Le
3 septembre 1900, Georges Bonnemaison,
lieutenant de gendarmerie à Gourdon dans le Lot,
est nommé à la Guadeloupe pour commander la 2è
section de l'arrondissement de gendarmerie de la
Basse-Terre à Grand-Bourg (Marie-Galante). Le 8
octobre 1900, il débarque en Guadeloupe
accompagné de sa famille. Il y restera trois
ans. Trois années durant lesquelles il rédige
chaque soir le journal de son séjour.
Ce texte,
agrémenté de croquis et de nombreuses
photographies, a été publié il y a quelques
années par les éditions CARET (*). Grâce au
style plein de vie et d'émotions de son auteur,
on redécouvre au fil des pérégrinations du
gendarme Bonnemaison, la Guadeloupe et ses îles
telles qu'on y vivait voici un peu plus de 100
ans. Au chapitre 6 de son journal, il décrit ce
qu'il voit en approchant des côtes de la
Guadeloupe après 13 jours de traversée.
Le lendemain dès
l'aurore tous les passagers se précipitent sur
le pont, la lorgnette à la main, espérant voir
la. terre. Nous sommes encore beaucoup trop
loin. A midi, lorsqu'on fait le point pour la
dernière fois, il reste à parcourir
soixante-dix-huit milles pour arriver à la
Pointe-à-Pitre. En admettant que nous filions
environ treize nœuds, nous n'arriverons pas
avant six heures.
Enfin à trois
heures tout le monde est sur pied en même temps
: la vigie vient de crier « Terre ! » Oh! le mot
magique pour des gens n'ayant vu depuis treize
jours que l'eau et le ciel et qui sur ces treize
jours ont eu mauvais temps pendant plus de dix !
C'est la Désirade
ou terre désirée que l'on vient de nous
signaler. Ce fut la première terre que découvrit
Christophe Colomb à son deuxième voyage, d'où le
nom qu'elle porte.
D'abord nous
n'apercevons rien ; mais peu à peu une sorte de
nuage paraît à l'horizon et s'élève de plus en
plus ; c'est bien une île qui se dessine. Nous
gouvernons en plein dessus, et elle grandit
rapidement. De loin c'est un grand rocher assez
semblable à une énorme muraille très élevée
qu'on croirait mise là pour nous barrer la
route. Nous en sommes suffisamment rapprochés
pour distinguer (il faut voir avec quel bonheur)
quelques arbres, quelques cabanes !... Puis, la
longeant au sud à moins d'un kilomètre nous
apercevons la léproserie où l'on soigne tous les
lépreux de la Guadeloupe et ses dépendances.
Manifestement
nous sommes en vue de la pointe des Châteaux,
l'extrémité la plus orientale de la Guadeloupe.
Cette pointe tire son nom de la forme bizarre de
rochers présentant l'aspect de vieilles
fortifications.
Nous commençons
à longer la côte sud de la Grande-Terre, bordée
de falaises basses à l'aspect sauvage quoique
couvertes d'une vigoureuse végétation. Derrière
nous se perd la Désirade qui de ce côté,
ressemble mais en beaucoup plus grand au rocher
de Tombelaine vu du mont St-Michel A ce moment,
une averse, comme il en tombe seulement sous les
tropiques, vient nous masquer complètement la
terre, bien que nous en soyons à sept ou huit
cents mètres à peine. Malgré la tente, le pont
est inondé, et c'est un sauve-qui-peut général.
Mais la joie de voir la terre est si grande que
l'on prend tout du bon côté. Les gens les plus
moroses pendant la traversée paraissent
maintenant devenus fous. Tout le monde crie,
s'interpelle ; les plus graves font les
plaisanteries les plus risquées et personne ne
songe à se froisser ; on n'éprouve qu'un seul
besoin impérieux : rire !!
L'averse dure
peu et l'on nous montre au sud la "Petite-Terre"
composée de deux îlots dont l'un est surmonté
d'un phare ; puis beaucoup plus loin, presque à
l'horizon, Marie-Galante, notre destination.
Notre cœur bat un peu. Que nous réserve cette
côte à peine distinguée dans le lointain ?...
Cependant nous
arrivons près d'un tout petit îlot avec un phare
à feu fixe : c'est l'îlet à Gosier couvert de
palmiers et de cocotiers. Un canot à voiles se
dirige vers nous ; c'est le pilote. Pour la
première fois depuis treize jours la machine
stoppe un instant. Le pilote monte à bord, et
nous nous remettons en marche, mais à toute
petite vitesse, car nous entrons dans les
passes. Nous sommes bientôt en eau parfaitement
calme ; nous n'avons pas assez d'yeux pour
regarder la côte ; mais la nuit tombe tout d'un
coup presque sans crépuscule, comme toujours
dans les régions tropicales. Il est six heures
et demie ; nous serons mouillés en rade de la
Pointe vers sept heures ou sept heures et demie.
Qu'allons-nous
faire? Débarquerons-nous? Nous ne pouvons songer
à emmener les enfants et nous ne pouvons pas non
plus les laisser derrière nous. Myriam restera
donc à bord, et je débarquerai seul espérant
être remis complètement par un séjour de
quelques heures à terre.
"Que comptez-vous
faire à la Pointe? me demande un passager qui
connaît la ville.
Me reposer,
manger dans un restaurant un bon bifteck
dont j'ai grand besoin, et pour être certain
de le bien digérer avant de rentrer à bord,
m'installer sur la terrasse d'un café
jusqu'à dix ou onze heures.
On voit
bien, me dit en riant mon interlocuteur, que
vous ne connaissez pas la Pointe. Vous
parlez de restaurant et de terrasses comme
si vous étiez à Paris ou à Bordeaux.
Mais il me
semble que dans une ville de dix-huit-mille
habitants...
