Patrimoine

FORTS ET FORTIFICATIONS

LE FORT JOSEPHINE

ÎLET A CABRIS, TERRE-de-HAUT, LES SAINTES

Incontournable gardien de la superbe Baie des Saintes ou Rade de Terre de Haut, l’îlet à Cabris représente un véritable verrou entre la Passe de la Baleine et la Passe du Pain de Sucre.

En effet, sa Pointe Sable, dirigée vers Tête Rouge et Pain de Sucre, est armée d’un authentique Fort qui joua un rôle déterminant dans la défense de la rade et de l’archipel des Saintes.

Dès 1771 les premières fortifications, sous le nom de Fort « La Reine » s’élevèrent au-dessus des falaises. Forçats et punis militaires exploitèrent une carrière de l’îlet pour utiliser le matériau produit sur place. Une activité pénitentiaire qui se développa sur l’île, jusqu’en 1902. Les Anglais avaient participé à la construction lors de leur occupation en 1809, en construisant notamment la citerne, encore aujourd’hui très bien conservée, alors même qu’ils détruisirent le Fort Napoléon juste en face. Le Fort  s’appelait désormais « Joséphine ».

Rénové par les Français en 1843, il fut utilisé comme prison de femmes avant d’être balayé par le cyclone de 1865, qui fit d’énormes dégâts partout, détruisant partiellement le fort Napoléon en reconstruction.

A cette époque, vers le milieu du XIXè siècle, un lazaret fut construit en contrebas, pour la mise en quarantaine de la main-d’œuvre asiatique destinée à remplacer les esclaves libérés en 1848. C’était aussi une étape avant le bagne de Cayenne pour les forçats au départ de la Guadeloupe, entre 1851 et 1902.

Avec la batterie de Tête Rouge et le fort Napoléon, le Fort Joséphine permettait de tenir les passes d’accès aux îles, protégeant ainsi contre les intrusions ennemies. Et si les canons et bombardes ne sont plus visibles sur l’îlet, c’est probablement qu’ils sont dans l’eau, et pour certains transportés au musée du fort Napoléon.

A partir de 1961, l’îlet à Cabris, cédé à un « investisseur touristique » par bail emphytéotique pour 99 ans, subit les outrages du béton, qui enlaidit aujourd’hui ce havre de paix et de beauté. On y allait même « en boîte de nuit » dans les années 1950-1960. Et un squatter occupe illégalement les lieux depuis quelques temps.

Aujourd’hui le destin du fort et de l’îlet tout entier bascule dans le bon sens : le Département de la Guadeloupe, propriétaire, a accepté de vendre l’îlet au Conservatoire du Littoral, qui va donc désormais le protéger, le réhabiliter, et l’ouvrir au public, en parfait partenariat avec la commune de Terre de Haut et le Conseil Général. Vous pourrez donc visiter cet îlet, sa flore et sa faune, ses édifices historiques, son fort Joséphine, en toute quiétude. Vous y accéderez depuis Terre de Haut, à l’Anse Sous le Vent, point de départ de la balade et plage où il fait bon paresser et se détendre après la visite.

 

Gérard BERRY

 

Du côté de la loi

LE LITTORAL OUTRE-MER : DURA LEX, SED LEX...

Dans un pays de tradition de droit écrit, le littoral n’échappe pas l’empilement législatif et réglementaire. Les principales dispositions concernant le droit du sol figurent dans le code de l’urbanisme aux articles L 146-1 à L 146-9 et, pour ce qui concerne l’outre mer, les spécificités de la situation, encore elles, ont donné naissance aux articles L 156-1 à 156-4.

Petit retour en arrière. Le Code de l’Urbanisme édicte les règles générales d’aménagement et d’urbanisme. Il démarre fort avec les règles générales d’utilisation des sols (Titre I) et poursuit son effort avec les prévisions et les règles d’urbanisme (Titre II). Puis après un crochet par les espaces boisés (Titre III), il fait dans le spécial avec les dispositions particulières à certaines parties du territoire dont Paris et l’Ile de France, la montagne et le littoral.

Il creuse les spécificités qui nous intéressent dans un superbe Titre V intitulé : « Application aux départements d’outremer ». Il conclut cette phase globale par les menaces traditionnelles, intitulées « Sanctions et Servitudes » (Titre VI). Soit dit en passant, il faut rendre hommage à l’auteur de la formule, inspiré de « Grandeur et Servitudes », et qui demeurera à jamais le poète inconnu du ministère de l’époque.

