Patrimoine

Y A PLUS DE 100 ans...

 

C'EST BIEN UNE ILE QUI SE DESSINE...

Le 3 septembre 1900, Georges Bonnemaison, lieutenant de gendarmerie à Gourdon dans le Lot, est nommé à la Guadeloupe pour commander la 2è section de l'arrondissement de gendarmerie de la Basse-Terre à Grand-Bourg (Marie-Galante). Le 8 octobre 1900, il débarque en Guadeloupe accompagné de sa famille. Il y restera trois ans. Trois années durant lesquelles il rédige chaque soir le journal de son séjour.

Ce texte, agrémenté de croquis et de nombreuses photographies, a été publié il y a quelques années par les éditions CARET (*). Grâce au style plein de vie et d'émotions de son auteur, on redécouvre au fil des pérégrinations du gendarme Bonnemaison, la Guadeloupe et ses îles telles qu'on y vivait voici un peu plus de 100 ans. Au chapitre 6 de son journal, il décrit ce qu'il voit en approchant des côtes de la Guadeloupe après 13 jours de traversée.

Le lendemain dès l'aurore tous les passagers se précipitent sur le pont, la lorgnette à la main, espérant voir la. terre. Nous sommes encore beaucoup trop loin. A midi, lorsqu'on fait le point pour la dernière fois, il reste à parcourir soixante-dix-huit milles pour arriver à la Pointe-à-Pitre. En admettant que nous filions environ treize nœuds, nous n'ar­riverons pas avant six heures.

Enfin à trois heures tout le monde est sur pied en même temps : la vigie vient de crier « Terre ! » Oh! le mot magique pour des gens n'ayant vu depuis treize jours que l'eau et le ciel et qui sur ces treize jours ont eu mauvais temps pendant plus de dix !

C'est la Désirade ou terre désirée que l'on vient de nous signaler. Ce fut la première terre que découvrit Christophe Colomb à son deuxième voyage, d'où le nom qu'elle porte.

D'abord nous n'apercevons rien ; mais peu à peu une sorte de nuage paraît à l'horizon et s'élève de plus en plus ; c'est bien une île qui se dessine. Nous gouvernons en plein dessus, et elle grandit rapidement. De loin c'est un grand rocher assez semblable à une énorme muraille très élevée qu'on croirait mise là pour nous barrer la route. Nous en sommes suffisamment rapprochés pour distinguer (il faut voir avec quel bonheur) quelques arbres, quelques cabanes !... Puis, la longeant au sud à moins d'un kilomètre nous apercevons la léproserie où l'on soigne tous les lépreux de la Guadeloupe et ses dépendances.

Manifestement nous sommes en vue de la pointe des Châteaux, l'extrémité la plus orientale de la Guadeloupe. Cette pointe tire son nom de la forme bizarre de rochers présentant l'aspect de vieilles fortifications.

Nous commençons à longer la côte sud de la Grande-Terre, bordée de falaises basses à l'aspect sauvage quoique cou­vertes d'une vigoureuse végétation. Derrière nous se perd la Désirade qui de ce côté, ressemble mais en beaucoup plus grand au rocher de Tombelaine vu du mont St-Michel A ce moment, une averse, comme il en tombe seulement sous les tropiques, vient nous masquer complètement la terre, bien que nous en soyons à sept ou huit cents mètres à peine. Malgré la tente, le pont est inondé, et c'est un sauve-qui-peut général. Mais la joie de voir la terre est si grande que l'on prend tout du bon côté. Les gens les plus moroses pendant la traversée paraissent maintenant devenus fous. Tout le monde crie, s'interpelle ; les plus graves font les plaisanteries les plus risquées et personne ne songe à se froisser ; on n'éprouve qu'un seul besoin impérieux : rire !!

L'averse dure peu et l'on nous montre au sud la "Petite-Terre" composée de deux îlots dont l'un est surmonté d'un phare ; puis beaucoup plus loin, presque à l'horizon, Marie-Galante, notre destination. Notre cœur bat un peu. Que nous réserve cette côte à peine distinguée dans le lointain ?...

Cependant nous arrivons près d'un tout petit îlot avec un phare à feu fixe : c'est l'îlet à Gosier couvert de palmiers et de cocotiers. Un canot à voiles se dirige vers nous ; c'est le pilote. Pour la première fois depuis treize jours la machine stoppe un instant. Le pilote monte à bord, et nous nous remettons en marche, mais à toute petite vitesse, car nous entrons dans les passes. Nous sommes bientôt en eau parfaitement calme ; nous n'avons pas assez d'yeux pour regarder la côte ; mais la nuit tombe tout d'un coup presque sans crépuscule, comme toujours dans les régions tropicales. Il est six heures et demie ; nous serons mouillés en rade de la Pointe vers sept heures ou sept heures et demie.

Qu'allons-nous faire? Débarquerons-nous? Nous ne pouvons songer à emmener les enfants et nous ne pouvons pas non plus les laisser derrière nous. Myriam restera donc à bord, et je débarquerai seul espérant être remis complètement par un séjour de quelques heures à terre.

"Que comptez-vous faire à la Pointe? me demande un passager qui connaît la ville.

  • Me reposer, manger dans un restaurant un bon bifteck dont j'ai grand besoin, et pour être certain de le bien digé­rer avant de rentrer à bord, m'installer sur la terrasse d'un café jusqu'à dix ou onze heures.

