Patrimoine

FORTS ET FORTIFICATIONS

LE FORT L’OLIVE : UN PETIT FORT CHARGE D’HISTOIRE (suite)

 Apres notre article précédent, le général BOURGEOIS connaisseur du Vieux-Fort-l’Olive nous a communique une description plus détaillée encore de ce fort. Pour le plus grand bonheur de nos lecteurs.

C’est en 1635 que les premiers français s’installèrent en Guadeloupe sous la conduite de Liénart de l’Olive associé à Duplessis. Ils prirent pied dans un premier temps au Nord de la Basse-Terre à proximité de la Pointe Allègre dans l’Anse du Vieux-Fort. Mesurant rapidement l’extrême difficulté à assurer la défense de cette région face à un ennemi arrivant par voie de mer, ils abandonnèrent définitivement cet emplacement pour se fixer au Sud de l’île près de l’actuel bourg de Vieux-Fort.

Le premier fort, construit en bois et protégé par des palissades faites de rondins, était vraisemblablement installé dans le quartier de Mazarin au pied des Monts Caraïbes. C’est à la fin du dix-septième siècle et après le départ du successeur de l’Olive à Basse-Terre que débitera la construction en dur de cet ouvrage à son actuel emplacement. Prévu pour assure la défense de a parie Sud de la rade de Basse-Terre, ce petit fort est conçu en redoute avec une batterie haute accolée à la zone-vie ainsi qu’une batterie basse à proximité de la pointe Sud où fut érigé en 1954 le phare de Vieux-fort. La nécessité pour les bateaux, qui naviguaient évidemment à la voile, d’approcher cette pointe du vieux-fort afin de se mettre en rade de Basse-Terre rend ces batteries des plus intéressantes. En effet, le fort, armé dès 1767 de six canons dans sa batterie basse et de quatre canons de vingt-quatre pouces ainsi que deux mortiers de douze pouces dans sa batterie haute, gênait considérablement le passage des vaisseaux en les contraignant, alors qu’ils venaient du canal des Saintes, à s’éloigner de la pointe. Entraînés de la sorte par les courants et les vents contraires, ils étaient obligés de louvoyer pour entrer dans la rade. Les canons du fort Delgrès avaient dès lors tout le loisir de les tirer, notamment au moment où, changeant de bord, leur vitesse défilement s’annulait. Le vieux-fort avait également un important rôle de vigie vis-à-vis du Sud, rôle qu’il remplit parfaitement lors de l’attaque anglaise de 1703, comme la rappelle le père Jean-Baptiste LABAT dans son ouvrage intitulé « Voyage aux Isles ».

Lorsqu’on est un peu familier de l’architecture militaire, on reconnaît assez facilement au Vieux-Fort-l’Olive l’ordonnancement des redoutes de cette époque : accès difficile, escarpements, poterne avec armoiries, chemins de ronde, chicanes, meurtrières pour les mousquets, créneaux pour les canons. Pour la petite histoire, il faut savoir que le dispositif de défense des côtes de la Base-Terre comportait deux autres batteries situées sur la commune de Vieux-Fort et aujourd’hui disparues : la batteries des trois-Pointes, dont la maison Juvénal Frédéric constitue un incontestable témoignage, et la batterie « Ricolet ». Seuls les noms de lieux encore utilisés permettent de penser que cette dernière devait être installés à cheval entre les actuels quartiers de la « Batterie » et de « Rigolette » (déformation de « Ricolet »).