Tous les articles commençant par L 146 et relatifs au littoral sont applicables en Guadeloupe à l’exception des dispositions II et III de l’article L 146-4. Le II de l’article 146-4 met en avant la notion « d’espaces proches du rivage ». Déjà fort controversée en Métropole, l’application de ce concept en Guadeloupe devrait être une source non négligeable de contentieux car, chez nous, quel est l’espace non proche du rivage ? Faisons confiance, le juge répondra.

Le III de l’article 146-4 fait référence à une bande littorale de 100 mètres. En Guadeloupe, l’article L 156-2 la remplace par une bande de 81,20 mètres. Tiens donc. Cette dimension ne vous rappelle rien ? Donc, sur la base de cet article nous pouvons déjà identifier le fait que sur le littoral il existe une zone des 50 pas géométriques, réserve domaniale appartenant à l’Etat et une bande des 50 pas géométriques dont les propriétaires peuvent être divers. Mais ces derniers peuvent-ils disposer à leur guise de leur parcelle ?

Réponse : oui et non. Car, selon le texte de l’article 156-2, « en dehors des espaces urbanisés, les terrains situés dans la bande littorale définie à l'alinéa précédent sont réservés aux installations nécessaires à des services publics, à des activités économiques ou à des équipements collectifs, lorsqu'ils sont liés à l'usage de la mer ».

Passons sur le contentieux classique de la définition de « l’espace urbanisé », et observons que, le logement étant exclu, seuls des bases nautiques, des accès de mise à l’eau, et plus généralement des infrastructures liées à la pêche peuvent bénéficier des dispositions de cet article L 156-2.

Exit, donc, de l’espace littoral les nouveaux hôtels ou résidences hôtelières ? Pas tout à fait, car l’article L 156-4 prévoit lui que : « les secteurs occupés par une urbanisation diffuse peuvent, [..]sous réserve [..] être affectés à des services publics, des équipements collectifs, des commerces, des structures artisanales, des équipements touristiques et hôteliers». Pratique, cette notion d’urbanisation diffuse. Mais les filtres ou les réserves mis en avant par le texte seront-ils capables dans le temps de résister à la pression sur le foncier.

Revenons sur le III de l’article 146-4, non applicable dans les départements d’outremer. Il prévoit à l’alinéa 3 que « le plan local d'urbanisme peut porter la largeur de la bande littorale visée au premier alinéa du présent paragraphe à plus de cent mètres, lorsque des motifs liés à la sensibilité des milieux ou à l'érosion des côtes le justifient ». Rien de tel dans les articles L 156 consacrés à l’outremer. La bande des 50 pas géométriques est figée. Faut-il en déduire que les motifs d’exception prévus en Métropole, notamment l’érosion des cotes, n’existent pas dans les départements d’outremer ? Ne serait-il pas judicieux de permettre aux communes de procéder à cette extension en limitant ledit élargissement ?

L’article L 156-2 contient une curiosité intéressante. Il mentionne que « Les constructions et aménagements sur les pentes proches du littoral sont interdits quand leur implantation porte atteinte au caractère paysager des mornes ». Ouille… Les amateurs de procédure devraient s’en lécher les babines, il faut :

  • définir les « pentes proches du littoral»,

  • préciser si celles-ci sont bien rattachables à un morne (au fait, et la définition juridique du morne ?)

  • et décider d’une atteinte ou non à son caractère paysager (vu de la terre, de la mer, du haut du morne ou du bas, à pied, en avion?).

« L’enfer juridique, lui aussi, est pavé de bonnes intentions ».

L’article L 146-6, sur les protections fortes du patrimoine naturel littoral, est complété dans notre département par les prescriptions de l’article L 156-3. Il est d’application spécifique sur la bande des 50 pas géométriques et détaille les préservations des zones de respiration, servant également de coupures d’urbanisation. La mesure est d’autant mieux appréciable que l’anthropisation ou l’artificialisation anarchique du littoral îlien obérerait une urbanisation raisonnée.

