Patrimoine
Les
habitations-sucreries du littoral
L'Habitation Pointe-à-Raie
Nous
poursuivons ce mois-ci l'article entamé dans le précédent numéro
de Guadeloupe-Littoral consacré aux habitations-sucreries qui,
dès le début de la colonisation, ont occupé certains sites des
côtes de l'archipel de la Guadeloupe.
Dans l'étude qu'elle a consacré,
en collaboration avec les chercheurs Henri et Denise Parisis,
Danielle Bégot, maître de conférence à l'Université
Antilles-Guyane, décrit quelques unes des habitations
littorales, caractéristiques de la façon dont, durant près de
trois siècles, les habitants ont aménagé certains rivages de
l'île et occupé l'espace côtier.

© IGN -
1/100 000è
L'habitation-sucrerie
Pointe-à-Raie, à Morne-à-l'Eau, est l'une d'elle.
Les rares vestiges encore en
place de cette propriété, proches de la pointe à Feuille, au
nord de la commune, laissent supposer qu'il s'agissait sans
doute d'une très belle habitation. C'est sur le site actuel de
Vieux-Bourg qu'au début du XVIIIe siècle, se trouvait le centre
de la paroisse de Morne-à-l'Eau. La région, en grande partie
couverte de mangrove et de marécages, était alors insalubre, et
les terres de l'arrière-pays, difficilement accessibles, et très
peu exploitées. Les rares habitants, encerclés de marais
malsains, souvent victimes du paludisme, peinaient à tirer
profit de leurs exploitations et à vivre du fruits de leur
travail.
C'est au gouverneur Angot, baron
des Rotours, que cette région déshéritée devra sa prospérité.
Cet administrateur visionnaire, comprenant que le drainage de
ces zones humides en permettrait l'assainissement, fait percer
en 1832 un canal reliant la plaine de Grippon (site du bourg
actuel) à la côte marécageuse. Les travaux dureront dix ans.
Grâce au canal d'une largeur de 12 mètres et à son affluent, le
canal de Malanga large de 8 mètres, des milliers d'hectares sont
ainsi rendus cultivables. Grâce à lui, la plaine de Grippon peut
enfin être mise en culture car cette voie d'eau navigable
présente par ailleurs l'avantage de permettre la circulation des
chalands pour le transport des cannes et du sucre jusqu'à la
baie du Grand Cul-de-Sac.
La sucrerie de l'habitation
Pointe-à-Raie (ou Pointe-à-Retz) est de celles dont la création
du canal favorisera l'essor. Au moment de l'ouverture du canal,
la propriété couvre quelque 600 hectares de terres dont une
bonne partie occupée par les palétuviers : seuls 16% sont
réellement mis en valeur. Elle compte 61 esclaves logés dans 36
cases à nègres et un cheptel de 24 bêtes. Les installations
industrielles sont relativement simples : une sucrerie en
maçonnerie, une case à bagasse, un moulin à vent, seule source
d'énergie du domaine.
Cinquante années plus tard, le
domaine s'est étendu de 1 000 hectares, gagnés grâce aux travaux
de drainage. La maison principale, à l'origine simple bâtiment
en bois couvert de paille et comportant trois chambres, dispose
maintenant d'une toiture en aissantes. Elle est comprend 15
pièces sur deux niveaux : c'est une véritable maison de maître.
Une cheminée de 12 mètres de hauteur a été construite, dont les
ruines sont aujourd'hui encore présentes sur le site. La
sucrerie, désormais couverte d'ardoises, est pourvue d'un moulin
à vapeur, un générateur, un bouilleur. On compte maintenant 67
cases à nègres en bon état.
Sans doute les travaux de
reconstruction que nécessita le fameux tremblement de terre de
1843 intervenu entre temps, expliquent pour une bonne part la
modernisation de l'habitation Pointe-à-Retz. Mais on peut
supposer, sans risque de se tromper, que sans l'existence du
canal et l'assainissement du quartier que permit cet ouvrage, ce
domaine, comme plusieurs autres alentours, serait demeuré sans
valeur.