C'est vrai
qu'il y a environ dix-huit mille habitants,
mais c'est plutôt un grand village qu'une
ville proprement dite et il n'existe guère
qu'un ou deux hôtels si toutefois on peut
leur donner ce nom. Quant aux cafés, ils
font complètement défaut, au moins tels que
vous semblez vous les figurer !"
J'étais un peu
désappointé, mais je résolus de débarquer quand
même.
(*)« La
Guadeloupe en zigzag »
Journal du
gendarme à cheval Georges Bonnemaison
(1900-1903)
Editions CARET –
268 pages – Mars 2001
Wilfrid DEMONIO
Du côté de la loi
PARC NATIONAL DE
LA GUADELOUPE : UNE CHARTE AU SERVICE DES
COMMUNES
Depuis
le 14 avril 2006, ces monuments de conservation
de la nature que sont les Parcs nationaux
français bénéficient d'une nouvelle loi.
Tout en restant fidèle au texte fondateur de
1960, cette loi non seulement renouvelle la
politique de gestion et de protection menée par
ces structures, mais aussi et surtout elle
institue une nouvelle gouvernance afin de mieux
ancrer localement les Parcs et de renforcer
leur acceptabilité sociale. L'outil de cette
réforme réside dans la mise en place d'une
charte, signée par l'ensemble des communes
limitrophes du cœur de chaque Parc qui
souhaiteront faire partie d'une zone d'adhésion.
En Guadeloupe, où
jusqu'ici seules trois communes classées « zone
périphérique » du Parc étaient véritablement
concernées par lui, l'extension du périmètre
optimal concernera 21 communes, c'est-à-dire
toutes les communes de la Basse-Terre ainsi que
celles de Grande-Terre situées autour de la baie
du Grande Cul-de-Sac marin. L'impact du Parc
national se trouvera ainsi démultiplié afin
de favoriser l'appropriation d'une démarche de
développement respectueux de la nature dans
l'archipel. Ce nouveau territoire constituera la
nouvelle Réserve de Biosphère de l'archipel de
la Guadeloupe.
La charte, projet
de développement durable d'un territoire qui
protège et valorise son cœur
La protection du
cœur, véritable « assurance sur le capital »,
constitue le socle de la charte : un régime de
haute protection y est garanti par la
législation des parcs nationaux et par le décret
de création propre à chaque Parc National ;
cette protection active est pilotée par
l'établissement public du Parc National sous
l'égide de son conseil d'administration à
majorité locale.
Au delà de la
protection du cœur, l'ambition doit aller plus
loin et s'inscrire dans le développement
durable de toute la région : la protection du
cœur sera d'autant plus efficace et durable que
les acteurs se l'approprient, et que les
politiques de développement et les activités
menées autour du cœur la favorisent ; et a
fortiori, le cœur protégé est porteur d'une
valorisation de l'ensemble de la région,
valorisation qui mérite d'être organisée et
optimisée.
Les communes au
cœur du dispositif
La libre adhésion
de chaque commune à la charte permet au Parc
National de se constituer, par agrégation des
territoires autour du cœur, formant ainsi
« l'aire d'adhésion ». Pour les communes, mais
aussi pour les entreprises et les hommes qui
agissent sur leur territoire, adhérer à ce
projet collectif, c'est s'engager dans une
démarche de cohérence dans la durée.
Engagement en
cohérence avec les orientations négociées dans
la charte : notamment en matière d'urbanisme
(compatibilité de leur document d'urbanisme avec
la charte), de circulation (règles de la charte
encadrant les arrêtés municipaux pour la gestion
des sites sensibles) et de publicité (engagement
de faire réglementer la publicité en
agglomération par les conseils municipaux).
Mais aussi et
surtout, engagement dans une dynamique
collective, sur un projet cohérent, qui valorise
leur identité autour d'un monument naturel
national ; cette dynamique harmonise les
politiques sectorielles impactant leur
territoire, et mobilise prioritairement la
programmation des moyens de l'Etat, des
collectivités publiques et de l'établissement
public du Parc National.
Quels sont les
principes fondamentaux assignés à la charte ?
Les orientations
sont définies pour chaque charte par les acteurs
locaux, dans le document qu'ils établissent
ensemble.
Toutefois, un
ensemble de valeurs à rechercher est défini par
la loi et ses textes d'application :
►
La charte du
parc national exprime un projet de territoire
pour le cœur et l'aire optimale d'adhésion, par
la définition d'orientations et de mesures de
protection, de mise en valeur et de
développement durable, qui visent à protéger un
patrimoine naturel, culturel et paysager
exceptionnel, tout en prenant en compte la
solidarité écologique, économique, culturelle et
sociale entre les espaces protégés du cœur et
les espaces environnants concernés.
►
Pour ce
faire, la charte prend en compte les grands
ensembles écologiques fonctionnels, en
valorisant les usages qui concourent à la
protection des paysages, des habitats naturels,
de la faune et de la flore et du patrimoine
culturel, et à prévenir les impacts négatifs sur
le patrimoine compris dans le cœur du parc. Elle
définit des zones, leur vocation et les
priorités de gestion, en évaluant l’impact de
chaque usage sur le patrimoine.
►
L’aire
d’adhésion, par sa continuité géographique et sa
solidarité écologique avec le coeur, concourt à
la protection du cœur du parc national, tout en
ayant vocation à être un espace exemplaire en
matière de développement durable.
La charte y a
pour objet de maintenir l’interaction
harmonieuse de la nature et de la culture, en
protégeant le paysage et en garantissant le
maintien des formes traditionnelles d’occupation
du sol et de construction, ainsi que
l’expression des faits socioculturels.
La charte a
également pour objet de participer à la
sauvegarde d’équilibres naturels fragiles et
dynamiques compris dans le coeur du parc et
l'aire optimale d'adhésion qui déterminent
notamment pour celle-ci le maintien et
l’amélioration du cadre de vie et des ressources
naturelles.