  • On voit bien, me dit en riant mon interlocuteur, que vous ne connaissez pas la Pointe. Vous parlez de restaurant et de terrasses comme si vous étiez à Paris ou à Bordeaux.

  • Mais il me semble que dans une ville de dix-huit-mille habitants...

  • C'est vrai qu'il y a environ dix-huit mille habitants, mais c'est plutôt un grand village qu'une ville proprement dite et il n'existe guère qu'un ou deux hôtels si toutefois on peut leur donner ce nom. Quant aux cafés, ils font complètement défaut, au moins tels que vous semblez vous les figurer !"

J'étais un peu désappointé, mais je résolus de débarquer quand même.

 

(*)« La Guadeloupe en zigzag »

Journal du gendarme à cheval Georges Bonnemaison (1900-1903)

Editions CARET – 268 pages – Mars 2001

 

Wilfrid DEMONIO

Du côté de la loi

PARC NATIONAL DE LA GUADELOUPE : UNE CHARTE AU SERVICE DES COMMUNES

Depuis le 14 avril 2006, ces monuments de conservation de la nature que sont les Parcs nationaux français bénéficient d'une nouvelle loi. Tout en restant fidèle au texte fondateur de 1960, cette loi non seulement renouvelle la politique de gestion et de protection menée par ces structures, mais aussi et surtout elle institue une nouvelle gouvernance afin de mieux ancrer localement  les Parcs et de renforcer leur acceptabilité sociale. L'outil de cette réforme réside dans la mise en place d'une charte, signée par l'ensemble des communes limitrophes du cœur de chaque Parc qui souhaiteront faire partie d'une zone d'adhésion.

En Guadeloupe, où jusqu'ici seules trois communes classées « zone périphérique » du Parc étaient véritablement concernées par lui, l'extension du périmètre optimal concernera 21 communes, c'est-à-dire toutes les communes de la Basse-Terre ainsi que celles de Grande-Terre situées autour de la baie du Grande Cul-de-Sac marin. L'impact du Parc national se trouvera    ainsi démultiplié afin de favoriser l'appropriation d'une démarche de développement respectueux de la nature dans l'archipel. Ce nouveau territoire constituera la nouvelle Réserve de Biosphère de l'archipel de la Guadeloupe.

 

La charte, projet de développement durable d'un territoire qui protège et valorise son cœur

La protection du cœur, véritable « assurance sur le capital », constitue le socle de la charte : un régime de haute protection y est garanti par la législation des parcs nationaux et par le décret de création propre à chaque Parc National ; cette protection active est pilotée par l'établissement public du Parc National sous l'égide de son conseil d'administration à majorité locale.

Au delà de la protection du cœur, l'ambition doit aller plus loin et s'inscrire  dans le développement durable de toute la région : la protection du cœur sera d'autant plus efficace et durable que les acteurs se l'approprient, et que les politiques de développement et les activités menées autour du cœur la favorisent ; et a fortiori, le cœur protégé est porteur d'une valorisation de l'ensemble de la région, valorisation qui mérite d'être organisée et optimisée.

Les communes au cœur du dispositif

La libre adhésion de chaque commune à la charte permet au Parc National de se constituer, par agrégation des territoires autour du cœur, formant ainsi « l'aire d'adhésion ». Pour les communes, mais aussi pour les entreprises et les hommes qui agissent sur leur territoire, adhérer à ce projet collectif, c'est s'engager dans une démarche de cohérence dans la durée.

Engagement  en cohérence avec les orientations négociées dans la charte : notamment en matière d'urbanisme (compatibilité de leur document d'urbanisme avec la charte), de circulation (règles de la charte encadrant les arrêtés municipaux pour la gestion des sites sensibles) et de publicité (engagement de faire réglementer la publicité en agglomération par les conseils municipaux).

Mais aussi et surtout, engagement dans une dynamique collective, sur un projet cohérent, qui valorise leur identité autour d'un monument naturel national ; cette dynamique  harmonise les politiques sectorielles impactant leur territoire, et mobilise prioritairement la programmation des moyens de l'Etat, des collectivités publiques et de l'établissement public du Parc National.  

Quels sont les principes fondamentaux assignés à la charte ?

Les orientations sont définies pour chaque charte par les acteurs locaux, dans le document qu'ils établissent ensemble.

Toutefois, un ensemble de valeurs à rechercher est défini par la loi et ses textes d'application :

La charte du parc national exprime un projet de territoire pour le cœur et l'aire optimale d'adhésion, par la définition d'orientations et de mesures de protection, de mise en valeur et de développement durable, qui visent à protéger un patrimoine naturel, culturel et paysager exceptionnel, tout en prenant en compte la solidarité écologique, économique, culturelle et sociale entre les espaces protégés du cœur et les espaces environnants concernés.

Pour ce faire, la charte prend en compte les grands ensembles écologiques fonctionnels, en valorisant les usages qui concourent à la protection des paysages, des habitats naturels, de la faune et de la flore et du patrimoine culturel, et à prévenir les impacts négatifs sur le patrimoine compris dans le cœur du parc. Elle définit des zones, leur vocation et les priorités de gestion, en évaluant l’impact de chaque usage sur le patrimoine.

L’aire d’adhésion, par sa continuité géographique et sa solidarité écologique avec le coeur, concourt à la protection du cœur du parc national, tout en ayant vocation à être un espace exemplaire en matière de développement durable.

La charte y a pour objet de maintenir l’interaction harmonieuse de la nature et de la culture, en protégeant le paysage et en garantissant le maintien des formes traditionnelles d’occupation du sol et de construction, ainsi que l’expression des faits socioculturels.