Il reste aujourd'hui assez peu de
choses des vestiges industriels de cette propriété. Le promeneur
curieux peut cependant observer à proximité de la pointe à
Feuilles les restes informes des soubassements, un mur percé
d'une porte charretière de très belle facture aux dires des
spécialistes, ainsi que la cheminée très endommagée par le
cyclone Hugo en 1989.
Un site du littoral qu’il
convient de visiter et pourquoi pas réhabiliter…
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Wilfrid DEMONIO |
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Environnement Littoral
La centrale Géothermique de
Bouillante : un « plus » pour l’environnement du littoral ?

Située
à quelques encablures du bourg de Bouillante la centrale
géothermique est d’abord exploitée
de 1986 à 1992. Totalement réhabilitée en 1995, la société
"GEOTHERMIE BOUILLANTE", filiale commune de la CFG (Groupe BRGM)
et de CHARTH (Groupe EDF), racheta l'ensemble des installations
et réhabilita la centrale pilote en portant la puissance de la
turbine à 5 MWe.
Quatre puits d'exploration furent
forés entre 1970 et 1977 par la Compagnie EURAFREP et deux se
révélèrent producteurs (BO-2et BO-4). La production
d'électricité reprit en 1996, avec une quantité d'énergie
délivrée sur le réseau de distribution EDF de 23,2 GWh en 1998,
ce qui représentait environ 2 % de la consommation d'électricité
de la Guadeloupe.
1999-2004 : la seconde étape du
développement de Bouillante
La réussite de ce premier projet
industriel incita GEOTHERMIE BOUILLANTE à accroître
l'exploitation du réservoir géothermique. Des travaux de
recherches complémentaires ont permis de savoir que l'origine de
la géothermie à Bouillante est liée à une activité volcanique
récente (moins de 600 000 ans quand même !) autour de la Baie de
Bouillante. Les fluides exploités par la centrale sont
constitués par un mélange en proportion égale d'eau de mer et
d'eau de pluie qui s'infiltrent en profondeur à la faveur des
fractures, se mélangent et se réchauffent au contact des roches
chaudes à une température de l'ordre de 250-260 °C.
GEOTHERMIE BOUILLANTE lança donc
en 1999 un projet de développement dénommé "Bouillante 2"
comprenant :
1/ La réalisation de trois
nouveaux puits de production (BO-5et BO-6 et BO-7) d'une
profondeur de 1000 à 1150 mètres, dont deux sont producteurs
d’énergie ;
2/ La construction d'une
conduite de transport des fluides géothermaux et la
construction d'une nouvelle turbine d'une capacité brute de
11 MWe sur le site existant (pour un coût global de 34,2
millions d'euros). La centrale de Bouillante 2, couplée avec
l’unité existante Bouillante 1 a permis de produire 95,3 GWh
durant l’année 2005, représentant environ 8% de
l’électricité consommée en Guadeloupe.
D’une manière général, la
géothermie a également un impact environnemental positif dans la
mesure où, venant en substitution d'une énergie fossile (fioul,
charbon), elle contribue à la réduction des quantités de CO2 et
SO2 (c’est scientifique tout ça hein ?!) rejetées dans
l'atmosphère. Elle supprime également les émissions de poussière
et les émissions de NOx responsables des pluies acides. A titre
de comparaison, il faut 860 grammes de pétrole (polluant notoire
comme tout le monde le sait…) pour produire 1Kw/h.
L’exploitation d’une portion de
ce réservoir, située au nord de la Baie, est envisagée dans le
cadre d’un nouveau projet appelé "Bouillante 3".
La capacité de production
attendue est de plusieurs dizaines de MWe (de 20 à 30 Mwe
espérés). Une prochaine phase de forages d’exploration devrait
confirmer ce potentiel puis, en cas de succès, initier la phase
de développement comprenant le forage des puits producteurs, la
mise en place de conduites de transport des fluides et la
construction d’une nouvelle unité de production électrique.