Le Vieux-Fort-l’Olive était armé et occupé au dix-huitième siècle et pendant une bonne partie du dix-neuvième siècle. En 1730, la garnison comptait quatre-vingt  douze hommes répartis de la façon suivante : un capitaine, un lieutenant, une sous-lieutenant, deux sous-officiers et quatre-vingt sept hommes de troupe. La zone vie établie près de la batterie haute comportait un bâtiment-logement des officiers, le logement des hommes de troupe, une infirmerie et un hôpital, une cuisine, et une boulangerie, une poudrière aux murs inattaquable et une citerne. Plusieurs bâtiments subsistent en fort bon état, notamment le logement des officiers, la poudrière et la citerne. C’est à partir de 1880, époque, où commençait dans les îles une importante réduction des effectifs militaires, que le Vieux-Fort-l’Olive est progressivement désaffecté. Comme nombre de casernements de Guadeloupe, il fut définitivement abandonné par l’Armée et concédé au service local qui y installait un poste de douaniers.

Après la seconde guerre mondiale, le poste de douanes disparaissait et le fort passait sous le contrôle de la commune et devenait pendant quelque temps le logement du secrétaire de mairie.

Depuis quelque années, un centre de broderie géré par la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Basse-Terre occupe la batterie haute du Vieux-Fort-l’Olive.

 

 

Général BOURGEOIS

 

Du côté de la loi

L’EVOLUTION : UNE LOI QUI S’APPLIQUE AUX LOIS

Les lois, c’est à dire l’ensemble des règles qu’une société se donne pour fonctionner, doivent évoluer mais selon des rythmes divers correspondant à des moments d’opportunité. L’opportunité à des visages multiples et s’appuie sur des constats, allant de la transformation des mœurs au progrès des techniques.

 

La loi 96-1241 du 30 décembre 1996 sur les 50 pas géométriques n’échappe pas à ce précepte. Sa mise en application a révélé quelques lacunes qu’il conviendra sans doute d’éliminer afin de faciliter l’atteinte de ses objectifs, à savoir la régularisation de la situation juridique des occupants sans titre et la rectification ou la normalisation de la structure urbaine de quartiers construits de façon spontanée.

Il faut tenir compte des risques…

Une insuffisance assez particulière de la loi que je souhaite évoquer est directement liée à notre climat et notre position géographique sur l’échiquier tectonique.

Ainsi, notre régime météorologique nous conduit-il à subir des saisons cycloniques dont l’aléa, c’est à dire l’ouragan, est accompagné d’effets secondaires, comme la houle, la marée de tempête ou les glissements de terrain. Notre situation géographique explique que la partie émergée que nous occupons soit soumise à des séismes quotidiens dont nous ne ressentons qu’une infime partie.

Les évolutions techniques et l’accumulation de l’expérience ont permis de prendre en compte la possibilité et la nécessité de sauvegarder les vies humaines, mais aussi les intérêts économiques ainsi que la judiciarisation progressive d’une société qui refuse la fatalité.

La traduction de ces avancées s’est formalisée dans les Plans de Prévention des Risques (PPR)La carte des aléas de ces PPR, établie par les services de la Direction Départementale de l’Equipement, identifie les zones de risques et le règlement qui l’accompagne, que le Préfet actera au même titre que la cartographie, prescrit des mesures administratives destinées à parer ou à répondre aux dangers.

…des gens…

Au nom du principe de précaution que matérialisent ces PPR, les parcelles des 50 pas géométriques situées dans des zones de risques forts ne seront pas cédées par l’Etat aux particuliers occupant les terrains exposés. Ces résidents seront avertis du danger et il leur sera conseillé de trouver un autre lieu. En cas de danger forts et immédiats, ils peuvent même être expropriés et dédommagés. Par ailleurs, en cas de destruction de la construction aucun permis de construire ne sera délivré ultérieurement.

…mais aussi des bâtiments !!

Le PPR vise donc les impacts directs des aléas mais n’est pas destiné, heureusement, à prendre en compte tous ses dommages collatéraux.

Ainsi, par exemple, il est possible qu’une construction à usage d’habitation principale implantée sur une parcelle des 50 pas géométriques non comprise dans un périmètre de danger vienne à être détruite par la chute d’un pylône ou d’un arbre à la suite d’un cyclone.