La charte a également pour objet de participer à la sauvegarde d’équilibres naturels fragiles et dynamiques compris dans le coeur du parc et l'aire optimale d'adhésion qui déterminent notamment pour celle-ci le maintien et l’amélioration du cadre de vie et des ressources naturelles.

Quelles sont les conséquences de l'appartenance d'un territoire au périmètre optimal du Parc National ?

Une implication majeure : la possibilité pour la commune d'adhérer à la charte du Parc National pour ce territoire

En effet, le périmètre optimal du Parc National est une limite d'éligibilité : la non inclusion prive de  la possibilité d'adhérer à la charte.

Bien entendu, cette possibilité est assortie  d'une garantie pour la commune :

d'être formellement consultée sur le projet de charte (y compris pour le cœur et notamment pour son volet réglementaire),

d'être associée à l'élaboration de la charte,

de bénéficier des études et réflexions menées par les partenaires pour élaborer la charte (le périmètre optimal du Parc National constitue le périmètre d'élaboration de la charte).

Une implication seconde : la facilitation pour la commune d'une assistance technique de l'établissement public du Parc National sur ce territoire

L'établissement public du Parc National peut apporter aux collectivités territoriales et à leurs groupements une assistance technique en matière de préservation des espaces naturels et pour la réalisation d'aménagements concernant le patrimoine naturel, culturel et paysager, dans les conditions dérogatoires accordées aux D.D.A.F. et D.D.E. pour apporter leur assistance technique aux collectivités territoriales dans les domaines relevant des objectifs visés par l’Etat.

Une autre implication seconde en l'état actuel de la réglementation : l'extension à ce territoire des fonctions de police judiciaire des agents de l'établissement public du Parc National pour le droit commun de la police de la nature : protection de la faune et de la flore, chasse, pêche en eau douce, circulation des véhicules dans les espaces naturels, eau, bruit, air, déchets, publicité, forêts, réserves naturelles, sites classés, espaces gérés par le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (A noter qu'une extension d'office de ces compétences à l'ensemble du territoire des départements concernés est à l'étude).

Qu'est-ce qui va changer dans l'aire d'adhésion, par rapport à l'ancienne zone périphérique ?

Une gestion plus contractuelle pour une adaptation à la décentralisation

l'appartenance à l'aire d'adhésion est négociée périodiquement par libre adhésion sur la base d'un projet concerté de territoire (et non fixée a priori et de manière pérenne au décret de création du Parc National ; en revanche, c'est le décret et non la charte qui délimite le coeur et le périmètre optimal du Parc National

le projet est conduit de manière concertée sous l'égide du conseil d'administration de l'établissement public du Parc National (et non plus par les administrations sous la responsabilité du ministre et sous la direction du préfet).

Une légitimité et des moyens confortés pour une mise en cohérence effective des politiques publiques autour du cœur

la charte est un document reconnu à un niveau plus élevé que l'ancien programme de mise en valeur de la zone périphérique : elle est approuvée après enquête publique par décret en Conseil d'Etat, ce qui lui confère plus de légitimité

la charte a capacité à affecter des vocations aux différents espaces (zonage)

une obligation générale de cohérence avec la charte est assignée à l'Etat, à l'établissement public du Parc National et à l'ensemble des collectivités intéressées (voir question « En quoi consiste l'harmonisation des orientations des politiques publiques et de leurs programmations financières dans l'aire d'adhésion ? »)

un contrôle renforcé est institué sur les aménagements les plus sensibles de nature à affecter de façon notable le cœur (voir question « En quoi consiste le contrôle renforcé des aménagements les plus sensibles dans l'aire d'adhésion ? »).

Le cas particulier de l'outre-mer

Le Schéma d'Aménagement Régional « fixe les orientations fondamentales à moyen terme en matière de développement durable, de mise en valeur du territoire et de protection de l'environnement ». En conséquence,

La charte du Parc National doit être compatible avec le Schéma d’Aménagement Régional,

Les auteurs de la charte disposent d'options pour une charte à effets plus limités dans l'aire d'adhésion, par limitation au cœur, sauf mention contraire dans la charte :

  1. de l’obligation de compatibilité faite aux documents d'urbanisme ;

  2. de l’obligation d’avis conforme de l’établissement public du parc national faite aux aménagements de nature à affecter le cœur ; pour ceux d’entre eux projetés dans l’aire d’adhésion, l’établissement public est consulté pour avis simple.

A signaler par ailleurs des dispositions particulières en matière fiscale dans le cœur(voir question « Quels sont les effets de la charte dans le cœur ?»).

Le cas particulier de la Guadeloupe et de La Réunion

En Guadeloupe et à La Réunion (seuls départements d'outre-mer où le cœur est composé à plus de 60 % de terrains relevant du régime forestier), les documents d’aménagement forestier sont soumis pour avis conforme à l'établissement public du Parc National, en tant qu’ils s’appliquent aux espaces du cœur.

Wilfrid DEMONIO

 

 Environnement Littoral

LE LITTORAL DU NORD  GRANDE-TERRE : QUELLES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT ?

Le territoire de la commune d’Anse-Bertrand  constitue l’extrémité nord de la Grande-Terre. Son positionnement géographique, l’extraordinaire beauté de sa frange littorale et ses plaines à perte de vue  en fait un lieu de plus en plus attractif où divers projets de développement font régulièrement l’actualité.

