mètres de large à partir du rivage. L’objectif était de rendre plus difficile l’abord des îles par le maintien d’une zone boisée permettant la libre circulation le long du littoral et supportant les batteries de défense des rades et accès.

Après la Révolution, les " 50 pas " devinrent domaine public de l'État. En 1955, un changement de statut, fit passer les " 50 pas " dans le domaine privé de l'État. Un procès-verbal du 10 juin 1955 attribua aux Eaux et Forêts la gestion d'une grande partie des " 50 pas ", afin d'assurer une protection efficace contre d'éventuelles activités irrégulières.

Dans les années 60, les occupations illicites, les extractions abusives de sable et la dégradation des plages se multipliant, l'Office National des Forêts demanda l'affectation de portions du littoral encore relativement peu dégradées pour les soumettre au régime forestier, c'est à dire y faire appliquer l'ensemble des lois forestières qui régissent les forêts publiques. Cette remise de terrains se fit en trois étapes, en 1975, 1976 et 1980. Ce sont ces terrains qui aujourd'hui constituent la FDL, domaine privé de l’Etat.

Des paysages et un patrimoine naturel remarquable

Les principales formations boisées rencontrées sont  la forêt xérophile ainsi que la végétation pionnière et quelques fois rabougrie. Elles abritent  une faune variée composée notamment d’oiseaux et de tortues fréquentant les nombreuses plages, sites de pontes. Certaines zones sont particulièrement dégradées par les activités anthropiques. En effet,  les problèmes majeurs rencontrés en FDL concernent la pression de l'homme sur la forêt. La FDL est souvent considérée comme un espace appartenant à celui qui l'occupe. Les empiétements par les cultures et les constructions sont nombreux. L'ONF s'emploie à lutter contre toutes ces atteintes qui menacent le milieu naturel.

La FDL présente par ailleurs de nombreux atouts paysagers et récréatifs. Les sites de la Pointe des Châteaux, la Grande Vigie, Anse Maurice, les falaises de Marie-Galante, la Grande Pointe de Trois-Rivières, sont en FDL .

Ainsi, les 3 des 5 sites classés de notre archipel (pour leur intérêt paysager) sont situés en partie sur la FDL.

Les objectifs de gestion

La gestion de la FDL est basée sur la recherche permanente d’un équilibre entre protection et valorisation

Le programme d'aménagement forestier de la période 1996-2010 prévoit :

  • La protection de la forêt contre les défrichements, les empiètements, les vols de bois et de sable ainsi que les dégradations de toute sorte.

  • L'amélioration de l'accueil du public par une meilleure intégration des équipements et par la mise en place de supports d'informations pédagogiques.

  • Le reboisement progressif des parcelles actuellement cultivées.

  • La matérialisation et l'entretien des limites de la forêt.

  • La régularisation foncière des zones qui ont perdu leur caractère naturel.

Au vu des objectifs pris, trois zones distinctes de gestion ont été retenues :

  • Une zone dite de protection physique et paysagère, d'une surface de 882 ha.

  • Une zone dite d'accueil du public d'une surface de 130 ha.

  • Une zone dite d'intérêt écologique particulier, d'une surface de 456 ha.    

De nombreux aménagements de sites ont été réalisés (aménagements de plages, réalisation  de sentiers de randonnée et de découverte). Le topoguide « la Guadeloupe et ses îles à pieds », présente plus de 15 itinéraires de randonnées situées en majorité sur la FDL.

Un effort d’entretien des équipements est toutefois nécessaire en concertation avec nécessite les collectivités afin d’assurer une gestion pérenne de cette partie de notre  littoral.

La surveillance des limites, une priorité 

La délimitation et le bornage de l'ensemble de la FDL sont nécessaires au traitement des litiges et des conflits liés au droit de propriété. Ils permettent, par ailleurs de faire respecter les limites de la FDL. Les cas d’occupations illicites  sont malheureusement encore nombreux (activités de restaurations, constructions,…).

 

Mylène VALENTIN

 

   Littoral et randonnées

DECOUVERTE

Que l’aventure continue...

Samedi 17 mars

Réveil à 6 h 00. Encore à traîner, départ difficile vers 7 h 20, il ne fait pas très beau. Les pieds commencent à être douloureux, le sac pèse mais le moral est bon et le but approche. Ce matin, lourde décision : Evelyne abandonne à cause de ses ampoules aux talons. Sa sortie s’effectuera par Vernou, et Marc se dévoue pour l’accompagner, car il n’est pas question qu’elle y aille seule. Il nous rejoindra en début de soirée pour la dernière étape. Il faut avaler les 16,200 km et les 1246 mètres de dénivelées. La trace Merwart doit être parcourue et avec elle les mornes Moustique et Norès, puis Bel-Air ou Merwart (11h40) ainsi que les Trois crêtes, le piton de Bouillante (15h00), crête Pigeon, et enfin route de la Traversée au pied des Mamelles. Dure journée. Tout le monde a souffert et le manque d'eau s'est fait durement ressentir pour la plupart. La progression était plus lente, la fatigue était là. Mais sur le toit de la Guadeloupe, quelle splendeur !

Ce même jour, tous purent admirer l’habileté et le professionnalisme des pompiers du GRIMP. Profitant de la présence de notre groupe sur le site, et en coordination avec les organisateurs de la traversée, ils avaient programmé, dans le cadre d’un entraînement, un exercice d’hélitreuillage au piton de Bouillante. C'est l’instant choisi pour leur demander de ramener une des randonneuses qui présentait un handicap au poignet, ce qui ralentissait sa progression. Ce fut le jour le plus long.