En l’état actuel de la loi 96-1241 sur les 50 pas géométriques, et en cas de sa stricte application, cette maison ne pourra être reconstruite et la parcelle ne pourra être cédée par l’Etat.

En effet, l’article L.5112-6 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques, instaurés par la loi n°96-1241 stipule que « les terrains situés dans les espaces urbains et les secteurs occupés par une urbanisation diffuse, délimités conformément aux articles L.5112.1 et L ;5112.2, peuvent être déclassé aux fins de cession à titre onéreux aux occupants qui y ont  édifiés ou fait édifier avant le 1er janvier 1995, ou à leurs ayant-droit, des constructions à usage d’habitation qu’elles occupent à titre principal ou qu’elles donnent à bail en vue d’une occupation principale ».

Une lecture draconienne de cet article signifie que la régularisation d’une parcelle située sur les 50 pas géométriques n’est possible que si la dite-parcelle supporte, lors du dépôt du dossier, une résidence principale. Une construction irrégulière située sur la bande des 50 pas et qui viendrait à brûler, à être emporté par une houle (malintentionnée, forcément) ou toute autre catastrophe naturelle que l’on ne souhaite pas, ne pourrait être reconstruite.

Pourquoi ? mais parce que pour obtenir un permis de construire, il convient d’être propriétaire du foncier ou de disposer d’une autorisation du propriétaire du terrain. Pour acheter la parcelle, il faut, selon la loi, qu’elle supporte une maison habitée. La maison étant détruite ou inhabitable, ce n’est plus le cas.

En somme, le résident ne peut habiter dans une demeure endommagée, mais il ne peut faire les travaux qui lui permettrait d’y résider faute de permis de construire. Il ne peut acquérir le terrain, ce qui lui permettrait d’obtenir le permis de construire, puisqu’il ne réside pas sur place. C’est Ubu car le chat se mord la queue. Et ça fait mal. Très mal.

Fort de ce constat, deux conclusions s’imposent :

  • d’une part, afin d’éviter des contorsions réglementaires certes louables dans leurs intentions car elles viseraient à dénouer une situation ubuesque, il faut modifier la loi.

  • d’autre part, en attendant cette rectification; il vaut mieux déposer un dossier de demande d’achat avant la catastrophe…

Tout est dit. A bon entendeur…

Harry ARNOUX

 

 Environnement Littoral

SAUVEGARDE

 

LES ILETS DE L’ARCHIPEL SONT-ILS MENACES ?

L’archipel de la Guadeloupe compte une dizaine d’îlets inhabitées qui font son charme et son authenticité. Certains, tels que les îlets de Petite-Terre ou de Fajou par exemple, font l’objet d’une protection forte qui a pour but de préserver leur biodiversité et leur paysages pittoresques.

Un exemple : l’îlet CARET

 

D’autres, comme l’îlet Caret représentent de véritables pôles d’attraction pour des activités de loisir et de tourisme, et peuvent être considérés comme des sites « alternatifs », limitant l’impact de la fréquentation sur les espaces plus fragiles ou plus riches. 

Néanmoins, est-ce une raison pour tout accepter ?

A l’heure du développement durable et de la mise en place du Grenelle de l’environnement, l’approche que nous avons de nos espaces naturels devrait être en tout temps et en tout lieu cohérent et respectueux ! !

Certes, des réglementations plus strictes et surtout la présence d’un personnel surveillant limitent les dérives dans les réserves naturelles et autres sites protégés. Mais l’objectif  premier  d’une gestion durable de tous les espaces naturels est basée sur la sensibilisation, l’information et la communication avec des messages généraux et transversaux. Si nous sommes convaincus de la nécessité de protéger, respecter et gérer, notre comportement est constant quel que soit le lieu et les contraintes qui s’y rattachent.

La fréquentation : l’ennemi de la végétation ?