Un paysage encore préservé

Très largement ouvert sur la mer de Caraïbes à l’ouest et exposé à la houle de l’océan atlantique à l’est, le littoral d’Anse- Bertrand bénéficie de plusieurs sites emblématiques et exceptionnels tels que la Pointe de la Grande - Vigie, le lagon de Porte d’enfer, les plages de l’Anse Laborde et de la Chapelle. Se succèdent ainsi un linéaire rocheux et des falaises abruptes qui marquent l’identité du site, des criques et des pointes et quelques zones sableuses. Dans l’arrière – pays le paysage est essentiellement composé de grandes étendues de champs de canne, de cultures vivrières et de savanes pâturées. 

Deux sentiers de randonnée permettent de découvrir ces paysages très contrastés : la trace des falaises qui depuis les ruines de la Sucrerie Mahaudière mène jusqu’à la porte d’Enfer en longeant les falaises de 20 à 30 mètres de haut, le sentier du littoral qui relie la plage de la Chapelle aux marais de Port-Louis, présentant ainsi l’autre facette de la côte nord constituée de bande de sables, beach rock et mangrove.

Une biodiversité remarquable

A la richesse des paysages, viennent s’ajouter la biodiversité et l’intérêt écologique de ces lieux. La forêt de Philipsbourg,  encore appelée Barre de Cadoue (propriété du conservatoire du littoral, dernier vestige de formation xérophile présentant en abondance des espèces climaciques ainsi qu’ une partie des falaises de Grand- Vigie  forment des ZNIEFF en raison d’une flore et d’une faune remarquable . Sur des sols très rudimentaires, quelques espèces patrimoniales s’installent dont trois espèces de cactacées et des orchidées rares.  Les rochers et falaises proches de Porte d’enfer accueillent notamment des colonies de chauves-souris, de sternes, noddis, paille en queue et autres oiseaux marins.

Les nouvelles perspectives de développement  économique

Paradoxalement l’attrait économique et touristique de la commune est relativement récent.

Les activités agricoles

Cette zone a longtemps souffert de l’éloignement de Pointe-à-Pitre  et de l’aridité de son climat. Qualifié de « pays de solitude » selon les propos du Frère Fabre, puis occupée par les derniers indiens Caraïbes de l’île, le territoire jugé trop aride est pendant longtemps délaissé. Puis, se développe la culture de la canne à sucre. Après la crise de l’industrie sucrière et grâce aux travaux d’irrigation, plusieurs tentatives de diversification se succèdent. La culture du melon semble la plus développée actuellement et les melonnières s’étendent sur près de 430 ha. Remplaçant progressivement les champs de cannes elles modifient notablement le paysage, tendance qui risque de s’amplifier.  A l’instar de la démarche initiée par un groupement de planteurs souhaitant utiliser des terrains du Conseil Général, une réflexion d’ensemble s’impose afin de limiter l’impact paysager de ces nouvelles pratiques situées en limite de hauts sites touristiques. Un cahier des charges précis sur les modalités de défrichement, le maintien de haies végétales et le respect de certains corridors écologiques devrait permettre de réduire les modifications qui apparaissent comme une véritable rupture dans ces plaines littorales.

L’élevage au piquet a également façonné le paysage avec les pâturages et les haies à certains endroits encore préservés.

Les projets éoliens

Depuis une dizaine d’années, le développement de l’éolien a connu un essor dans cette région. Les fortes potentialités de ces zones exposées au vent

( gisement éolien) et les atouts topographiques sont à l’origine des premières installations impulsées par une politique régionale dynamique en matière d’énergie renouvelable. Or la contrainte majeure pour l’implantation d’aérogénérateurs est sans conteste l’impact paysager. Longtemps examinées au cas par cas, les projets se sont multipliés.  Trois fermes sont déjà implantées et 2 autres ont été validées par la commission départementale des sites et des paysages. La prolifération incontrôlée de futurs ensembles éoliens constitue un danger majeur de mitage de cette zone. Souhaitons que le schéma régional des énergies renouvelable en cours de réalisation prenne en considération les fortes contraintes paysagères et écologiques du nord Grande-Terre et permette une exploitation cohérente et durable du gisement.

Les activités touristiques

Le littoral d’Anse-Bertrand quelque peu excentré des grands pôles touristiques offrent de nombreux atouts en terme touristique. Les sites de la Grande-Vigie et de Porte d’enfer sont de plus en plus visités. Un paysage encore préservé mais fragile, des plages de qualité, un patrimoine rural et historique sont autant de facteurs de développement qui nécessitent là encore de définir des orientations  « durables » pour l’évolution du territoire.

Plusieurs projets d’envergures ont tenté d’impulser une dynamique touristique (dont l’ambitieux  projet de marina, ou la plus récente installation de mobil-home sur la plage de l’Anse Laborde).  Mais, ces expériences nous démontrent qu’il est avant tout indispensable de tenir compte des contraintes réglementaires  en matière d’urbanisme (afin d’éviter les « erreurs »  de certaines zones de la Grande-Terre) et surtout des contraintes écologiques et paysagères. Dans ce territoire encore si marquée par l’histoire, souhaitons que le tourisme trouve sa source dans la culture, les traditions et les nombreux témoins de notre passé.