Les étapes du processus
Et c’est là que la bât blesse.
Pour mémoire, il faut rappeler que de l'approvisionnement en
vapeur, où en profondeur, l’eau et les fluides circulent dans
les fractures, se mélangent et se réchauffent au contact des
roches chaudes (250 à 260°C de température) puis remontent vers
à la plate forme de forage.

Cette eau chaude est prélevée
grâce aux forages et se vaporise partiellement lors de sa
remontée vers la surface. Le mélange eau/vapeur est transporté
dans une conduite jusqu’au séparateur où les deux phases se
séparent par gravité. Puis, deux conduites transportent
séparément l’eau et la vapeur jusqu’à la centrale.
La vapeur est dirigée vers la
turbine qui entraîne l’alternateur qui produit de l’électricité.
Après passage dans la turbine, la
vapeur est envoyée dans le condenseur où elle est refroidie et
condensée par mélange avec l’eau de mer. Elle est ensuite
acheminée jusqu’à la mer avec l’eau issue du refroidissement.
L’électricité produite est délivrée sur le réseau électrique
EDF.
Sur le plan environnemental, la
centrale rejette très peu de gaz à effet de serre (CO2) par
rapport à une centrale thermique diesel et aucune poussière ou
gaz de type NOx.
Elle rejette une faible
quantité de gaz H2S à odeur de soufre, caractéristique qui
rappelle le lien entre géothermie et volcanisme. Les impacts
environnementaux de cette énergie presque renouvelable
concernent le plus souvent le rejet en surface de l’eau
résiduaire fortement chargée en sels (quand il n’y a pas
réinjection) et les émissions de gaz incondensables, comme le
H2S (hydrogène sulfuré) qui a une odeur nauséabonde.
Il faut donc admettre que si ce
type d’énergie a un faible impact environnemental en milieu
aérien, il en va autrement pour le milieu marin, notamment à
cause des rejets d’eaux dont la température est en moyenne de
45°c chargés en composés sulfureux, soufre, acides indiquant un
pH bien inférieur à 7.00.
Bien que les rejets soient
localisés dans la baie de Bouillante, ils ont pour effets de
détruire et de porter atteinte aux fonds marins en continu tant
qu’il y aura rejet.
La proximité des îlets Pigeon
fait, que si jusqu’à ce jour, aucune trace de pollution ou
d’atteinte n’ait été aperçue, il n’en sera pas de même avec ce
troisième générateur dont la puissance nécessite une grande
quantité de vapeur et d’eau pour fonctionner donc un surcroît de
rejet en mer.
A ce jour, le milieu est
considérablement détruit. Toutes les colonies coralliennes, même
les plus résistantes, sont détruites ainsi que la quasi-totalité
de la faune fixée. Rappelons que les coraux résistent très peu
de temps dans une eau supérieure à 30°c.
De par ce fait, la chaîne
alimentaire n’existe plus dans cette zone, ce qui en soit est
limité mais l’écosystème est durablement atteint au point de
rejet et environnant.
Dès la mise service de cette
troisième unité, la pollution sortirait de la baie et se
répandrait vers Malendure et ses îlets.
A ce jour, les îlets Pigeon ont
dépassé largement leur capacité de charge. Le taux de
fréquentation est nettement supérieur au taux de reconstruction
de ce récif.
Nous assisterions dès sa mise en
route de Bouillante 3, à une destruction certaine de l’ensemble
de ce biotope déjà si fragile avec une probable augmentation de
cas d’intoxication ciguatérique touchant le public.
Il ne s’agit pas ici de faire
stopper ce projet qui ne peut être qu’un bien pour notre île,
mais il s’agit de ne pas commettre les mêmes erreurs que par le
passé. Des propositions techniques avaient déjà été émises lors
de la mise en route de Bouillante 2 mais sont restées sans
effets, on ne peut que le déplorer en constatant le résultat à
ce jour.