Quelles sont les
conséquences de l'appartenance d'un territoire
au périmètre optimal du Parc National ?
Une implication
majeure : la possibilité pour la commune
d'adhérer à la charte du Parc National pour ce
territoire
En effet, le
périmètre optimal du Parc National est une
limite d'éligibilité : la non inclusion prive
de la possibilité d'adhérer à la charte.
Bien entendu,
cette possibilité est assortie d'une garantie
pour la commune :
►
d'être
formellement consultée sur le projet de charte
(y compris pour le cœur et notamment pour son
volet réglementaire),
►
d'être
associée à l'élaboration de la charte,
►
de bénéficier
des études et réflexions menées par les
partenaires pour élaborer la charte (le
périmètre optimal du Parc National constitue le
périmètre d'élaboration de la charte).
Une implication
seconde : la facilitation pour la commune d'une
assistance technique de l'établissement public
du Parc National sur ce territoire
L'établissement
public du Parc National peut apporter aux
collectivités territoriales et à leurs
groupements une assistance technique en matière
de préservation des espaces naturels et pour la
réalisation d'aménagements concernant le
patrimoine naturel, culturel et paysager, dans
les conditions dérogatoires accordées aux
D.D.A.F. et D.D.E. pour apporter leur assistance
technique aux collectivités territoriales dans
les domaines relevant des objectifs visés par
l’Etat.
Une autre
implication seconde en l'état actuel de la
réglementation : l'extension à ce territoire des
fonctions de police judiciaire des agents de
l'établissement public du Parc National pour le
droit commun de la police de la nature
: protection de
la faune et de la flore, chasse, pêche en eau
douce, circulation des véhicules dans les
espaces naturels, eau, bruit, air, déchets,
publicité, forêts, réserves naturelles, sites
classés, espaces gérés par le Conservatoire de
l’espace littoral et des rivages lacustres (A
noter qu'une extension d'office de ces
compétences à l'ensemble du territoire des
départements concernés est à l'étude).
Qu'est-ce qui va
changer dans l'aire d'adhésion, par rapport à
l'ancienne zone périphérique ?
Une gestion plus
contractuelle pour une adaptation à la
décentralisation
►
l'appartenance à l'aire d'adhésion est négociée
périodiquement par libre adhésion sur la base
d'un projet concerté de territoire (et non fixée
a priori et de manière pérenne au décret de
création du Parc National ; en revanche, c'est
le décret et non la charte qui délimite le coeur
et le périmètre optimal du Parc National
►
le projet est
conduit de manière concertée sous l'égide du
conseil d'administration de l'établissement
public du Parc National (et non plus par les
administrations sous la responsabilité du
ministre et sous la direction du préfet).
Une légitimité et
des moyens confortés pour une mise en cohérence
effective des politiques publiques autour du
cœur
►
la charte est
un document reconnu à un niveau plus élevé que
l'ancien programme de mise en valeur de la zone
périphérique : elle est approuvée après enquête
publique par décret en Conseil d'Etat, ce qui
lui confère plus de légitimité
►
la charte a
capacité à affecter des vocations aux différents
espaces (zonage)
►
une
obligation générale de cohérence avec la charte
est assignée à l'Etat, à l'établissement public
du Parc National et à l'ensemble des
collectivités intéressées (voir question « En
quoi consiste l'harmonisation des orientations
des politiques publiques et de leurs
programmations financières dans l'aire
d'adhésion ? »)
►
un contrôle
renforcé est institué sur les aménagements les
plus sensibles de nature à affecter de façon
notable le cœur (voir question « En quoi
consiste le contrôle renforcé des aménagements
les plus sensibles dans l'aire d'adhésion ? »).
Le cas
particulier de l'outre-mer
Le Schéma
d'Aménagement Régional « fixe les orientations
fondamentales à moyen terme en matière de
développement durable, de mise en valeur du
territoire et de protection de
l'environnement ». En conséquence,
►
La charte du
Parc National doit être compatible avec le
Schéma d’Aménagement Régional,
►
Les auteurs
de la charte disposent d'options pour une charte
à effets plus limités dans l'aire d'adhésion,
par limitation au cœur, sauf mention contraire
dans la charte :
de
l’obligation de compatibilité faite aux
documents d'urbanisme ;
de
l’obligation d’avis conforme de
l’établissement public du parc national
faite aux aménagements de nature à affecter
le cœur ; pour ceux d’entre eux projetés
dans l’aire d’adhésion, l’établissement
public est consulté pour avis simple.
A signaler
par ailleurs des dispositions particulières en
matière fiscale dans le cœur(voir question
« Quels sont les effets de la charte dans le
cœur ?»).
Le cas
particulier de la Guadeloupe et de La Réunion
En Guadeloupe et
à La Réunion (seuls départements d'outre-mer où
le cœur est composé à plus de 60 % de terrains
relevant du régime forestier), les documents
d’aménagement forestier sont soumis pour avis
conforme à l'établissement public du Parc
National, en tant qu’ils s’appliquent aux
espaces du cœur.
Wilfrid DEMONIO
Environnement Littoral
LE LITTORAL DU NORD
GRANDE-TERRE : QUELLES
PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT ?
Le
territoire de la commune
d’Anse-Bertrand constitue
l’extrémité nord de la
Grande-Terre. Son positionnement
géographique, l’extraordinaire
beauté de sa frange littorale et
ses plaines à perte de vue en
fait un lieu de plus en plus
attractif où divers projets de
développement font régulièrement
l’actualité.