Enfin, pour conclure ce bref survol, l’article L 146-7 alinéa 2, 3 et 4 édicte des contraintes en matière de construction de routes dans l’espace littoral totalement insoutenables en Guadeloupe si la sagesse, ou la prudence, légendaire du législateur n’avait tempéré ces interdictions en précisant que « Toutefois, les dispositions des deuxième, troisième et quatrième alinéas ne s'appliquent pas en cas de contraintes liées à la configuration des lieux ou, le cas échéant, à l'insularité ». La décision est renvoyée à une instance locale : « la commission départementale compétente en matière de nature, de paysage et de sites ».Ouf. Sortie de virage réussie car une bonne partie de tracés des déviations des villes ou des bourgs (Capesterre Belle-Eau, deuxième franchissement de la Rivière Salée, ..) est située à moins de deux kilomètres du rivage, c’est à dire dans la zone interdite en France métropolitaine.

Chacun des articles des textes législatifs ou surtout réglementaires applicables à notre littoral appellerait un développement ou un commentaire. La présentation sommaire qui vient d’être faite n’est qu’un hors-d’œuvre. Nous serons donc conduit à nous revoir.

Pour conclure, pas de bonne dissertation sans citation. Je me plie à la règle :

« Que toute loi soit claire, uniforme et précise : l'interpréter, c'est presque toujours la corrompre. »

VOLTAIRE / Dictionnaire philosophique

 

 

Mr Harry ARNOUX

 

 

PROTECTION ET REGLEMENTS

Pour protéger la zone des 50 pas géométriques (notamment dans les zones naturelles), il existe une réglementation précise et en cas d'infractions constatées des sanctions adaptées pour dissuader les contrevenants. Nous vous présentons ici (suite de l'article réf. n° 15 décembre 2006) les 3 seconds règlements d'une série de 12.

TRAVAUX D’AFFOUILLEMENT ET D’EXHAUSSEMENT DU SOL NON AUTORISES

CARACTERISATION DE L'INFRACTION

  • Exécution de travaux d’affouillement ou d’exhaussement du sol non autorisés par une autorisation d’installations et travaux divers

  • Travaux réalisés en violation des règles du POS ou du PLU ou encore du SMVM valant directive territoriale d’aménagement

 

SANCTIONS

AMENDE : elle est comprise entre 1 200 €uros et  300 000 €uros maximum.

En cas de récidive, outre la peine d'amende un emprisonnement de six mois peut être prononcé.

PEINE COMPLEMENTAIRE : condamnation à la mise en conformité des lieux ou à la réaffectation du sol en vue du rétablissement des lieux dans leur état antérieur sous délais et sous astreinte de 7,5 à 75 €uros par jour de retard.

 

SERVICES HABILITES A INTERVENIR

Tous officiers ou agents de police judiciaire (le maire et leurs adjoints, police, gendarmerie), ainsi que tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme.

ASSERMENTATION : agents commissionnés pour constater les infractions au code de l’urbanisme

DANS LA PRATIQUE : la DDE dresse couramment des PV d’infraction au code de l’urbanisme : contacter la subdivision territoriale de la DDE compétente territorialement.

ARRACHAGE, COUPE, ENLEVEMENT ET MUTILATION D’ARBRES

 

CARACTERISATION DE L’INFRACTION 

  • Arrachage de plants

  • Coupe ou enlèvement d’arbres

  • Mutilation d’arbres

SANCTIONS

  • Arrachage de plants : Contravention de 5ème classe

  • Coupe ou enlèvement d’arbres de 20 cm de tour et plus : Amende de 45 000 €

  • Coupe ou enlèvement d’arbres de moins de 20 cm de tour : contravention de 5ème classe

  • Mutilation d’arbres : même sanction que la coupe ou enlèvement

  • Confiscation des instruments et outils

OBSERVATIONS

Les broussailles sont à considérer comme des zones boisées.

Service (s) habilité (s) à intervenir :

NOM : Office National des Forêts (ONF)

ADRESSE : Jardin Botanique – Circonvallation –

B.P. 648 97109 BASSE-TERRE CEDEX

RESPONSABLE  (NOM – Prénom, qualité) :

CHAMPAGNE Pierre, Directeur Régional

VALENTIN Mylène, Directeur Adjoint

Commissionnement au titre des Eaux et Forêts

Corps d’agents assermentés pouvant intervenir :

  • Gendarmes

  • Ingénieurs, Techniciens et Agents de l’Etat chargés des forêts,

  • Ingénieurs, Techniciens et Agents de l’Office National des Forêts,

  • Gardes-champêtres, dans leur zone de compétence

  • Gardes de l’Office National de la Chasse hors F.D.L. (relevant du régime forestier) : Les gardes de l’O.N.C. peuvent constater les infractions au Code Forestier hors terrains relevant du Régime Forestier

 

EXTRACTION DE MATERIAUX

 

CARACTERISATION DE L’INFRACTION

Extraction de matériaux : sable, roches, terre en zones boisées

SANCTIONS

1/100ème du maximum de l’amende prévue pour les contraventions de 5ème classe par m3 extrait sans pouvoir dépasser le montant maximum prévu pour les contraventions de 5ème classe.