Donc une réflexion doit être
envisagée, dès le début de l’étude du projet, par les
intervenants afin de réinjecter l’eau tellurique dans les puits
secs non utilisés ou de prévoir par tous les moyens nécessaires
l’abaissement de la température ainsi que la filtration des eaux
de rejets.
Ces eaux de rejet doivent être
conformes aux normes exigées en la matière, les moyens
techniques nécessaires doivent être mis en place pour mesurer et
suivre ces valeurs et en assurer la traçabilité, ce qui ne peut
aller que dans le bon sens pour le bien de tous.
Dès cet instant, la centrale de
Bouillante pourra, par son processus simple, se dire propre et
indépendante de tout apport énergétique extérieur. Le rêve en
somme…
Autre
article du même auteur cf Archives
N° 17- Mars 2007
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François CERLES |
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Environnement Littoral suite
Le littoral après
Pâques...
BILAN de la fréquentation pascale
sur nos plages en 2007
Au
lendemain des fêtes de Pâques, nous avons pu constater qu’un
effort notable a été fait, à deux niveaux, pour garder propres
plages et littoral :
Après la visite de plusieurs
sites, à Port-Louis, à Saint-François, à Sainte-Rose ou encore à
Vieux-Habitants, nous avons constaté une nette amélioration par
rapport aux années précédentes, un effort notable, une prise de
conscience de la population car les gens ont fait le maximum
pour laisser les lieux propres. Bien sûr, il reste toujours des
gens qui n’ont rien compris, mais l’attitude générale a été
satisfaisante et laisse à penser que le travail répétitif, la
présence de nos agents (ONF, PNG, Gardes du Littoral, Police,
Gendarmerie et autres associations…) commencent à porter des
fruits… d’espoir pour l’avenir ;
-
ensuite des municipalités qui
se sont bien impliquées, en mettant les moyens de lutte
contre les déchets. Ainsi, des conteneurs et bennes à
ordures ont été placés en nombre suffisant et renouvelés
régulièrement pour éviter les débordements comme certaines
années. Des vigiles et agents de voiries ont travaillé sans
rechigner afin de garantir respect et bon usage de ces
moyens par les estivants, tout en assurant une présence
sécurisante pour tous. Les habitudes sont difficiles à
changer, mais les choses semblent évoluer dans le bon sens.
Les associations s'impliquent aussi beaucoup : Riverains,
Environnement, Scouts, réinsertion comme Verte Vallée et
Parcs et Jardins (convention Région) qui ont entamé dès
mardi le nettoyage d’après les fêtes. Si bien que les plages
offrent déjà un tout autre visage que celui qu’on ne pouvait
que déplorer les années précédentes, où il fallait attendre
plusieurs semaines pour remettre les pieds sur la plage
après les fêtes de Pâques ;
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Quelques recommandations en
rappel :
-
Respecter les enrochements
mis en place pour empêcher l'accès aux véhicules jusqu’à la
mer ainsi que les aménagements pour l’accueil, c’est dans
l’intérêt de tous.
-
Ne pas brûler les arbres en
faisant du feu à leur pied...
-
Mettre ses déchets dans des
sacs poubelles c’est bien, les déposer dans les bennes à
ordures ou les ramener à la maison, c’est encore mieux.
-
Ne pas casser les branches,
ne pas couper les arbres...
-
Profiter des sites et plages
« en bon père de famille »... c'est si beau quand c'est
propre, et tellement plus agréable !
-
Enfin plus largement sur le
plan régional, il est temps de souligner la nécessité de
mener une réflexion plus poussée sur l'organisation du
camping dans l'archipel et l'intérêt de créer des zones de
camping (privées ou communales) afin de limiter la pression
sur les espaces littoraux les plus fragiles.
" Bravo à tous, poursuivons
l'effort...".
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Littoral et aménagements
Un peu d’AZURS au boulevard
Mortenol : le littoral d’Anse-Bertrand site pilote.