L’îlet Caret, petit îlot de milliers de mètres carrés était il y a à peine 20 ans recouvert d’une végétation touffue. Certes, les différents phénomènes cycloniques, dont Hugo, ont eu un impact non négligeable sur la végétation et ont accentué la dynamique naturelle de l’érosion. Mais la fréquentation touristique croissante et autres manifestations qui peuvent paraître démesurées ne favorisent pas le maintien de la végétation  terrestre et marine qui pourrait freiner ces transformations.

L’îlet Caret avait déjà fait l’objet de travaux de sauvetages. Le Conseil Général a initié une étude en 2003. Plus récemment, le Conseil Régional a réalisé une première phase de travaux qui consistait à réparer les dispositifs de retenue du sable (pour un montant de 100 000€).

La question mérite d’être posée : toutes ces bonnes volontés suffiront–elles à sauver l’îlet Caret aujourd’hui ou un autre îlet demain, si elles ne sont pas accompagnées d’une bonne dose de cohérence de nos décisions et de prise de conscience des véritables enjeux environnementaux.

Les digues, les replantations (avec, nous pouvons l’espérer, des essences adaptées), les nouveaux  équipements seront-ils efficaces et durables si en une journée, 2500 ou 3000 personnes dans le cadre d’une manifestation sportive ou touristique (une beach party par exemple) piétinent, raclent et arrachent la végétation, les herbiers et autres substrats ?

Il importe de réfléchir au plus vite à des solutions pérennes  permettant de réguler la fréquentation  sur les îlets (avec les professionnels du tourisme en particulier), de protéger physiquement les zones en cours de régénération (enclos, mouillages,...) et surtout de sensibiliser le visiteur pour que notre « consommation » d’un espace naturel soit assortie d’un contrat de longue durée d’utilisation et de satisfaction.

A suivre ...

Mylène VALENTIN

 Environnement Littoral suite

ALEAS CLIMATIQUES

DEAN, DEUX MOIS APRES : LE LITTORAL CONVALESCENT

Deux mois après le passage de Dean, il importait de faire un point sur les dégâts occasionnés ainsi que les réalisations opérées par les différents acteurs.

L’ouragan a endommagé une grande partie du littoral guadeloupéen. L’ONF qui gère 258 km de ces espaces (forêt domaniale  du littoral ou 50 pas affectés au conservatoire du littoral) a été sollicité d’une part, afin évaluer les dégâts et, d’autre part, proposer des solutions aux différents maîtres d’ouvrages et gestionnaires (Conservatoire du Littoral, Conseil Général, etc).

Un lourd bilan

Sur ces sites, la forte houle a érodé les zones de sables émergées,  les réduisant  à néant sur certaines plages ou provoquant des déchaussements de la végétation d’arrière-plage.

Les aménagements d’accueil ont été également touchés à des degrés variables. Entièrement détruits sur la plage des Salines (1), commune du Gosier, ils ont en partie été détériorées sur l’ensemble des zones littoral du sud de l’archipel en particulier. Toutefois, il faut souligner qu’aucun site n’a été rendu complètement inhospitalier.

Pour réhabiliter les différentes sites, il a fallu procéder à une mise en sécurité par traitement des arbres dangereux (branches encrouées, arbres déchaussées…) ou signaler les zones rendues dangereuses suite au creusement du littoral (voir dernière image), comme à l’extrémité de la plage de Saint- Félix et de l’anse Dumont (commune du Gosier).

Une expertise a été réalisée afin de définir les travaux sécuritaires d’urgence à engager pour rendre le littoral accessible dans les meilleurs délais. Cette démarche s’est déroulée en 3  phases :

  • définir les actions de première urgence sur les sites d’accueil et sécuriser les sites accessibles aux visiteurs (nettoyage, élagage, mise en place d’une signalétique informative) ;

  • sécuriser les sentiers de randonnées ;

  • mettre en œuvre un plan d’actions pour la restauration touristique et écologique des sites littoraux. ;

Pour ce qui concerne les aménagements touristiques l’objectif est de restaurer le niveau d’équipement initial pour le début de l’année 2008.