Un paysage encore préservé
Très largement ouvert sur la mer
de Caraïbes à l’ouest et exposé
à la houle de l’océan atlantique
à l’est, le littoral d’Anse-
Bertrand bénéficie de plusieurs
sites emblématiques et
exceptionnels tels que la Pointe
de la Grande - Vigie, le lagon
de Porte d’enfer, les plages de
l’Anse Laborde et de la
Chapelle. Se succèdent ainsi un
linéaire rocheux et des falaises
abruptes qui marquent l’identité
du site, des criques et des
pointes et quelques zones
sableuses. Dans l’arrière – pays
le paysage est essentiellement
composé de grandes étendues de
champs de canne, de cultures
vivrières et de savanes
pâturées.
Deux sentiers de randonnée
permettent de découvrir ces
paysages très contrastés : la
trace des falaises qui depuis
les ruines de la Sucrerie
Mahaudière mène jusqu’à la porte
d’Enfer en longeant les falaises
de 20 à 30 mètres de haut, le
sentier du littoral qui relie la
plage de la Chapelle aux marais
de Port-Louis, présentant ainsi
l’autre facette de la côte nord
constituée de bande de sables,
beach rock et mangrove.
Une biodiversité remarquable
A la richesse des paysages,
viennent s’ajouter la
biodiversité et l’intérêt
écologique de ces lieux. La
forêt de Philipsbourg, encore
appelée Barre de Cadoue
(propriété du conservatoire du
littoral, dernier vestige de
formation xérophile présentant
en abondance des espèces
climaciques ainsi qu’ une partie
des falaises de Grand- Vigie
forment des ZNIEFF en raison
d’une flore et d’une faune
remarquable . Sur des sols très
rudimentaires, quelques espèces
patrimoniales s’installent dont
trois espèces de cactacées et
des orchidées rares. Les
rochers et falaises proches de
Porte d’enfer accueillent
notamment des colonies de
chauves-souris, de sternes,
noddis, paille en queue et
autres oiseaux marins.
Les nouvelles perspectives de
développement économique
Paradoxalement l’attrait
économique et touristique de la
commune est relativement récent.
Les activités agricoles
Cette zone a longtemps souffert
de l’éloignement de
Pointe-à-Pitre et de l’aridité
de son climat. Qualifié de
« pays de solitude » selon les
propos du Frère Fabre, puis
occupée par les derniers indiens
Caraïbes de l’île, le territoire
jugé trop aride est pendant
longtemps délaissé. Puis, se
développe la culture de la canne
à sucre. Après la crise de
l’industrie sucrière et grâce
aux travaux d’irrigation,
plusieurs tentatives de
diversification se succèdent. La
culture du melon semble la plus
développée actuellement et les
melonnières s’étendent sur près
de 430 ha. Remplaçant
progressivement les champs de
cannes elles modifient
notablement le paysage, tendance
qui risque de s’amplifier. A
l’instar de la démarche initiée
par un groupement de planteurs
souhaitant utiliser des terrains
du Conseil Général, une
réflexion d’ensemble s’impose
afin de limiter l’impact
paysager de ces nouvelles
pratiques situées en limite de
hauts sites touristiques. Un
cahier des charges précis sur
les modalités de défrichement,
le maintien de haies végétales
et le respect de certains
corridors écologiques devrait
permettre de réduire les
modifications qui apparaissent
comme une véritable rupture dans
ces plaines littorales.
L’élevage au piquet a également
façonné le paysage avec les
pâturages et les haies à
certains endroits encore
préservés.
Les projets éoliens
Depuis une dizaine d’années, le
développement de l’éolien a
connu un essor dans cette
région. Les fortes potentialités
de ces zones exposées au vent
( gisement éolien) et les atouts
topographiques sont à l’origine
des premières installations
impulsées par une politique
régionale dynamique en matière
d’énergie renouvelable. Or la
contrainte majeure pour
l’implantation d’aérogénérateurs
est sans conteste l’impact
paysager. Longtemps examinées au
cas par cas, les projets se sont
multipliés. Trois fermes sont
déjà implantées et 2 autres ont
été validées par la commission
départementale des sites et des
paysages. La prolifération
incontrôlée de futurs ensembles
éoliens constitue un danger
majeur de mitage de cette zone.
Souhaitons que le schéma
régional des énergies
renouvelable en cours de
réalisation prenne en
considération les fortes
contraintes paysagères et
écologiques du nord Grande-Terre
et permette une exploitation
cohérente et durable du
gisement.
Les activités touristiques
Le littoral d’Anse-Bertrand
quelque peu excentré des grands
pôles touristiques offrent de
nombreux atouts en terme
touristique. Les sites de la
Grande-Vigie et de Porte d’enfer
sont de plus en plus visités. Un
paysage encore préservé mais
fragile, des plages de qualité,
un patrimoine rural et
historique sont autant de
facteurs de développement qui
nécessitent là encore de définir
des orientations « durables »
pour l’évolution du territoire.
Plusieurs projets d’envergures
ont tenté d’impulser une
dynamique touristique (dont
l’ambitieux projet de marina,
ou la plus récente installation
de mobil-home sur la plage de
l’Anse Laborde). Mais, ces
expériences nous démontrent
qu’il est avant tout
indispensable de tenir compte
des contraintes réglementaires
en matière d’urbanisme (afin
d’éviter les « erreurs » de
certaines zones de la
Grande-Terre) et surtout des
contraintes écologiques et
paysagères. Dans ce territoire
encore si marquée par
l’histoire, souhaitons que le
tourisme trouve sa source dans
la culture, les traditions et
les nombreux témoins de notre
passé.
Le projet de la Porte d’enfer
Ce site est essentiellement
recherché pour ses eaux calmes
et ses paysages variés. Le lagon
s’immiscent entre d’imposantes
falaises offre un contraste
entre la vigueur de l’océan et
les eaux limpides. L’aménagement
envisagé par le gestionnaire,
l’ONF, vise à :
- améliorer l’accueil du
public y compris les personnes à
mobilité réduite (label tourisme
et handicap) tout en préservant
le caractère sauvage et
authentique des lieux
- maintenir un précieux
équilibre entre la protection
des milieux, l’accueil du public
et la préservation des paysages.