Inscrit
parmi les sites du programme AZURS (Aménagement des Zones
Urbaines Spontanées) de l’Agence des 50 pas géométriques, nous
vous proposons de découvrir le quartier d’habitat spontané du
Commandant Mortenol de la commune d’Anse-Bertrand.
Si vous ne connaissez pas
Anse-Bertrand, vous avez bien tort car vous ratez l’occasion,
par exemple, de contempler le lieu d’où la dernière
revendication connue du peuple amérindien quant à la
récupération d’une partie de sa terre a été transmise aux
autorités en 1882.
QUELQUES ELEMENTS GEOGRAPHIQUES
Berceau de la famille de Lilian
Thuram, située sur la côte ouest de la Grande-Terre, la commune
d’Anse-Bertrand compte un peu plus de 5000 habitants, soit
environ 1,2% de la population régionale sur 5.380 hectares. Le
quartier du Commandant Mortenol proprement dit constitue
l’extrémité nord-est du centre ville d’Anse Bertrand, et s’étend
en bord de littoral de la RN6 jusqu’à la Pointe Sable. Trait
d’union entre le centre-bourg qui constitue le principal lieu
d’animation de la commune, et le port de pêche, il couvre une
superficie approximative 4,4 hectares sur lesquels 173
constructions ont été édifiées.
Le quartier peut être considéré
comme une seule entité desservie par une voirie en boucle et
bénéficiant d’un magnifique, mais peu aménagé et fréquenté,
boulevard de front de mer protégé par un enrochement. La
structure urbaine repose sur des parcelles étroites, avec un
habitat de faible hauteur (R et R+1).
QUELQUES CONFIDENCES SUR LES
HABITANTS DU QUARTIER
Si vous vous attendez à des
révélations croustillantes ou des « cancans » alléchants, sautez
ce paragraphe. Ici, c’est du sérieux.
Les deux dernières décennies ont
vu vieillir la population d’Anse-Bertrand. Les jeunes quittent
en effet la commune faute de travail pour s’installer près des
bassins d’emploi. La situation démographique du quartier
présente ainsi des caractéristiques de fort vieillissement, avec
un faible taux de représentation des moins de 25 ans et un taux
élevé de représentation des plus de 60 ans.
L’âge moyen des chefs de ménage
est également élevé (60 ans). L’ancienneté d’occupation des
logements est particulièrement significative : les trois quarts
des chefs de ménage déclarent y résider depuis plus de 30 ans.
Le tiers des ménages de la zone
est constitué d’une personne. La répartition des familles
(monoparentales, couples avec et sans enfants) est similaire à
la répartition constatée pour la Guadeloupe.
La commune d’Anse Bertrand montre
l’un des taux de chômage les plus élevés du département (41,5%).
Dans le quartier du Commandant Mortenol il s’établit à 43,2% et
touche davantage les hommes que les femmes. Les plus touchés par
le chômage à des taux supérieurs à ceux de la commune sont les
moins de 29 ans et ceux de 45 à 54 ans. La situation des actifs
de la tranche d’âge de 30 à 44 ans est par contre meilleure,
taux de l’ordre de 22%.
Paradoxalement, les conditions de
l’emploi sont assez bien garanties. Le travail à temps complet
concerne en effet 80% des femmes et 73% des hommes salariés ou à
leur compte, et les CDD et intérims ne constituent que 19% des
formes d’emploi.
Les secteurs de l’agriculture et
de la pêche sont traditionnellement bien représentés à Anse
Bertrand. Plus de 14 % de la population du quartier travaille
dans ces secteurs. Le secteur tertiaire reste le principal
employeur avec 72% des emplois pour la plupart dans les services
aux particuliers et dans le commerce
La part de population non
scolarisée sans diplôme est plus élevée qu’au niveau
départemental (54,8% contre 47,6%) mais reste inférieure au
résultat communal (64,9%). Phénomène encourageant, le retard
scolaire ne touche que peu de jeunes scolarisés dans le
secondaire.