OBSERVATIONS :

Les broussailles sont à considérer comme des zones boisées.

 

 

 

Service (s) habilité (s) à intervenir :

NOM : Office National des Forêts (ONF)

ADRESSE : Jardin Botanique – Circonvallation –

B.P. 648 97109 BASSE-TERRE CEDEX

RESPONSABLE  (NOM – Prénom, qualité) :

CHAMPAGNE Pierre, Directeur Régional

VALENTIN Mylène, Directeur Adjoint

Commissionnement au titre des Eaux et Forêts

Corps d’agents assermentés pouvant intervenir :

  • Gendarmes

  • Ingénieurs, Techniciens et Agents de l’Etat chargés des forêts,

  • Ingénieurs, Techniciens et Agents de l’Office National des Forêts,

  • Gardes-champêtres, dans leur zone de compétence

  • Gardes de l’Office National de la Chasse hors F.D.L. (relevant du régime forestier) : Les gardes de l’O.N.C. peuvent constater les infractions au Code Forestier hors terrains relevant du Régime Forestier

Mr Régis RUBIEN

 

 

 Environnement Littoral

ALEAS CLIMATIQUES

DEAN, DEUX MOIS APRES : LE LITTORAL CONVALESCENT

Deux mois après le passage de Dean, il importait de faire un point sur les dégâts occasionnés ainsi que les réalisations opérées par les différents acteurs.

L’ouragan a endommagé une grande partie du littoral guadeloupéen. L’ONF qui gère 258 km de ces espaces (forêt domaniale  du littoral ou 50 pas affectés au conservatoire du littoral) a été sollicité d’une part, afin évaluer les dégâts et, d’autre part, proposer des solutions aux différents maîtres d’ouvrages et gestionnaires (Conservatoire du Littoral, Conseil Général, etc).

Un lourd bilan

Sur ces sites, la forte houle a érodé les zones de sables émergées,  les réduisant  à néant sur certaines plages ou provoquant des déchaussements de la végétation d’arrière-plage.

Les aménagements d’accueil ont été également touchés à des degrés variables. Entièrement détruits sur la plage des Salines (1), commune du Gosier, ils ont en partie été détériorées sur l’ensemble des zones littoral du sud de l’archipel en particulier. Toutefois, il faut souligner qu’aucun site n’a été rendu complètement inhospitalier.

Pour réhabiliter les différentes sites, il a fallu procéder à une mise en sécurité par traitement des arbres dangereux (branches encrouées, arbres déchaussées…) ou signaler les zones rendues dangereuses suite au creusement du littoral (voir dernière image), comme à l’extrémité de la plage de Saint- Félix et de l’anse Dumont (commune du Gosier).

Une expertise a été réalisée afin de définir les travaux sécuritaires d’urgence à engager pour rendre le littoral accessible dans les meilleurs délais. Cette démarche s’est déroulée en 3  phases :

  • définir les actions de première urgence sur les sites d’accueil et sécuriser les sites accessibles aux visiteurs (nettoyage, élagage, mise en place d’une signalétique informative) ;

  • sécuriser les sentiers de randonnées ;

  • mettre en œuvre un plan d’actions pour la restauration touristique et écologique des sites littoraux. ;

Pour ce qui concerne les aménagements touristiques l’objectif est de restaurer le niveau d’équipement initial pour le début de l’année 2008.

Une restauration écologique sera par ailleurs mise en œuvre dans les zones à forte sensibilité environnementale (site de ponte de tortue marine par exemple).

Il importe d’observer les évolutions naturelles et d’évaluer les capacités de résilience des écosystèmes avant d’envisager tout travaux dans les espaces naturels. Le principe adopté par l’ensemble des partenaires : éviter les interventions lourdes et prématurées qui à terme peuvent s’avérer désastreuses. A titre d’exemple, nul besoin de remettre du sable sur l’ensemble des plages car les milieux restés naturels suivent un processus de réengraissement naturel.