Le projet de la Porte d’enfer

Ce site est essentiellement recherché pour ses eaux calmes et ses paysages variés. Le lagon s’immiscent entre d’imposantes falaises offre un contraste entre la vigueur de l’océan et les eaux limpides. L’aménagement envisagé par le gestionnaire, l’ONF, vise à :

-         améliorer l’accueil du public y compris les personnes à mobilité réduite (label tourisme et handicap) tout en préservant le caractère sauvage et authentique des lieux

-         maintenir un précieux équilibre entre la protection des milieux, l’accueil du public et la préservation des paysages.

De nouveaux équipements permettraient notamment d’améliorer l’activité de restauration existante, le stationnement  et la circulation des visiteurs. Par ailleurs, des enclos de régénération de la végétation seront installés.

Ce projet créerait ainsi un pôle d’animation qui compléterait les initiatives portées par les association et autres acteurs  qui œuvrent déjà sur le site de la Mahaudière récemment réhabilité. Une mise en   réseau de sites naturels et historiques du nord Grande-Terre  faciliterait la diversification des atouts touristiques de l’ensemble de la communauté des communes (depuis Port-Louis et Petit-Canal).

Le projet de classement

Un classement au titre du code de l’urbanisme ( art L 341-1 à L 341-22, ancienne loi du 2 mai 1930) est en cours d’instruction.  Il a pour objet de protéger ces paysages remarquables et de déclencher des procédures spécifiques pour toute activité susceptible d’affecter les lieux.

Ce nouvel outil de protection répond aux menaces croissantes sur ce site emblématique. Les déboisements et défrichements illicites, les constructions illégales, la fréquentation touristique non maîtrisée, rendent indispensable un renforcement des mesures de protection. Cette mesure permettrait ainsi d’échapper aux agressions liées aux nouvelles infrastructures routières, aux constructions, aux défrichements abusifs, ...

Le classement interdit donc sauf autorisation ministérielle toute modification importante du site. Les propriétaires privés restent maîtres de leurs biens mais doivent respecter ces restrictions. Par contre les pratiques agricoles traditionnelles sont maintenues. Ce classement est également un label, une reconnaissance nationale de l’intérêt particulier du site qu’il conviendra  d’accompagner d’une  véritable politique  de gestion et de mise en valeur du site.

La valorisation du littoral du Nord Grande-Terre méritait que l’on n’ai pas à dire si on savait ! !

Sa diversité, sa richesse et ses particularités devenues rares sur cette partie de notre archipel imposent une réflexion d’ensemble et des choix de développement durable. Que cet « exercice imposé » en terme d’aménagement du territoire soit notre meilleure copie, un exemple en terme de gestion intégrée des zones côtières.

 

Mylène VALENTIN

 

Littoral et aménagements

QUEL AVENIR POUR LA SAFER DE GUADELOUPE ?

La SAFER de Guadeloupe est une Société Anonyme de droit privé sans but lucratif.

La SAFER de Guadeloupe, opérateur foncier, est un acteur des politiques publiques territoriales en zone rurale et périurbaine.

Elle est chargée de missions de service public et sa gouvernance est partagée entre l’Etat, les Collectivités et la profession agricole.

La SAFER de Guadeloupe doit donc notamment:

è s’inscrire dans les volets fonciers des politiques de l’Etat et des Collectivités;

è poursuivre la rétrocession et la valorisation de son stock résiduel ;

è développer des activités et prestations en rapport avec ses missions.

Outre les subventions liées aux actions entreprises dans le cadre du DOCUP (pour la dernière programmation) les ressources de la SAFER de Guadeloupe proviennent de ses activités foncières, des travaux d’aménagement qu’elle réalise et des opérations annexes  (études, prestations, …).

La mise en œuvre de la réforme foncière de la Guadeloupe confiée à la SAFER en 1980 par les pouvoirs publics a engendré un recours massif à l’endettement (notamment pour l’acquisition des 11 000 hectares) et un accroissement significatif des charges de toute nature.

Cependant, la commercialisation des terres (pour des raisons multiples) s’est effectuée à un rythme plus lent que prévu entraînant un coût élevé de la gestion temporaire du stock.

C’est ainsi que le coût des charges de structure a largement amputé les marges foncières et donc les capacités de remboursement de la SAFER de Guadeloupe.

En outre, le désengagement progressif des pouvoirs publics a entraîné la diminution progressive puis la fin, en 2006, des subventions allouées à la SAFER de Guadeloupe  notamment pour l’opération « encadrement et consolidation des opérations de la Réforme foncière ».

Aujourd’hui le monde agricole guadeloupéen est en profonde mutation.

L’état des lieux fait dans le cadre de la préparation du Programme de Développement Rural 2007-2013 (PDR Guadeloupe) fait ressortir une déprise de l’espace agricole et une diminution du nombre d’agriculteurs.

L’agriculture guadeloupéenne se structure en interprofessions et groupements de producteurs qui assurent l’encadrement et le suivi des exploitations et, à regret, il n’y a plus de place pour l’appui technique « généraliste » telle que la SAFER l’avait développé.

Cette Réforme Foncière, outre le fait qu’elle a largement marqué le territoire, les hommes et notre développement agricole, représentait le cœur de l’activité SAFER de Guadeloupe et elle a généré la création de nombreux emplois.

Nul ne peut nier l’impact de cette opération majeure dans tous les domaines d’activité.

Elle a d’ailleurs permis tant au Département qu’au Conservatoire de l’Espace Littoral et de Rivages Lacustres (CELRL) de faite l’acquisition de nombreuses parcelles (près de 1 000 hectares) nécessitant une haute protection environnementale compte tenu de leurs caractéristiques tant du point de vue paysager que littoral.