Le niveau de vie des ménages
reste faible, voire très faible pour plus de la moitié de la
population: le revenu moyen disponible dans 41,5% des foyers de
la zone, concernant près de 54% de la population, est de 295€
par unité de consommation (selon l’échelle d’Oxford, pour les
spécialistes).
DES REVELATIONS SUR LA SITUATION DU BATI
Il n’existe aucun château classé
ou à classer dans le quartier. Pour confirmation, allez voir.
Sur les 173 constructions
existantes:
-
94 sont occupées de
manière permanente,
-
23 sont des résidences
habitées de manière temporaire,
-
31 sont non occupées,
le reste est formé d’annexes ou
de ruines et, dans 70% des cas, ces bâtiments sont installés sur
du foncier appartenant au domaine public. La majorité des
résidents sont propriétaires du bâti (103 cas).
Conçues au départ pour des
familles assez nombreuses ou agrandies au fur et à mesure, 45%
des résidences comportent 3 ou 4 pièces et 30%ont 5 pièces ou
plus.
L’habitat de la zone, de
qualité très hétérogène, peut être considéré en moyenne comme
ancien, son état général de vétusté reflète par ailleurs cette
particularité. Cette vétusté a été sans doute également aggravée
par les dégâts occasionnés par le passage de l’ouragan Hugo en
1989. La procédure d’amélioration de l’habitat intéresse 68,2%
des chefs de ménage qui se déclarent propriétaires
LA VERITE SUR LES RESEAUX
Au risque de décevoir une
nouvelle fois, il ne s’agit pas bien entendu de ceux de la
mafia, ce quartier est calme et respectable, mais de la
situation des différents raccordements.
Pour ne parler que de ce qui
fâche, 38 maisons n’ont pas l’eau courante, 37 rejettent
visiblement leurs eaux usées et leurs eaux vannes directement
dans le milieu sans traitement préalable et 13% du bâti ne
disposent pas d’un raccordement électrique aux normes.
POUR L’AVENIR : QUEL DEVENIR DU
QUARTIER DU COMMANDANT MORTENOL ?
Au vu de ce qui précède, vous
l’aurez compris la situation est préoccupante mais pas
catastrophique. Bien au contraire le quartier est un territoire
d’enjeux positifs compte tenu, entre autre, de sa situation
littorale privilégiée.
La vision de long terme montre
une nécessité de désenclavement par le nord afin d’établir une
liaison piétonne ou cyclable avec l’espace naturel conduisant à
l’Anse Laborde. Le mixage de l’activité du port et de celle du
centre-bourg combiné avec l’atout du boulevard du front de mer
trace des perspectives de développement très intéressantes.
A court terme, deux actions
contribueront à enrichir le quartier.
En premier lieu, la
régularisation juridique de la situation du foncier qui
constituera un élément de stabilisation porteur de
potentialités.
En second lieu, la mise en œuvre
plan d’urbanisme du programme AZURS conduira à un assainissement
général de la zone, à la création d’un cheminement piétonnier
interne au quartier, au requalibrage ou la requalification des
voies existantes et, enfin, à l’élimination des dents creuses et
des quelques habitations insalubres.
Sur ces bases, la destinée du
quartier du Commandant Mortenol est entre les mains de ses
résidents sachant « qu’il vaut mieux provoquer son destin que de
le subir ».
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Harry ARNOUX |
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Acteurs
du littoral
Une
nouvelle corde à l’arc de l’Agence des 50 pas :
le programme AZURS
Beaucoup
l’oublient. Mais l’établissement que chacun appelle Agence des
50 pas géométriques se nomme, en fait, Agence pour la mise en
valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas
géométriques.
Mise en valeur. Le terme est
lâché. C’est dans cette optique qu’agit l’agence des 50 pas
géométriques de la Guadeloupe, que l’on ne présente plus, tant
elle rythme la vie des lecteurs de Guadeloupe Littoral (j’en
fais pas trop vous pensez ?!).