De nouveaux équipements
permettraient notamment
d’améliorer l’activité de
restauration existante, le
stationnement et la circulation
des visiteurs. Par ailleurs, des
enclos de régénération de la
végétation seront installés.
Ce projet créerait ainsi un pôle
d’animation qui compléterait les
initiatives portées par les
association et autres acteurs
qui œuvrent déjà sur le site de
la Mahaudière récemment
réhabilité. Une mise en réseau
de sites naturels et historiques
du nord Grande-Terre
faciliterait la diversification
des atouts touristiques de
l’ensemble de la communauté des
communes (depuis Port-Louis et
Petit-Canal).
Le projet de classement
Un classement au titre du code
de l’urbanisme ( art L 341-1 à L
341-22, ancienne loi du 2 mai
1930) est en cours
d’instruction. Il a pour objet
de protéger ces paysages
remarquables et de déclencher
des procédures spécifiques pour
toute activité susceptible
d’affecter les lieux.
Ce nouvel outil de protection
répond aux menaces croissantes
sur ce site emblématique. Les
déboisements et défrichements
illicites, les constructions
illégales, la fréquentation
touristique non maîtrisée,
rendent indispensable un
renforcement des mesures de
protection. Cette mesure
permettrait ainsi d’échapper aux
agressions liées aux nouvelles
infrastructures routières, aux
constructions, aux défrichements
abusifs, ...
Le classement interdit donc sauf
autorisation ministérielle toute
modification importante du site.
Les propriétaires privés restent
maîtres de leurs biens mais
doivent respecter ces
restrictions. Par contre les
pratiques agricoles
traditionnelles sont maintenues.
Ce classement est également un
label, une reconnaissance
nationale de l’intérêt
particulier du site qu’il
conviendra d’accompagner d’une
véritable politique de gestion
et de mise en valeur du site.
La valorisation du littoral du
Nord Grande-Terre méritait que
l’on n’ai pas à dire si on
savait ! !
Sa diversité, sa richesse et ses
particularités devenues rares
sur cette partie de notre
archipel imposent une réflexion
d’ensemble et des choix de
développement durable. Que cet
« exercice imposé » en terme
d’aménagement du territoire soit
notre meilleure copie, un
exemple en terme de gestion
intégrée des zones côtières.
Mylène VALENTIN
Littoral et aménagements
QUEL AVENIR POUR LA SAFER DE
GUADELOUPE ?
La
SAFER de Guadeloupe est une
Société Anonyme de droit privé
sans but lucratif.
La SAFER de Guadeloupe,
opérateur foncier, est un acteur
des politiques publiques
territoriales en zone rurale et
périurbaine.
Elle est chargée de missions de
service public et sa gouvernance
est partagée entre l’Etat, les
Collectivités et la profession
agricole.
La SAFER de Guadeloupe doit donc
notamment:
è
s’inscrire dans les volets
fonciers des politiques de
l’Etat et des Collectivités;
è
poursuivre la rétrocession
et la valorisation de son
stock résiduel ;
è
développer des activités et
prestations en rapport avec
ses missions.
Outre les subventions liées aux
actions entreprises dans le
cadre du DOCUP (pour la dernière
programmation) les ressources de
la SAFER de Guadeloupe
proviennent de ses activités
foncières, des travaux
d’aménagement qu’elle réalise et
des opérations annexes (études,
prestations, …).
La mise en œuvre de la réforme
foncière de la Guadeloupe
confiée à la SAFER en 1980 par
les pouvoirs publics a engendré
un recours massif à
l’endettement (notamment pour
l’acquisition des 11 000
hectares) et un accroissement
significatif des charges de
toute nature.
Cependant, la commercialisation
des terres (pour des raisons
multiples) s’est effectuée à un
rythme plus lent que prévu
entraînant un coût élevé de la
gestion temporaire du stock.
C’est ainsi que le coût des
charges de structure a largement
amputé les marges foncières et
donc les capacités de
remboursement de la SAFER de
Guadeloupe.
En outre, le désengagement
progressif des pouvoirs publics
a entraîné la diminution
progressive puis la fin, en
2006, des subventions allouées à
la SAFER de Guadeloupe
notamment pour l’opération
« encadrement et consolidation
des opérations de la Réforme
foncière ».
Aujourd’hui le monde agricole
guadeloupéen est en profonde
mutation.
L’état des lieux fait dans le
cadre de la préparation du
Programme de Développement Rural
2007-2013 (PDR Guadeloupe) fait
ressortir une déprise de
l’espace agricole et une
diminution du nombre
d’agriculteurs.
L’agriculture guadeloupéenne se
structure en interprofessions et
groupements de producteurs qui
assurent l’encadrement et le
suivi des exploitations et, à
regret, il n’y a plus de place
pour l’appui technique
« généraliste » telle que la
SAFER l’avait développé.
Cette Réforme Foncière, outre le
fait qu’elle a largement marqué
le territoire, les hommes et
notre développement agricole,
représentait le cœur de
l’activité SAFER de Guadeloupe
et elle a généré la création de
nombreux emplois.
Nul ne peut nier l’impact de
cette opération majeure dans
tous les domaines d’activité.
Elle a d’ailleurs permis tant au
Département qu’au Conservatoire
de l’Espace Littoral et de
Rivages Lacustres (CELRL) de
faite l’acquisition de
nombreuses parcelles (près de
1 000 hectares) nécessitant une
haute protection
environnementale compte tenu de
leurs caractéristiques tant du
point de vue paysager que
littoral.