Aujourd’hui, notre organisme doit se restructurer et revoir tant son organisation, ses objectifs que ses effectifs.

Les nouveaux cadres financiers (FEADER, PDR…) assurent de manière très limitée et très cadrée la prise en charge des dépenses de fonctionnement liées aux actions agricoles et rurales pour la période 2007-2013.

La SAFER de Guadeloupe a fait l’inventaire des activités qu’elle peut maintenir et développer dans le cadre de son Programme Pluriannuel d’Activité 2007-2013 (PPAS 2007-2013) et ce, autour de ses 3 missions principales :

è le développement durable de l’agriculture et de la forêt en zones rurales comme en zones périurbaines ;

è la préservation de l’environnement et des paysages ;

è le développement local et l’aménagement du territoire.

Les horizons sont loin d’être dégagés mais la question foncière reste au cœur de toute réflexion pouvant être engagée sur l’aménagement de notre territoire, à l’heure même où le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) est en cours de révision.

La SAFER de Guadeloupe, dans ce contexte, peut et doit encore jouer un rôle important comme elle a su le démontrer dans les années précédentes, mais pour ce faire, elle doit aussi s’adapter à son nouvel environnement et aux nouveaux enjeux.

Marie-Elise DONGAL

Directeur Général

 

 Acteurs du littoral

PRESIDENT DE L'UNIVERSITE DU LITTORAL DE LA COTE D’OPALE

Guadeloupe Littoral : Monsieur ANTHONY, bonjour et merci de vous accorder cette interview. Quelle est l’histoire de l’Université du Littoral de la Côte d’Opale (ULCO)?

Edward ANTHONY :

L’Université du Littoral Côte d’Opale a été créée en novembre 1991 et a connu sa première rentrée universitaire en 1992. C’est une université multipolaire (Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque et Saint-Omer) et pluridisciplinaire qui offre des formations au standard LMD dans les domaines du Droit, Sciences Economiques et de Gestion, Sciences Humaines Lettres et Langues et Sciences et Technologies. Aujourd’hui, elle propose à ses 11 000 étudiants une centaine de diplômes habilités dans ces domaines.

Dans le domaine de la recherche, nous avons volontairement choisi  de travailler sur 3 axes thématiques développés dans nos 16 laboratoires : « Environnement, milieux littoraux et développement durable », « Mathématiques et Sciences pour l’ingénieur », « Langue, Littérature, Histoire et Culture ». Nous avons ainsi une meilleure visibilité au niveau national et international

 

Guadeloupe Littoral : Quel est le lien entre votre université et le littoral d’une manière générale ?

Guadeloupe Littoral : Votre université présente t-elle des spécificités par rapport à d’autres. Y dispense t-on des formations en liaison avec les activités humaines recensées sur cette partie du territoire ?

EA : Comme je viens de le dire, l’axe environnement est prioritaire et mobilise aujourd’hui plus des 2/3 de moyens financiers. En son sein, nous avons un laboratoire en océanologie et géosciences, le LOG, où des chercheurs et enseignants chercheurs spécialisés en biologie marine, océanographie physique, sédimentologie, chimie atmosphérique, géomorphologie effectuent des recherches sur les écosystèmes littoraux et côtiers. D’autres laboratoires travaillent sur la zone industrialo-portuaire de dunkerque avec des problématiques liées à la pollution ou à l’aménagement du territoire.

Au niveau de la formation, nous avons des diplômes liés à notre localisation géographique et au tissu économique local avec des formations en logistique, des masters en Management portuaire, en qualité des procédés agroalimentaires et halieutiques ou en droit des zones côtières et de l’environnement littoral et marin.

Guadeloupe Littoral : quels sont les différents débouchés offerts aux diplômés de l’ULCO ?

EA : C’est une vaste question au regard de nos effectifs et de nos domaines de formation. Les débouchés sont une préoccupation majeure de nos équipes pédagogiques qui les a conduites à proposer de nombreuses formations professionnalisées : les emplois se situent alors dans tous les secteurs de l’économie avec rapidement des fonctions de cadre pour ceux qui ont suivi une formation de master professionnel.

 

Guadeloupe Littoral : Votre université semble pleinement engagée sur la voie de la coopération avec d’autres structures. Dans quel but ?

EA : Dans le domaine de la recherche, sur nos 16 laboratoires, 3 sont associés au CNRS.

Nous participons à l’IRENI, l’Institut de Recherche en Environnement Industriel, avec les laboratoires des universités de Lille 1, Lille 2, l’Artois, de l’Ecole des Mines de Douai et le CNRS, qui a pour but d’effectuer des recherches concertées et coopératives sur la qualité de l’air sur la zone industrialo-portuaire de Dunkerque.

Nous développons des partenariats avec des universités étrangères  afin de favoriser les échanges d’étudiants et d’enseignants. Nous sommes également engagés dans plusieurs programmes européens : un programme « Tempus » avec le Maroc  dont l’objectif est le co-développement d’un diplôme de master « Métiers du conseil & mise à niveau »  et 12 programmes « Interreg » avec la Grande-Bretagne, la Belgique.

Nous sommes également en collaboration avec les autres universités de la région Nord-Pas de Calais, l’Ecole Centrale de Lille et l’Ecole des Mines de Douai afin de constituer un PRES (Pole de Recherche et d’Enseignement Supérieur).