Le passage de ce phénomène cyclonique doit par ailleurs nous permettre de souligner les précautions d’usage qui devraient guider nos aménagements sur le littoral. Outre les actions urgentes de mise en sécurité, l’expérience passée des précédents cyclones nous impose une réflexion globale dans nos choix d’intervention qui devront mettre en œuvre des solutions durables,. A ce titre, l’étude technique sur l’aménagement des plages sites de ponte des tortues marines présente un ensemble d’orientations et de propositions pour réaliser des aménagements respectueux des écosystèmes littoraux conciliant à la fois préservation, voire restauration de milieux dégradés et accueil du public.

Dean : une opportunité ?

La nature nous démontre qu’elle sait utiliser et tirer profit de ces perturbations, en s’adaptant et en se régénérant. Souhaitons que Dean soit une opportunité pour remettre en cause notre politique d’aménagement du territoire, redéfinir  nos orientations et méthodes d’occupation et de valorisation du littoral. Enfin, Dean nous rappelle l’absolue nécessité de préserver un cordon littoral boisé remplissant toute ses fonctions de protection des berges et de stabilisation des sols. Les forêts humides du littoral et les autres formations forestières souvent mises à mal par l’urbanisation et les infrastructures touristiques restent notre meilleur système de protection contre ces phénomènes de plus en plus fréquents.

Le littoral, en plus d’être une vitrine joue le rôle de bouclier dans la mesure où il permet de contenir les éléments déchaînés. Comme le dit l’adage populaire « Quand il y a la guerre, ce n'est pas un seul guerrier qui porte le bouclier ».

LE BILAN DE LA PLAGE DES SALINES (GOSIER)

 

Le parking et la plage sont entièrement recouverts d’algues et d’herbes

 

 

La barrière posée en 2006 a disparu et les blocs de roche ont bougé


Le panneau d’accueil de site ainsi que le panneau directionnel indiquant le sentier ont été arrachés et déposés plus loin en bordure de mangrove

 

Une quinzaine d’arbres déracinés jonchent la plage

 

Les bases des carbets (scellés dans le béton) sont hors du sable, une table banc a été arrachée et déposée plus loin.
 

 

Les enclos de régénération ont également été arrachés et emportés

creusement du littoral

 

Gérard BERRY

 

 

Littoral et aménagements

RISQUES

 

APPRENDRE DES CATASTROPHES POUR UNE GESTION INTEGREE DU LITTORAL

Un numéro spécial de la revue Ecological Economics, publié en août 2007 et coordonné par R. Costanza et J. Farley, est dédié à la question des catastrophes côtières et met en avant la nécessité de considérer le capital naturel, autant que les capitaux économique, social et humain, pour la gestion de nos littoraux. Le programme « Gestion du littoral (LITEAU) » du MEDAD partage cette approche et un colloque se déroulera en avril 2008 pour permettre aux gestionnaires et scientifiques de faire le point des connaissances et des pratiques développées et à approfondir pour la gestion du littoral.

Les catastrophes côtières sont de plus en plus fréquentes et leurs conséquences dramatiques en terme de pertes de vies humaines, de destructions d’infrastructures et de dommages écologiques. Les « forces de la nature » sont considérées comme les causes immédiates de ces désastres mais les décisions humaines contribuent largement à aggraver l’impact de ces catastrophes en autorisant par exemple l’implantation d’activités humaines dans des zones exposées aux risques. R. Costanza et J. Farley citent l’exemple du tsunami qui a frappé l’Asie du Sud-Est en décembre 2004. Parmi les régions ayant le plus souffert du raz-de-marée se trouvent celles caractérisées par une augmentation rapide de la densité de population côtière et une dégradation accélérée des écosystèmes côtiers (notamment des mangroves et des récifs coralliens). Les écosystèmes côtiers contribueraient pour 77% à la valeur globale des services écosystémiques, les zones littorales constituent donc un capital naturel exceptionnel. Elles concentrent également 41 % de la population mondiale et 20 des 33 plus grandes agglomérations mondiales. Avec une telle concentration de capital naturel, humain, social et économique, les zones côtières ont un rôle de premier ordre dans le développement durable. L’augmentation des dommages qui les affectent est d’autant plus lourde de conséquences. Les auteurs pointent également la nécessité de disposer de connaissances scientifiques appropriées : "dans les systèmes humains du littoral, la connaissance scientifique, le consensus créatif et les décisions argumentées scientifiquement et résultant d'une approche intégrée constituent les éléments clés pour atteindre l’efficacité économique, l’équité sociale et, à terme, la durabilité écologique". La gestion durable du littoral s’inscrit effectivement dans des systèmes de gouvernance marqués par une complexité des interactions entre nature et société, une grande diversité d’acteurs et un éclatement des compétences de gestion, des controverses sur le diagnostic préalable à l’action, dans un contexte de décision dans l'incertitude. Gérer de façon durable le littoral implique à la fois une volonté politique de planification et d’intégration, et le recours à des techniques innovantes de gestion des ressources et des milieux. Se pose alors la question des innovations techniques (ingénierie écologique, nouvelles technologies), sociales (nouveaux comportements et apprentissages) et politiques (nouveaux types de démocratie) à intégrer dans une gestion principalement sectorielle. L’idéal voudrait que les systèmes de gouvernance et les processus de décision collectifs puissent intégrer régulièrement les connaissances et innovations produites. C’est justement l’objectif du programme LITEAU piloté par le Service de la Recherche du MEDAD. En avril 2008 se tiendra le colloque du programme qui permettra de faire le point sur les projets en cours ou achevés et de faciliter le dialogue et les partages d’expériences entre scientifiques et gestionnaires.