Aujourd’hui, notre organisme
doit se restructurer et revoir
tant son organisation, ses
objectifs que ses effectifs.
Les nouveaux cadres financiers (FEADER,
PDR…) assurent de manière très
limitée et très cadrée la prise
en charge des dépenses de
fonctionnement liées aux actions
agricoles et rurales pour la
période 2007-2013.
La SAFER de Guadeloupe a fait
l’inventaire des activités
qu’elle peut maintenir et
développer dans le cadre de son
Programme Pluriannuel d’Activité
2007-2013 (PPAS 2007-2013) et
ce, autour de ses 3 missions
principales :
è
le développement durable de
l’agriculture et de la forêt
en zones rurales comme en
zones périurbaines ;
è
la préservation de
l’environnement et des
paysages ;
è
le développement local et
l’aménagement du territoire.
Les horizons sont loin d’être
dégagés mais la question
foncière reste au cœur de toute
réflexion pouvant être engagée
sur l’aménagement de notre
territoire, à l’heure même où le
Schéma d’Aménagement Régional
(SAR) est en cours de révision.
La SAFER de Guadeloupe, dans ce
contexte, peut et doit encore
jouer un rôle important comme
elle a su le démontrer dans les
années précédentes, mais pour ce
faire, elle doit aussi s’adapter
à son nouvel environnement et
aux nouveaux enjeux.
Marie-Elise DONGAL
Directeur Général
Acteurs du littoral
PRESIDENT DE L'UNIVERSITE DU
LITTORAL DE LA COTE D’OPALE
Guadeloupe Littoral : Monsieur
ANTHONY, bonjour et merci de
vous accorder cette interview.
Quelle est l’histoire de
l’Université du Littoral de la
Côte d’Opale (ULCO)?
Edward ANTHONY :
L’Université du Littoral Côte
d’Opale a été créée en novembre
1991 et a connu sa première
rentrée universitaire en 1992.
C’est une université
multipolaire (Boulogne-sur-Mer,
Calais, Dunkerque et Saint-Omer)
et pluridisciplinaire qui offre
des formations au standard LMD
dans les domaines du Droit,
Sciences Economiques et de
Gestion, Sciences Humaines
Lettres et Langues et Sciences
et Technologies. Aujourd’hui,
elle propose à ses 11 000
étudiants une centaine de
diplômes habilités dans ces
domaines.
Dans le domaine de la recherche,
nous avons volontairement
choisi de travailler sur 3 axes
thématiques développés dans nos
16 laboratoires :
« Environnement, milieux
littoraux et développement
durable », « Mathématiques et
Sciences pour l’ingénieur »,
« Langue, Littérature, Histoire
et Culture ». Nous avons ainsi
une meilleure visibilité au
niveau national et international
Guadeloupe Littoral : Quel
est le lien entre votre
université et le littoral d’une
manière générale ?
Guadeloupe Littoral :
Votre université présente t-elle
des spécificités par rapport à
d’autres. Y dispense t-on des
formations en liaison avec les
activités humaines recensées sur
cette partie du territoire ?
EA : Comme je viens de le
dire, l’axe environnement est
prioritaire et mobilise
aujourd’hui plus des 2/3 de
moyens financiers. En son sein,
nous avons un laboratoire en
océanologie et géosciences, le
LOG, où des chercheurs et
enseignants chercheurs
spécialisés en biologie marine,
océanographie physique,
sédimentologie, chimie
atmosphérique, géomorphologie
effectuent des recherches sur
les écosystèmes littoraux et
côtiers. D’autres laboratoires
travaillent sur la zone
industrialo-portuaire de
dunkerque avec des
problématiques liées à la
pollution ou à l’aménagement du
territoire.
Au niveau de la formation, nous
avons des diplômes liés à notre
localisation géographique et au
tissu économique local avec des
formations en logistique, des
masters en Management portuaire,
en qualité des procédés
agroalimentaires et halieutiques
ou en droit des zones côtières
et de l’environnement littoral
et marin.
Guadeloupe Littoral : quels
sont les différents débouchés
offerts aux diplômés de l’ULCO ?
EA : C’est une vaste
question au regard de nos
effectifs et de nos domaines de
formation. Les débouchés sont
une préoccupation majeure de nos
équipes pédagogiques qui les a
conduites à proposer de
nombreuses formations
professionnalisées : les emplois
se situent alors dans tous les
secteurs de l’économie avec
rapidement des fonctions de
cadre pour ceux qui ont suivi
une formation de master
professionnel.
Guadeloupe Littoral : Votre
université semble pleinement
engagée sur la voie de la
coopération avec d’autres
structures. Dans quel but ?
EA : Dans le domaine de
la recherche, sur nos 16
laboratoires, 3 sont associés au
CNRS.
Nous participons à l’IRENI,
l’Institut de Recherche en
Environnement Industriel, avec
les laboratoires des universités
de Lille 1, Lille 2, l’Artois,
de l’Ecole des Mines de Douai et
le CNRS, qui a pour but
d’effectuer des recherches
concertées et coopératives sur
la qualité de l’air sur la zone
industrialo-portuaire de
Dunkerque.
Nous développons des
partenariats avec des
universités étrangères afin de
favoriser les échanges
d’étudiants et d’enseignants.
Nous sommes également engagés
dans plusieurs programmes
européens : un programme « Tempus »
avec le Maroc dont l’objectif
est le co-développement d’un
diplôme de master « Métiers du
conseil & mise à niveau » et 12
programmes « Interreg » avec la
Grande-Bretagne, la Belgique.
Nous sommes également en
collaboration avec les autres
universités de la région
Nord-Pas de Calais, l’Ecole
Centrale de Lille et l’Ecole des
Mines de Douai afin de
constituer un PRES (Pole de
Recherche et d’Enseignement
Supérieur).