Après avoir établi une batterie
de critères pour la détermination de quartiers d’habitat
spontané (cf. Guadeloupe Littoral n°13), l’Agence s’est attachée
à mettre en place des programmes de réhabilitation de ces zones.
Pour cela, elle a lancé récemment les programmes AZURS (Aménagement
des Zones URbaines Spontanées).

Ces programmes qui seront
expérimentés sur deux sites pilotes (Anse-Bertrand et Deshaies)
ont pour vocation, comme leur nom l’indique, d’aménager et
structurer le cadre de vie des habitants de ces quartiers
construits de manière spontanée.
Conceptuellement, c’est quelque
chose de nouveau. Donc forcément, il faut tout inventer. Ou
presque.
L’Agence, après avoir mené des
enquêtes préalables pour obtenir une vision claire de l’existant
(une « photographie » pour les jargonologues chevronnés) de ces
secteurs (bâti, réseaux, etc) a mené une étude d’urbanisme.
Cette dernière a pour vocation de proposer un projet
d’aménagement du quartier enquêté. Ce projet est présenté aux
collectivités concernées pour avis et accord. Jusque là,
direz-vous, c’est assez classique, pour ne pas dire
conventionnel.
Après,
comme le stipule la loi du 30 décembre 1996, l’Agence transmet
alors au Préfet (Jean-Jacques BROT photo ci-contre) des
propositions de délimitation en habitat spontané. Sitôt l’arrêté
signé, on entre dans la procédure AZURS mise en place par
l’Agence. Actuellement, deux secteurs ont été retenus par le
Préfet de la Guadeloupe : la quartier de Rifflet à Deshaies
ainsi que le boulevard du Commandant Mortenol à Anse-Bertrand (cf.
article littoral et aménagement).
Ensuite, la réalisation du
programme d’aménagement soumise aux collectivités est chiffrée.
On s’attache à régulariser le maximum de personnes en situation
d’occupation irrégulière. Et, last but nos least, les travaux
étant estimés et chiffrés, la chasse démarre.
La chasse ? Oui, la chasse ! Aux
sous, aux financements, aux subventions qui permettront de faire
passer le projet du format papier au format mortier. Car les
travaux d’aménagement AZURS se chiffrent en millions d’euros et
s’étalent sur plusieurs années.
L’Agence conduira les travaux sur
les deux sites pilotes retenus par les arrêtés préfectoraux. Ces
travaux débuteront prochainement avec des financements publics
associés aux fonds propres de l’Agence.
Après la phase enquête et la
phase régularisation, l’Agence écrit une nouvelle page de son
histoire : elle aménage, en concertation avec les collectivité,
le littoral urbain de la Guadeloupe. Elle prend tout son sens et
participe pleinement à la mise en valeur de la Guadeloupe. La
boucle semble bouclée.
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Rony Saint-Charles |
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Du côté de la loi
La circulation des véhicules à
moteur dans les espaces naturels réglementée : la loi 4x4.
Des véhicules de plus en plus
nombreux
La
présence d’engins motorisés dans les espaces naturels est depuis
quelques années de plus en plus fréquente notamment sur le
littoral.
L’engouement pour les sports
motorisés et la constante progression des ventes de 4X4, quads
ou autres a largement contribué au développement de certaines
pratiques. Ces engins à l’origine destinés aux activités
professionnelles et sportives spécifiques sont conçus pour
évoluer sur tout type de terrain accidenté. Ainsi est-il
« admis » de circuler et de stationner au plus près de l’eau ! !
Cette image est même reprise par des publicités de
concessionnaires automobiles qui à l’approche des fêtes de
Pâques illustrent les performances en milieu naturel, tel que le
franchissement d’une rivière, la stabilité sur les dunes de
sable. ! ! (cf affiches 4X3).

Nos habitudes de camping ou de
pique-nique sont souvent avancées pour justifier l’accès
immédiat au rivage.