Une restauration écologique sera par ailleurs mise en œuvre dans les zones à forte sensibilité environnementale (site de ponte de tortue marine par exemple).

Il importe d’observer les évolutions naturelles et d’évaluer les capacités de résilience des écosystèmes avant d’envisager tout travaux dans les espaces naturels. Le principe adopté par l’ensemble des partenaires : éviter les interventions lourdes et prématurées qui à terme peuvent s’avérer désastreuses. A titre d’exemple, nul besoin de remettre du sable sur l’ensemble des plages car les milieux restés naturels suivent un processus de réengraissement naturel.

Le passage de ce phénomène cyclonique doit par ailleurs nous permettre de souligner les précautions d’usage qui devraient guider nos aménagements sur le littoral. Outre les actions urgentes de mise en sécurité, l’expérience passée des précédents cyclones nous impose une réflexion globale dans nos choix d’intervention qui devront mettre en œuvre des solutions durables,. A ce titre, l’étude technique sur l’aménagement des plages sites de ponte des tortues marines présente un ensemble d’orientations et de propositions pour réaliser des aménagements respectueux des écosystèmes littoraux conciliant à la fois préservation, voire restauration de milieux dégradés et accueil du public.

Dean : une opportunité ?

La nature nous démontre qu’elle sait utiliser et tirer profit de ces perturbations, en s’adaptant et en se régénérant. Souhaitons que Dean soit une opportunité pour remettre en cause notre politique d’aménagement du territoire, redéfinir  nos orientations et méthodes d’occupation et de valorisation du littoral. Enfin, Dean nous rappelle l’absolue nécessité de préserver un cordon littoral boisé remplissant toute ses fonctions de protection des berges et de stabilisation des sols. Les forêts humides du littoral et les autres formations forestières souvent mises à mal par l’urbanisation et les infrastructures touristiques restent notre meilleur système de protection contre ces phénomènes de plus en plus fréquents.

Le littoral, en plus d’être une vitrine joue le rôle de bouclier dans la mesure où il permet de contenir les éléments déchaînés. Comme le dit l’adage populaire « Quand il y a la guerre, ce n'est pas un seul guerrier qui porte le bouclier ».

LE BILAN DE LA PLAGE DES SALINES (GOSIER)

 

Le parking et la plage sont entièrement recouverts d’algues et d’herbes

 

 

La barrière posée en 2006 a disparu et les blocs de roche ont bougé


Le panneau d’accueil de site ainsi que le panneau directionnel indiquant le sentier ont été arrachés et déposés plus loin en bordure de mangrove

 

Une quinzaine d’arbres déracinés jonchent la plage

 

Les bases des carbets (scellés dans le béton) sont hors du sable, une table banc a été arrachée et déposée plus loin.
 

 

Les enclos de régénération ont également été arrachés et emportés

creusement du littoral

 

Gérard BERRY

 

 

Littoral et aménagements

OUVRAGES

LA ROUTE DE VIEUX-FORT, DEPARTEMENTALE N°6 (D6)

Depuis sa construction en 1972, la route qui relie Rivière-Sens à Vieux-Fort, a été le théâtre de nombreux évènements.

Sans remonter jusqu'aux origines, les trois derniers "caprices" de la nature, ont provoqué quelques bouleversements, occasionnant pour les usagers et les riverains, pas mal de complications.

D'abord, la houle provoquée par le cyclone Lenny, qui a dégradé une grande partie de la Côte sous-le-vent Le tronçon de la D6 en question n'y a pas échappé. Résultat, route impraticable pendant plusieurs jours et mauvais état pendant des mois.

Ensuite, conséquence du séisme et des pluies abondantes qui ont suivi en novembre 2004, effondrement de la falaise en plusieurs endroits et obstruction de la route pendant 3 mois.