Guadeloupe Littoral :
Collaborez-vous avec le port de
Dunkerque, autre acteur
important du littoral de votre
région ? Et dans quelle mesure ?
EA : Comme je vous le
disais plus haut, nous avons des
formations en logistique de
niveau BAC + 3 à BAC + 5. Les
ports de Calais, Dunkerque et
Boulogne sur mer sont des
acteurs importants du littoral.
Des étudiants de nos formations
s’y rendent en stage.
Dans le domaine de la recherche,
plusieurs laboratoires sont en
lien avec le Port autonome de
Dunkerque pour des études sur la
pollution, la dépollution,
l’aménagement du territoire etc…
Guadeloupe Littoral : Vous
considérez vous comme un acteur
du littoral. Et pourquoi ?
EA : La création de l’ULCO
permet à des jeunes du littoral,
dont les parents ne disposent
pas des ressources financières
suffisantes pour des études à
Lille, Amiens ou Paris, de
recevoir une formation
supérieure. Mais notre rôle ne
se limite pas à la formation des
jeunes. Elle concerne également
les adultes qui, par
l’intermédiaire de notre
organisme de formation continue,
peuvent bénéficier d’une
actualisation de leurs
connaissances ou de formations
diplômantes. Par ailleurs, nous
apportons nos compétences,
savoir-faire et expertise en
matière de recherche aux
entreprises du littoral sous
forme de contrats de recherche
ou de mise à disposition des
plateformes technologiques
comme celle de Boulogne sur mer
spécialisée sur les produits de
la mer. Au regard de cette forte
implication que je viens de
souligner, nous sommes un acteur
socio-économique majeur du
littoral.
Guadeloupe Littoral : Quels
sont vos futurs projets ?
EA : Cette année est
marquée par deux changements
importants : notre nouvelle
organisation dans le cadre de la
Loi sur la Responsabilité des
Universités, dîte loi LRU et la
constitution prochaine du PRES
Lille-Nord de France.
Le conseil d’administration qui
sera prochainement élu se
prononcera sur le moment de la
dévolution des nouvelles
compétences prévues par cette
loi. Parallèlement, le PRES se
mettra en place. Le cadre dans
lequel interviendra l’ULCO sera
connu et nous pourrons
poursuivre sur la voie de
l’excellence tant dans le
domaine de la formation que de
la recherche.
Réveil à 6 h 00. Encore à
traîner, départ difficile vers 7
h 20, il ne fait pas très beau.
Les pieds commencent à être
douloureux, le sac pèse mais le
moral est bon et le but
approche. Ce matin, lourde
décision : Evelyne abandonne à
cause de ses ampoules aux
talons. Sa sortie s’effectuera
par Vernou, et Marc se dévoue
pour l’accompagner, car il n’est
pas question qu’elle y aille
seule. Il nous rejoindra en
début de soirée pour la dernière
étape. Il faut avaler les 16,200
km et les 1246 mètres de
dénivelées. La trace Merwart
doit être parcourue et avec elle
les mornes Moustique et Norès,
puis Bel-Air ou Merwart (11h40)
ainsi que les Trois crêtes, le
piton de Bouillante (15h00),
crête Pigeon, et enfin route de
la Traversée au pied des
Mamelles. Dure journée. Tout le
monde a souffert et le manque
d'eau s'est fait durement
ressentir pour la plupart. La
progression était plus lente, la
fatigue était là. Mais sur le
toit de la Guadeloupe, quelle
splendeur !
Ce même jour, tous purent
admirer l’habileté et le
professionnalisme des pompiers
du GRIMP. Profitant de la
présence de notre groupe sur le
site, et en coordination avec
les organisateurs de la
traversée, ils avaient
programmé, dans le cadre d’un
entraînement, un exercice
d’hélitreuillage au piton de
Bouillante. C'est l’instant
choisi pour leur demander de
ramener une des randonneuses qui
présentait un handicap au
poignet, ce qui ralentissait sa
progression. Ce fut le jour le
plus long.
Les derniers arrivèrent à la
nuit tombée, au refuge du Morne
Léger, où les attendait une
équipe de randonneurs montés
pour passer la nuit et repartir
au matin avec eux. Un clin d’œil
particulier à Pierre et Claudine
nos logisticiens photographes et
à Stéphane Guidevaux qui
accompagna les derniers jusqu’au
refuge, aidé de Frantz Germain.
L'accueil fut chaleureux, ils
prirent en charge les plus
faibles, les encouragèrent,
apportant leur aide. Un
excellent repas, bien différent
de tout ce qui fut avalé ces
derniers jours, a été servi.
Tous se sont endormis avec dans
la tête un air de victoire.
Victoire sur la montagne et les
traces difficiles, victoire sur
soi-même moralement et sur le
physique : apprendre à souffrir
c'est aussi apprendre à se
connaître.
La nuit fut douce et
réparatrice.
Dimanche 18 mars 2007. Quatrième
et dernière étape. L'envolée
vers Sainte-Rose.
Le miracle a lieu, une fois de
plus comme chaque matin : alors
même que l’on croit ne plus
pouvoir poser les pieds sur le
plancher du refuge, la mécanique
se remet en marche. Le réveil
est très gai. Les douleurs et
les raideurs s’estompent très
rapidement après quelques
derniers soins prodigués en
toute convivialité. Toilette
rapide, dernier petit déjeuner,
salutations cordiales avec les
nouveaux arrivés qui se joignent
à nous pour la dernière étape.
Nous apprécions, des forces
vives, un moral tout neuf, un
soutien sans faille. La piste
est longue, il y a encore
quelques sommets pointus, mais
le but n’aura jamais été si
proche et nous sommes
déterminés : il faut vaincre !