Les risques d’accident et de
dégradations
La circulation des véhicules à
moteurs en dehors de voies ouvertes à la circulation publique
est la cause de nombreuses dégradations. Outre les dangers
qu’ils représentent pour les autres usagers des sites naturels
(randonneurs, baigneurs, ....), les véhicules à moteur portent
gravement atteinte aux habitats naturels ainsi qu’à la faune et
la flore.
Ils peuvent alors provoquer :
-
des altérations et ou la
détérioration du substrat (érosion et le tassement des sols
et du sable)
-
le dérangement de la
faune voire la modification du comportement de certaines
espèces
-
la destruction d’espèces
végétales rares ou protégées.
Ils sont par ailleurs sources de
nuisances et de conflits pour les propriétaires, riverains et
touristes.
La loi du 3 janvier 1991 encore
méconnue d’un grand nombre d’usagers
Afin de concilier protection de
la nature et activités humaines, la circulation des véhicules
terrestres à moteur dans les milieux naturels est réglementée
depuis 1991. Les articles L. 362-1 et suivants et R. 362-1 et
suivants du code de l’environnement fixent les modalités
d’application de cette loi.
L’article L.2213-4 du code
général des collectivités territoriales permet aux maires de
réglementer ou d’interdire la circulation des véhicules sur
certaines voies ou secteurs de leur communes pour des motifs
d’environnement.
Enfin, le code forestier,
article R 331-3, définit les règles pour les sites relevant du
régime forestier.
Ces dispositions restent très mal
connues des usagers.
Les principes posés par la loi
La circulation des véhicules
terrestres à moteur n’est autorisée que sur les voies ouvertes à
la circulation publique (routes nationales, départementales,
communales, chemins ruraux, ....).
La pratique du hors piste est
donc interdite (à l’exception des véhicules utilisés par les
services publics pour la sécurité, l’entretien ou la
surveillance).
L’utilisation de quads, 4X4,
motos employés à des fins de loisirs n’est possible que sur des
terrains aménagés à cet effet après autorisation préfectorale.
Les sentiers de randonnées,
traces, layons, dunes et voies affectées à la protection ou
délimitant la forêt, sont fermés aux véhicules à moteur.
On entend par voie ouverte à la
circulation publique une voie manifestement praticable par un
véhicule de tourisme non spécialement adapté au « tout
terrain ».
Des dispositions particulières
existent pour certains espaces protégés (parc national, réserve
naturelle, terrains du conservatoire du littoral...) avec une
protection renforcée.
Les contrevenants s’exposent à de
lourdes amendes (1500€) et à la mise en fourrière de leur
véhicule.
La mise en place de dispositifs
anti-franchissement
Sur les plages les fréquentées ou
les sites les plus dégradées, des dispositifs
anti-franchissement ont été mis en place. Composés de plots,
blocs de tufs, barrières en bois, ils délimitent les zones où la
circulation des véhicules est autorisée. Des aires de
stationnement sont par ailleurs définies. Ces équipements
installés par les propriétaires ou/et gestionnaires ont pour but
de maîtriser les dégradations causées par la sur-fréquentation,
de faciliter la régénération de la végétation rampante notamment
et d’éviter le tassement du sol.
Leur destruction ou leur
déplacement est passible de peine.
Si pour l’instant les actions
d’information et de sensibilisation ont été privilégiées, les
contrôles se feront dans l’avenir plus stricts. La mobilisation
de l’ensemble des agents habilités à constater les infractions a
pu être testée pendant le week-end pascal.
A bon
entendeur...
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Mylène VALENTIN |
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Brèves
Une
première en outre-mer : les Réserves
Naturelles de France mettent la Guadeloupe à
l’honneur !
Du 13 au 20
mai se tiendra en Guadeloupe le XXVIe congrès
national des
Réserves Naturelles de France se tiendra à
Sainte-Anne.
A cette
occasion, se tiendront des travaux ainsi qu’une
formation « Aires protégées d’outre-mer » du 21
au 25 mai.
Pour plus
d’informations, vous pouvez contacter le Parc
National de la Guadeloupe, l’ONF ou le
Conservatoire du littoral.
Affaire à suivre... |
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