Guadeloupe Littoral : Collaborez-vous avec le port de Dunkerque, autre acteur important du littoral de votre région ? Et dans quelle mesure ?

EA : Comme je vous le disais plus haut, nous avons des formations en logistique de niveau BAC + 3 à BAC + 5. Les ports de Calais, Dunkerque et Boulogne sur mer sont des acteurs importants du littoral. Des étudiants de nos formations s’y rendent en stage.

Dans le domaine de la recherche, plusieurs laboratoires sont en lien avec le Port autonome de Dunkerque pour des études sur la pollution, la dépollution, l’aménagement du territoire etc…

Guadeloupe Littoral : Vous considérez vous comme un acteur du littoral. Et pourquoi ?

EA : La création de l’ULCO permet à des jeunes du littoral, dont les parents ne disposent pas des ressources financières suffisantes pour des études à Lille, Amiens ou Paris, de recevoir une formation supérieure. Mais notre rôle ne se limite pas à la formation des jeunes. Elle concerne également les adultes qui, par l’intermédiaire de notre organisme de formation continue, peuvent bénéficier d’une actualisation de leurs connaissances ou de formations diplômantes. Par ailleurs, nous apportons nos compétences, savoir-faire et expertise en matière de recherche aux entreprises du littoral sous forme de contrats de recherche ou de mise à disposition des plateformes technologiques  comme celle de Boulogne sur mer spécialisée sur les produits de la mer. Au regard de cette forte implication que je viens de souligner, nous sommes un acteur socio-économique majeur du littoral.

Guadeloupe Littoral : Quels sont vos futurs projets ?

EA : Cette année est marquée par deux changements importants : notre nouvelle organisation dans le cadre de la Loi sur la Responsabilité des Universités, dîte loi LRU et la constitution prochaine du PRES Lille-Nord de France.

Le conseil d’administration qui sera prochainement élu se prononcera sur le moment de la dévolution des nouvelles compétences prévues par cette loi. Parallèlement, le PRES se mettra en place. Le cadre dans lequel interviendra l’ULCO sera connu et nous pourrons poursuivre sur la voie de l’excellence tant dans le domaine de la formation que de la recherche.

Guadeloupe Littoral : Merci beaucoup, monsieur ANTHONY.

Site web de l'ULCO

Rony Saint-Charles

 Littoral et randonnées

DECOUVERTE

Que l’aventure continue...

Samedi 17 mars

Réveil à 6 h 00. Encore à traîner, départ difficile vers 7 h 20, il ne fait pas très beau. Les pieds commencent à être douloureux, le sac pèse mais le moral est bon et le but approche. Ce matin, lourde décision : Evelyne abandonne à cause de ses ampoules aux talons. Sa sortie s’effectuera par Vernou, et Marc se dévoue pour l’accompagner, car il n’est pas question qu’elle y aille seule. Il nous rejoindra en début de soirée pour la dernière étape. Il faut avaler les 16,200 km et les 1246 mètres de dénivelées. La trace Merwart doit être parcourue et avec elle les mornes Moustique et Norès, puis Bel-Air ou Merwart (11h40) ainsi que les Trois crêtes, le piton de Bouillante (15h00), crête Pigeon, et enfin route de la Traversée au pied des Mamelles. Dure journée. Tout le monde a souffert et le manque d'eau s'est fait durement ressentir pour la plupart. La progression était plus lente, la fatigue était là. Mais sur le toit de la Guadeloupe, quelle splendeur !

Ce même jour, tous purent admirer l’habileté et le professionnalisme des pompiers du GRIMP. Profitant de la présence de notre groupe sur le site, et en coordination avec les organisateurs de la traversée, ils avaient programmé, dans le cadre d’un entraînement, un exercice d’hélitreuillage au piton de Bouillante. C'est l’instant choisi pour leur demander de ramener une des randonneuses qui présentait un handicap au poignet, ce qui ralentissait sa progression. Ce fut le jour le plus long.

Les derniers arrivèrent à la nuit tombée, au refuge du Morne Léger, où les attendait une équipe de randonneurs montés pour passer la nuit et repartir au matin avec eux. Un clin d’œil particulier à Pierre et Claudine nos logisticiens photographes et à Stéphane Guidevaux qui accompagna les derniers jusqu’au refuge, aidé de Frantz Germain. L'accueil fut chaleureux, ils prirent en charge les plus faibles, les encouragèrent, apportant leur aide. Un excellent repas, bien différent de tout ce qui fut avalé ces derniers jours, a été servi. Tous se sont endormis avec dans la tête un air de victoire. Victoire sur la montagne et les traces difficiles, victoire sur soi-même moralement et sur le physique : apprendre à souffrir c'est aussi apprendre à se connaître.

La nuit fut douce et réparatrice.

Dimanche 18 mars 2007. Quatrième et dernière étape. L'envolée vers Sainte-Rose.

Le miracle a lieu, une fois de plus comme chaque matin : alors même que l’on croit ne plus pouvoir poser les pieds sur le plancher du refuge, la mécanique se remet en marche. Le réveil est très gai. Les douleurs et les raideurs s’estompent très rapidement après quelques derniers soins prodigués en toute convivialité. Toilette rapide, dernier petit déjeuner, salutations cordiales avec les nouveaux arrivés qui se joignent à nous pour la dernière étape. Nous apprécions, des forces vives, un moral tout neuf, un soutien sans faille. La piste est longue, il y a encore quelques sommets pointus, mais le but n’aura jamais été si proche et nous sommes déterminés : il faut vaincre !