Puis, quelques mois avant la fin 2006, début de travaux de réfection, en apparence du moins. Après quelque temps, les choses se précisent et le chantier, de plus en plus important - et de plus en plus perturbant pour le circulation - qui s'étend des Trois Pointes à la sortie de la carrière, met en évidence d'autres travaux que la réfection de la route.

Longs travaux de nivellement, pose d'un revêtement d'enrobé impeccable (soulagement des usagers), creusement de tranchées perpendiculaires (déception des mêmes) et, finalement, pose de réverbères côté Monts Caraïbes plus quelques-uns côté mer, le long des aires de stationnement aménagées à certains endroits. Le tout annoncé par un panneau de chantier plutôt discret et pas très bien situé.

Dans le même temps, aménagement d'une piste réservée aux piétons, entre l'enrochement de bord de mer et la route, séparée de celle-ci par une glissière béton basse et, côté falaises, d'un espace destiné à accueillir la stèle érigée à la mémoire de la jeune femme, assassinée alors qu'elle était venue se baigner, quelques mois plus tôt à cet endroit.

Et puis, last but not least* le cyclone "Dean", moins violent que "Lenny" mais qui a tout de même réussi à ruiner une partie des aménagements cités plus haut, destinés aux "sportifs" de toute sorte, qui profitent de cette portion de territoire "horizontale" pour s'adonner à leur exercice préféré : marche, jogging, course à pied, etc.

Cette description, un peu fastidieuse bien qu'incomplète, amène à se poser des questions sur l'utilité d'éclairer à giorno, nuit après nuit, une route bien aménagée et balisée pour la sécurité des véhicules et des piétons, alors que les économies d'énergie sont plus que jamais à l'ordre du jour.

Il est de plus en plus urgent d'éviter d'utiliser, sans réelle nécessité, les sources d'énergie dont on connaît les limites et dont le prix ne peut qu'augmenter.

Dans une région privilégiée en matière d'énergies renouvelables : ensoleillement exceptionnel et exposition aux alizés la plus grande partie de l'année, il peut paraître incongru, pour ne pas dire déraisonnable, d'utiliser des quantités importantes de pétrole, pour illuminer toutes les nuits, une route que les phares des véhicules qui l'empruntent, suffisent largement à éclairer.

Pour mémoire, la Belgique éclaire une partie de ses autoroutes et aucune étude n'a jamais démontré une quelconque amélioration de la sécurité grâce à cet aménagement.

Pourquoi, dans le même ordre d'idée que ce lui qui a conduit la ville du Moule à utiliser l'énergie éolienne pour éclairer son boulevard maritime, ne pas avoir réfléchi sur la possibilité d'utiliser l'énergie solaire pour alimenter à moindre frais et sans gaspillage un éclairage public flatteur pour le site mais pas vraiment indispensable ?

* littéralement : le dernier mais pas le moindre.

Philippe Prochàzka

 

 Acteurs du littoral

LE COMITE DE PÊCHE DE GUADELOUPE

INTERVIEW

Guadeloupe Littoral : Qu’est-ce que le comité des Pêches et à quoi sert-il ?

Nicolas DIAZ : Le Comité des pêches s’appelle très exactement le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de la Guadeloupe. Il s’agit d’une organisation professionnelle représentative, rendue obligatoire dans chaque région par la loi N° 91-411 DU 02 MAI 1991.

L’ensemble des professionnels de la filière pêche et aquaculture élisent les membres qui les représentent au Conseil d’Administration, à l’instar des chambres consulaires (CCI, Chambre d’Agriculture, Chambre des métiers).

Ce conseil est en place depuis fin 2005 et a élu son président : Jean-Claude YOYOTTE.

Le Comité Régional Des pêches, représentatif de l’ensemble de la filière de l’archipel, est l’interlocuteur privilégié des services de l’Etat et des collectivités.