6 h 35 : départ pour attaquer
ces 25 km et 1150 mètres de
dénivelées qui nous séparent de
la plage des Amandiers, à
Sainte-Rose ! Le début de la
balade est agréable. Fraîcheur
du matin, sous-bois silencieux,
topographie relativement
« souple » et ambiance bon
enfant. Puis ça se corse, et les
ascensions se succèdent à un
rythme soutenu : morne Jeanneton,
la Contrebandier traversée vers
9 h 50, Mont Pelé, la Couronne,
le Belvédère. Il ne faut pas
traîner, mais nous devons
cependant rester groupés. Nous
commençons à entrevoir une belle
arrivée, on se sent bien malgré
quelques difficultés pour
certains dans les montées. En
revanche, quelle dégringolade
sur certaines pentes ! C’est
devenu un jeu pour ceux-là même
qui appréhendaient avec craintes
les glissades, la boue, les
risques de chute. Etions nous
devenus insensibles, aguerris ?
Ne sentant plus la fatigue,
heureux de notre aisance,
heureux de notre amitié, heureux
de cette formidable cohésion
dans l’effort. Nous éprouvions
comme une jouissance extrême de
cette vie qui traversait nos
muscles, notre cœur, nos
poumons, cette désormais
certitude que nous allions « le
faire », que nous étions en
train de réussir notre
challenge. Et nous sentions nous
pousser des ailes ou des petits
« turbos » à chaque pied.
De superbes vues sur le Grand-Cul-De-Sac,
les côtes de Grande-Terre, la
canopée dense des forêts de la
Basse-Terre nous arrêtent
quelques instants : c’est si
beau !
Mais que l’étape est longue !
Après une course échevelée nous
arrivons à l’orée des bois, dans
les hauteurs de Solitude à 15 h
00. La forêt derrière nous, les
champs de canne en fleurs
devant, la mer et ses îlets du
Grand Cul de Sac marin : c’était
gagné ! Descente groupée, les 9
rescapés des 4 jours plus les 5
venus pour la dernière étape.
Mais dans les champs, surprise,
le sentier est coupé au moment
de traverser la rivière pour
rejoindre Davidon. Il faut
« inventer » un autre passage.
La fatigue aidant, avec le temps
perdu à chercher et contourner,
la cohésion fond un peu.
L’énervement pointe à l’horizon,
les esprits s’échauffant à cause
de la proximité de l’arrivée,
qui se fait cependant désirer.
Nous marchons depuis plus de 10
heures ! Et puis nos guides,
Gérard et Marc trouvent le bon
passage, les copains viennent à
notre rencontre, la joie revient
sur les visages, les cœurs se
radoucissent, l’honneur est
sauf, l’amitié aussi. Encore une
petite demi-heure dans
l’allégresse et c’est l’arrivée
triomphale, en groupe serré,
sous les feux des caméras, à la
plage des Amandiers : il est 17
h 40. Quelle chevauchée ! Près
de 11 h 00 de cavalcade à
travers une montagne
fantastique, une forêt
splendide, des sentiers d’un
état d’entretien exemplaire, un
groupe d’amis désormais bien
soudés.
4 jours sur les crêtes et dans
les ravines, 3 nuits en refuge,
43 h 25 de randonnée cumulées.
Une formidable aventure humaine,
un travail d’équipe, un plaisir
sans limite. Exploit sportif
pour certains, aventure ou
sentiment du travail accompli,
évasion pour d’autres, souvenir
inoubliable pour tous.
Heureux, ils le sont tous, qui
s’exclament à l’arrivée : « On
l’a fait ! », « wè nou rivé
bout ! »
C’était « la chevauchée
fantastique », de Vieux-Fort à
Sainte-Rose, du 15 au18 mars
2007.
Gérrd BERRY
BREVES
GUADELOUPE LITTORAL® : LA PETITE E-LETTRE QUI
MONTE, QUI MONTE !....
De
part le nombre de visiteurs mensuels, plus de
3000 actuellement, nous sommes aujourd'hui très
heureux de constater l'intérêt croissant que
vous portez à notre lettre d'information
Guadeloupe Littoral® et plus généralement
aux nouvelles émanant de notre bord de mer.
Merci de nous lire.
Quelques chiffres :
>
Nombre
visiteurs janvier 2006 : 958
>
Nombre
visiteurs janvier 2008 : 3629
>
Nombre de
numéros : 23
>
Nombre
d'abonnées à la newsletter : 450
JEROME BIGNON ELU
PRESIDENT DU CONSERVATOIRE DU LITTORAL
À l’issue du
Conseil d’administration qui s’est tenu le
mercredi 27 février 2008, Jérôme BIGNON a
été élu Président du Conservatoire National du
Littoral. Il devient ainsi le huitième président
de cet établissement public chargé d’assurer la
protection des espaces naturels des rivages
littoraux. En ouverture du Conseil
d’Administration, Jean-Louis BORLOO, ministre
d’État, ministre de l’Écologie, du Développement
et de l’Aménagement durables a félicité tous les
acteurs du conservatoire du littoral qui œuvrent
au quotidien pour la préservation du patrimoine
écologique des sites, en partenariat avec les
collectivités locales. « C’est le plus grand
musée de France avec plus de 30 millions de
visiteurs par an » s’est réjoui le ministre.
Jean-Louis BORLOO a précisé que « l’objectif
est qu’un tiers des côtes soient protégées
».
DERNIERE MINUTE
SEMINAIRE
Les 50 pas géométriques dans la Caraïbes. Etude
comparative.
Le rapport
établi par l’Université Antilles Guyane et le
Centre Européen de Documentation et d’Etude à
l’initiative de l’Agence des 50 pas géométriques
sera présenté le 29 novembre 2007 à 9 heures
(UFR de Sciences Juridiques et Economiques-Salle
du Conseil), et fait un point d’étape sur le
sujet.