Principale référence : R. COSTANZA and J. FARLEY (Eds.), Ecological Economics of Coastal Disasters, August 2007, vol. 63, pp. 249636

Pour en savoir plus : http://www.liteau.ecologie.gouv.fr

Contact : xavier.lafon@ecologie.gouv.fr

Source : La lettre du service de la recherche et de la prospective du ministère de l'écologie, de l'aménagement et du développement durables, n° 16, décembre 2007.

 

 

Philippe Prochàzka

 

 Acteurs du littoral

LE COMITE DE PÊCHE DE GUADELOUPE

CHARADE

L'ACTEUR MYSTERE DU LITTORAL : PLEINEMENT ACTEUR

Une fois n’est pas coutume, l’acteur du littoral de ce bimestre ne sera pas dévoilé… tout de suite.

En effet, celui dont nous allons parler aujourd’hui peut difficilement être défini par son identité. Il est protéiforme et multiple.

Pour mieux le cerner, à défaut de pouvoir le saisir, il vaut mieux décrire ses actions ou ses… absences. Comme une devinette ou, alors une charade.

Va pour la charade ?

Mon  premier édifie des bâtiments sur le littoral. Il ne tient pas forcément compte des règles d’urbanismes, de la nécessité d’un aménagement durable et d’un minimum de contraintes. Il fait ce dont il a besoin, quand il en a besoin. C’est un hédoniste voire un jouisseur poussé par la nécessité et l’assouvissement des besoins primaires (se loger, manger, boire, etc).

Mon second consomme du littoral. Il s’y promène, en bande ou solitairement. Les aménagements d’autrui sur le littoral sont à son attention et dans son intérêt. Les fronts de mer avec le romantisme qui s’y attache, les découvertes, les sentiers littoraux, le tourisme sur le littoral, et toute une liste dont je ferais grâce au lecteur, sont autant d’opportunités d’assouvir ses besoins de  consommateur. En somme, je me répète mais c’est un con…sommateur !

Paradoxe des paradoxes, mon troisième est prompt à prendre la défense du littoral et à dénoncer les atteintes qui pourraient ou qui lui ont été faites. En Guadeloupe,  il dénonce le projet de l’Anse Dumont. En Martinique, il se pose en défenseur irréductible de Genipa. C’est le bien de tous. Il faut le protéger pour les générations futures et contre tous ces fous, con…sommateurs inconscients, capables de toutes les inconséquences avec leur hédonisme effréné. « Halte là » ! dit mon troisième. C’est un protecteur, noble et sans compromis. 

Mon quatrième a le pied marin. Pour lui, le littoral est un site de hallage, un point de départ ou un lieu de vente. Il l’utilise fréquemment, y met souvent le pied (sans le fouler au pied, nuance…), le regarde régulièrement mais… finit par ne plus le voir !!! C’est peut-être un professionnel. Il bosse. Le littoral est un outil de travail. Ni plus, ni moins. Ou alors c’est un spécialiste des RTT : carpe diem est son maître-mot.

Enfin, mon tout est notre acteur.

Vous avez trouvé ?

C’est pas facile, hein ? Je sais. Ce n’est pas un acteur aisément identifiable à première vue. Et pourtant vous le croisez tous les jours.