6 h 35 : départ pour attaquer ces 25 km et 1150 mètres de dénivelées qui nous séparent de la plage des Amandiers, à Sainte-Rose ! Le début de la balade est agréable. Fraîcheur du matin, sous-bois silencieux, topographie relativement « souple » et ambiance bon enfant. Puis ça se corse, et les ascensions se succèdent à un rythme soutenu : morne Jeanneton, la Contrebandier traversée vers 9 h 50, Mont Pelé, la Couronne, le Belvédère. Il ne faut pas traîner, mais nous devons cependant rester groupés. Nous commençons à entrevoir une belle arrivée, on se sent bien malgré quelques difficultés pour certains dans les montées. En revanche, quelle dégringolade sur certaines pentes ! C’est devenu un jeu pour ceux-là même qui appréhendaient avec craintes les glissades, la boue, les risques de chute. Etions nous devenus insensibles, aguerris ? Ne sentant plus la fatigue, heureux de notre aisance, heureux de notre amitié, heureux de cette formidable cohésion dans l’effort. Nous éprouvions comme une jouissance extrême de cette vie qui traversait nos muscles, notre cœur, nos poumons, cette désormais certitude que nous allions « le faire », que nous étions en train de réussir notre challenge. Et nous sentions nous pousser des ailes ou des petits « turbos » à chaque pied.

De superbes vues sur le Grand-Cul-De-Sac, les côtes de Grande-Terre, la canopée dense des forêts de la Basse-Terre nous arrêtent quelques instants : c’est si beau !

Mais que l’étape est longue ! Après une course échevelée nous arrivons à l’orée des bois, dans les hauteurs de Solitude à 15 h 00. La forêt derrière nous, les champs de canne en fleurs devant, la mer et ses îlets du Grand Cul de Sac marin : c’était gagné ! Descente groupée, les 9 rescapés des 4 jours plus les 5 venus pour la dernière étape. Mais dans les champs, surprise, le sentier est coupé au moment de traverser la rivière pour rejoindre Davidon. Il faut « inventer » un autre passage. La fatigue aidant, avec le temps perdu à chercher et contourner, la cohésion fond un peu. L’énervement pointe à l’horizon, les esprits s’échauffant à cause de la proximité de l’arrivée, qui se fait cependant désirer. Nous marchons depuis plus de 10 heures ! Et puis nos guides, Gérard et Marc trouvent le bon passage, les copains viennent à notre rencontre, la joie revient sur les visages, les cœurs se radoucissent, l’honneur est sauf, l’amitié aussi. Encore une petite demi-heure dans l’allégresse et c’est l’arrivée triomphale, en groupe serré, sous les feux des caméras, à la plage des Amandiers : il est 17 h 40. Quelle chevauchée ! Près de 11 h 00 de cavalcade à travers une montagne fantastique, une forêt splendide, des sentiers d’un état d’entretien exemplaire, un groupe d’amis désormais bien soudés.

4 jours sur les crêtes et dans les ravines, 3 nuits en refuge, 43 h 25 de randonnée cumulées. Une formidable aventure humaine, un travail d’équipe, un plaisir sans limite. Exploit sportif pour certains, aventure ou sentiment du travail accompli, évasion pour d’autres, souvenir inoubliable pour tous.

 Heureux, ils le sont tous, qui s’exclament à l’arrivée : « On l’a fait ! », « wè nou rivé bout ! »

 

C’était « la chevauchée fantastique », de Vieux-Fort à Sainte-Rose, du 15 au18 mars 2007.

 

Gérrd BERRY

BREVES

GUADELOUPE LITTORAL® : LA PETITE E-LETTRE QUI MONTE, QUI MONTE !....

De part le nombre de visiteurs mensuels, plus de 3000 actuellement, nous sommes aujourd'hui très heureux de constater l'intérêt croissant que vous portez à notre lettre d'information Guadeloupe Littoral® et plus généralement aux nouvelles émanant de notre bord de mer. Merci de nous lire.

Quelques chiffres :

> Nombre visiteurs janvier 2006 : 958

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JEROME BIGNON ELU PRESIDENT DU CONSERVATOIRE DU LITTORAL

À l’issue du Conseil d’administration qui s’est tenu le mercredi 27 février 2008, Jérôme BIGNON a été élu Président du Conservatoire National du Littoral. Il devient ainsi le huitième président de cet établissement public chargé d’assurer la protection des espaces naturels des rivages littoraux. En ouverture du Conseil d’Administration, Jean-Louis BORLOO, ministre d’État, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables a félicité tous les acteurs du conservatoire du littoral qui œuvrent au quotidien pour la préservation du patrimoine écologique des sites, en partenariat avec les collectivités locales. « C’est le plus grand musée de France avec plus de 30 millions de visiteurs par an » s’est réjoui le ministre. Jean-Louis BORLOO a précisé que « l’objectif est qu’un tiers des côtes soient protégées ».

 

 

 

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Les 50 pas géométriques dans la Caraïbes. Etude comparative.

Le rapport établi par l’Université Antilles Guyane et le Centre Européen de Documentation et d’Etude à l’initiative de l’Agence des 50 pas géométriques sera présenté le 29 novembre 2007 à 9 heures (UFR de Sciences Juridiques et Economiques-Salle du Conseil), et fait un point d’étape sur le sujet.

Accès à l'étude complète

 

 

PAQUE A LA PLAGE

Communiqué de presse de L’association Évasion Tropicale à lir

 

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