De plus, la loi de 1992 confère aux Comités des Pêches d’importantes prérogatives en ce qui concerne la gestion de l’exploitation durable des ressources (capacités réglementaires par voie de délibération de son conseil)

Guadeloupe Littoral : Question plus personnelle : comment êtes-vous arrivé au Comité des Pêches ?

ND : Après avoir effectué mes études de doctorat à l’université Antilles Guyane, j’ai travaillé dans le secteur de la pêche en tant qu’indépendant et ai donc fait connaissance des leaders de la profession de l’archipel. Lorsque le Comité a été crée, sur la base des liens de confiance tissés, le président m’a demandé si je voulais participer à la phase de démarrage du comité. Il s’agissait avant tout de mobiliser les moyens opérationnels car le comité ne disposait ni de budget ni d’aucune installation. 

Guadeloupe Littoral : Quelles sont les actions et les activités du Comité des Pêches au quotidien ?

ND : Ce comité a vocation à représenter officiellement la filière auprès des services de l’état et tous autres interlocuteurs et bien entendu de défendre les intérêts des acteurs de la filière. Les sollicitations sont donc multiples et très prenantes. L’implication du Comité est forte en ce qui concerne l’élaboration des documents de planification et programmatiques : Plan Opérationnel des fonds européens (PO FEP), Schéma régional de développement économique (SRDE), Schéma régional de développement des ports…

Il a aussi vocation à accompagner les professionnels de la filière par de l’assistance technique et portage de programmes collectifs structurants. Divers projets sont en cours :

  • étude de faisabilité sur les cantonnements de pêche à Marie-Galante, dans le cadre du programme GIZC des îles de Guadeloupe. Nous sommes ainsi partenaires de l’agence des 50 pas géométriques et impliqués dans le développement intégré et durable des espaces littoraux.

  • Etude sur l’évaluation des ressources de lambis

  • Participation au programme pilote d’implantation de DCP collectifs dans le sud de la Basse-Terre aux côté de l’association des Pêcheurs du Sud Basse-Terre…

  • Réflexions avec les réserves marines de Guadeloupe

Guadeloupe Littoral : Quelle est votre actualité ?

ND : Un surmenage certain, pour faire face à l’ensemble de nos missions et répondre au mieux à toutes les sollicitations.

Le Comité Régional des pêches va enfin disposer de ses locaux et de l’équipement indispensable de bureautique, informatique et communication, à Pointe-à-Pitre. C’est capital pour rendre le meilleur service à la profession. Depuis 2006, nous étions dépourvus de ces moyens élémentaires, ce qui handicapait notre action, qui est restée malgré tout très soutenue grâce à l’implicatin des élus. Le recrutement de personnel doit suivre : technicien des pêches et agent de développement, secrétariat et accueil.

Guadeloupe Littoral : Quelles ont été vos actions depuis DEAN, et d’une manière plus générale comment réagissez vous à l’annonce d’une catastrophe naturelle et après son passage ?

ND :Depuis le 16 août, DEAN nous a énormément mobilisé. Il a s’agit de faire « à chaud » l’inventaire des dégâts sur l’ensemble de l’archipel puis de participer, aux côtés des services de l’Etat, à l’estimation précise des pertes individuelles et enfin défendre le meilleur traitement des conséquences de DEAN auprès de l’Etat et des collectivités. Il a s’agit également de rassurer une profession durement secouée. Il faut rappeler que cet ouragan, s’il a été modéré à terre, en Guadeloupe, il a été en revanche particulièrement violent en mer. Les très fortes houles enregistrées ont occasionné des pertes massives d’engins de pêche (nasses, filets DCP…), même si la flottille a été relativement épargnée. Aujourd’hui, nous déplorons que seules les pertes matérielles soient (très partiellement) couvertes par les divers dispositifs. Les mois de manque à gagner en conséquence de la destruction des outils de travail ne sont indemnisés par aucun dispositif, ce qui génère actuellement des difficultés sociales et économiques préoccupantes sur les façades les plus touchées (Iles du sud et côte au vent).