Un dernier indice ?

OK. « Barbara ».

Rappelez-vous. Elle chantait ma plus belle histoire d’amour c’est… vous !

L’acteur du littoral c’est vous… et moi.

Tous les jours, chacun par ses actes, ses décisions, ses réflexions a un impact sur le littoral. Comme résident (mon premier), pour ses loisirs (mon second), comme amoureux de la nature (mon troisième) ou comme pêcheur ou marin (mon quatrième).

Il en existe d’autres. Vous les reconnaîtrez sans soucis car vous les connaissez peut-être mieux que quiconque.

Mais, comme Barbara, le littoral pourrait vous dire : « Du plus loin qu'il m'en souvienne,
Si depuis, j'ai dit "je t'aime", Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ». Vous et même  nous qui agissons au quotidien, cautionnons ou pas les actes des autres, sommes les premiers acteurs du littoral.

Nous sommes acteurs quand il s’agit de réaménager le littoral pour corriger les erreurs du passé. Nous sommes encore acteurs quand il s’agit de profiter du littoral et de ses bienfaits. Nous sommes acteurs quand il s’agit de le protéger de ce qui nous semble constituer pour lui un danger. Nous sommes aussi acteur quand le littoral n’est plus qu’une décharge facile et opportune.

Des acteurs qui s’ignorent peut-être, mais des acteurs.

Je terminerais sur ces mêmes mots de Barbara : « Le vent de décembre,
Me gelait au cou, Qu'importait décembre, Si c'était pour vous ».

C’est décembre. Certains profiteront peut-être du littoral au travers d’un beau restaurant délicatement posé sur le rivage, ou alors par des activités nautiques. Ou par d’autres biais.

Qu’ils se rappellent seulement qu’ils sont acteurs. Même en ne faisant rien. Car ne rien faire, c’est faire quelque chose.

 

Rony Saint-Charles

 RAPPORT

BILAN DE LA LOI LITTORAL : REMISE DU RAPPORT AU PARLEMENT

Le Gouvernement a déposé, début octobre devant le Parlement, un rapport sur l’application de la loi Littoral et sur les mesures spécifiques prises en faveur du littoral. Ce bilan, fruit d'un travail interministériel coordonné par la Diact avec l'appui du Secrétariat général de la mer, a été établi en concertation avec le Conseil national du littoral (CNL).  Il a fait l'objet d'une communication de Nathalie Kosciusko-Morizet en Conseil des ministres le 11 octobre 2007. Il insiste tout particulièrement sur l’importance des changements qui ont affecté les espaces littoraux.

Sources DIACT

Télécharger le Bilan de la Loi Littoral

 

 Brève

Passage de l’ouragan Dean en Guadeloupe et Martinique : les éoliennes démontrent une nouvelle fois leur efficacité

Le 16 août 2007, à l’approche du cyclone DEAN, VERGNET SA, au travers de sa filialeVERGNET CARAIBES, a procédé en 14 heures à l’abaissement en position de sécurité des 216 éoliennes qui constituent les 15 parcs en activité en Guadeloupe, en Martinique et à Cuba. Il s’agissait de la 21ième manœuvre de protection anticyclonique réalisée avec succès par le Groupe depuis 1993. Aucun dégât matériel n’a été constaté sur les éoliennes lors du passage de ce violent cyclone qui a provoqué de nombreux dégâts matériels et la mise hors service de plus de 50% de la distribution électrique de la Martinique. Les machines sont progressivement remises en production depuis lundi 20 août. La gamme d’éoliennes VERGNET, basée sur des technologies propriétaires, s’impose une nouvelle fois comme la seule solution adaptée aux régions cycloniques. Par ailleurs, la forte implication des populations voisines des centrales dans l’installation et la maintenance des parcs éoliens permet d’assurer une réactivité optimale en cas d’alerte météorologique et confirme l’efficacité du modèle de gestion mis en œuvre par le groupe VERGNET.

 

 
 

 DERNIERE MINUTE

 SEMINAIRE

Les 50 pas géométriques dans la Caraïbes. Etude comparative.

Le rapport établi par l’Université Antilles Guyane et le Centre Européen de Documentation et d’Etude à l’initiative de l’Agence des 50 pas géométriques sera présenté le 29 novembre 2007 à 9 heures (UFR de Sciences Juridiques et Economiques-Salle du Conseil), et fait un point d’étape sur le sujet.

Consulter l'étude

 

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