Les derniers arrivèrent à la nuit tombée, au refuge du Morne Léger, où les attendait une équipe de randonneurs montés pour passer la nuit et repartir au matin avec eux. Un clin d’œil particulier à Pierre et Claudine nos logisticiens photographes et à Stéphane Guidevaux qui accompagna les derniers jusqu’au refuge, aidé de Frantz Germain. L'accueil fut chaleureux, ils prirent en charge les plus faibles, les encouragèrent, apportant leur aide. Un excellent repas, bien différent de tout ce qui fut avalé ces derniers jours, a été servi. Tous se sont endormis avec dans la tête un air de victoire. Victoire sur la montagne et les traces difficiles, victoire sur soi-même moralement et sur le physique : apprendre à souffrir c'est aussi apprendre à se connaître.

La nuit fut douce et réparatrice.

Dimanche 18 mars 2007. Quatrième et dernière étape. L'envolée vers Sainte-Rose.

Le miracle a lieu, une fois de plus comme chaque matin : alors même que l’on croit ne plus pouvoir poser les pieds sur le plancher du refuge, la mécanique se remet en marche. Le réveil est très gai. Les douleurs et les raideurs s’estompent très rapidement après quelques derniers soins prodigués en toute convivialité. Toilette rapide, dernier petit déjeuner, salutations cordiales avec les nouveaux arrivés qui se joignent à nous pour la dernière étape. Nous apprécions, des forces vives, un moral tout neuf, un soutien sans faille. La piste est longue, il y a encore quelques sommets pointus, mais le but n’aura jamais été si proche et nous sommes déterminés : il faut vaincre !

6 h 35 : départ pour attaquer ces 25 km et 1150 mètres de dénivelées qui nous séparent de la plage des Amandiers, à Sainte-Rose ! Le début de la balade est agréable. Fraîcheur du matin, sous-bois silencieux, topographie relativement « souple » et ambiance bon enfant. Puis ça se corse, et les ascensions se succèdent à un rythme soutenu : morne Jeanneton, la Contrebandier traversée vers 9 h 50, Mont Pelé, la Couronne, le Belvédère. Il ne faut pas traîner, mais nous devons cependant rester groupés. Nous commençons à entrevoir une belle arrivée, on se sent bien malgré quelques difficultés pour certains dans les montées. En revanche, quelle dégringolade sur certaines pentes ! C’est devenu un jeu pour ceux-là même qui appréhendaient avec craintes les glissades, la boue, les risques de chute. Etions nous devenus insensibles, aguerris ? Ne sentant plus la fatigue, heureux de notre aisance, heureux de notre amitié, heureux de cette formidable cohésion dans l’effort. Nous éprouvions comme une jouissance extrême de cette vie qui traversait nos muscles, notre cœur, nos poumons, cette désormais certitude que nous allions « le faire », que nous étions en train de réussir notre challenge. Et nous sentions nous pousser des ailes ou des petits « turbos » à chaque pied.

De superbes vues sur le Grand-Cul-De-Sac, les côtes de Grande-Terre, la canopée dense des forêts de la Basse-Terre nous arrêtent quelques instants : c’est si beau !

Mais que l’étape est longue ! Après une course échevelée nous arrivons à l’orée des bois, dans les hauteurs de Solitude à 15 h 00. La forêt derrière nous, les champs de canne en fleurs devant, la mer et ses îlets du Grand Cul de Sac marin : c’était gagné ! Descente groupée, les 9 rescapés des 4 jours plus les 5 venus pour la dernière étape. Mais dans les champs, surprise, le sentier est coupé au moment de traverser la rivière pour rejoindre Davidon. Il faut « inventer » un autre passage. La fatigue aidant, avec le temps perdu à chercher et contourner, la cohésion fond un peu. L’énervement pointe à l’horizon, les esprits s’échauffant à cause de la proximité de l’arrivée, qui se fait cependant désirer. Nous marchons depuis plus de 10 heures ! Et puis nos guides, Gérard et Marc trouvent le bon passage, les copains viennent à notre rencontre, la joie revient sur les visages, les cœurs se radoucissent, l’honneur est sauf, l’amitié aussi. Encore une petite demi-heure dans l’allégresse et c’est l’arrivée triomphale, en groupe serré, sous les feux des caméras, à la plage des Amandiers : il est 17 h 40. Quelle chevauchée ! Près de 11 h 00 de cavalcade à travers une montagne fantastique, une forêt splendide, des sentiers d’un état d’entretien exemplaire, un groupe d’amis désormais bien soudés.

4 jours sur les crêtes et dans les ravines, 3 nuits en refuge, 43 h 25 de randonnée cumulées. Une formidable aventure humaine, un travail d’équipe, un plaisir sans limite. Exploit sportif pour certains, aventure ou sentiment du travail accompli, évasion pour d’autres, souvenir inoubliable pour tous.

 Heureux, ils le sont tous, qui s’exclament à l’arrivée : « On l’a fait ! », « wè nou rivé bout ! »

C’était « la chevauchée fantastique », de Vieux-Fort à Sainte-Rose, du 15 au18 mars 2007.

Gérard BERRY

 

 DERNIERE MINUTE

 PLAGE FERMEE ET QUALITE DES PLAGES

Un label plus strict pour la qualité des plages
France Info - Paris,France
Il s’agit de préparer le littoral français à la directive européenne de 2015, qui pose des conditions plus drastiques. Imaginez, nous sommes en 2015. ...

 

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