A l’annonce d’un ouragan, les professionnels de la filière s’attachent à sécuriser leurs biens sans prendre à la légère ces évènements, en hommes habitués à la dureté et aux risques de la mer… Après le passage, nous faisons le lien entre la profession et les différentes instances de crises qui se mettent en place. Nous participons largement aux bilans des dommages. Enfin, nous essayons d’obtenir la meilleure prise en compte des intérêts de la filière et de ses acteurs dans les mécanismes d’indemnisation. C’est difficile dans le cas d’une filière encore peu structurée et organisée collectivement.

Guadeloupe Littoral : Que représente le littoral pour vous  et vous considérez-vous comme un acteur du littoral ou simplement comme un acteur du monde maritime ?

ND :Le littoral est l ‘espace géographique associé à la bande côtière, que l’ont peut considérer de manière plus ou moins étendue. Pour l’archipel guadeloupéen, on pourrait presque considérer que l’ensemble du territoire est littoral.

Ce littoral supporte des usages très variés dont la cohabitation est parfois délicate (tourisme, pêche, agriculture, urbanisation, infrastructures…). Les enjeux fonciers sont exacerbés sur ces espaces. Très clairement les marins pêcheurs et donc leur représentation s’estiment acteurs majeurs du littoral. Ils en sont strictement dépendant : ressources des eaux côtières, aménagements pour la pêche (ports, abris, espaces de vente directe…). Ils l’occupent et le façonnent… L’existence des pêcheurs dépasse largement le strict espace maritime (les lieux de pêche) puisqu’ils sont très impliqués socialement et économiquement dans l’animation et la vie du littoral : activité commerciale de la vente du poisson, activités de la pêche à terre (construction et réparation du matériel de pêche, avitaillement…), résidence et implantation familiale, etc. 

Guadeloupe Littoral : les ressources halieutiques de la Guadeloupe permettent-elles de faire face à la demande ?

ND : Non : la production totale annuelle de la pêche guadeloupéenne est estimée à 10 000 T alors que la demande se situe aux alentours de 16 000 T/an. Ce déficit est couvert par les importations. La part de la production locale pourrait augmenter par l’exploitation des poissons pélagiques mais les coûts de production locaux font qu’il est difficile de rivaliser avec les produits d’importation « bradés »

Guadeloupe Littoral : Quelles sont les perspectives du Comité des Pêches en Guadeloupe dans cinq ans ?

ND : 5 ans c’est précisément l’échéancier que nous nous sommes fixés pour atteindre un plein développement et convaincre nos mandants et les décideurs de la pertinence de cette organisation professionnelle qui doit fortement contribuer à la structuration de la filière et peser sur les orientations socio-économiques la concernant.

A cette échéance il nous faudra disposer d’une véritable plate-forme d’assistance aux très petites entreprises de pêche qui sont l’essentiel de la filière (à l’instar des chambres consulaires) couvrant l’ensemble du territoire:

  • Aide à l’émergence et au montage de projets ;

  • Accompagnement technique des entreprises (conseils, formation…) ;

  • Portage de projets collectifs structurants touchant la sécurité, la rentabilité de l’exploitation, la sélectivité des pêcheries ;

  • Valorisation de la filière et de ses produits…

Ceci passe par des partenariats étroits avec les collectivités et la poursuite de la forte  implication des élus et des personnels du Comité.

ND : Merci.

 DERNIERE MINUTE

 SEMINAIRE

Les 50 pas géométriques dans la Caraïbes. Etude comparative.

Le rapport établi par l’Université Antilles Guyane et le Centre Européen de Documentation et d’Etude à l’initiative de l’Agence des 50 pas géométriques sera présenté le 29 novembre 2007 à 9 heures (UFR de Sciences Juridiques et Economiques-Salle du Conseil), et fait un point d’étape sur le sujet.

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