Patrimoine

 Du côté de la loi

 Littoral et aménagements

 Environnement Littoral

 Acteurs du littoral

 Echos

 Brèves

 

Malgré les vacances, l’actualité court toujours… En marge d’événements internationaux majeurs, tels que la guerre au Liban, la nucléarisation de l’Iran, ou encore le triste anniversaire du 11 septembre, l’actualité du littoral a été fournie.

Ainsi , le Premier Ministre a installé le Conseil national du Littoral en juillet dernier, et le Nouveau Code des Marchés Publics, récemment entré en vigueur, est un outil utilisé par les acteurs du littoral.

Chaque jour, la situation du littoral évolue. Discrètement. Sous nos yeux. Il importe de les ouvrir, de regarder de manière attentive et non convenue, notre environnement urbain et naturel afin de pouvoir participer, de manière  consciente aux changements qui s’opèrent.

Chacun de nous, citoyens et usagers du littoral, avons des devoirs mais aussi des droits. Il faut faire mentir la boutade voulant que « Les droits de l'homme sont au nombre de trois: voir, écouter et se taire », il importe de s’informer afin d’agir. Spectateur, souvent. Acteur, tout le temps.

Rony Saint-Charles

Newslettre - Email

Pour inscription
désinscription

 

Référents (faire défiler)

Mylène VALENTIN

ONF

Wilfrid DEMONIO

Parc National

Gérard BERRY

Conservatoire Littoral

Patrice GANOT

Safer

Régis RUBIEN

DIREN

Alain MARIE

Parc National

Rony SAINT-CHARLES

Agence des 50 pas

Abdi ABDILLAHI

Agence des 50 pas


Haut Bas

 

 

Dossier Littoral

Le Conseil National du Littoral : la fédération littoral.

   A l’occasion du vote de la loi sur le développement des territoires ruraux en février 2005, la loi dite « littoral » de 1986, qui d’ailleurs concerne aussi nos 50 pas géométriques, a été modifiée afin notamment de créer un conseil national pour l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral et la gestion intégrée des zones côtières, autrement dit le Conseil National du Littoral (C.N.L.).

Le CNL se compose de 72 membres, désignés par arrêté du Premier ministre pour cinq ans. Il s'agit de 35 élus (parlementaires, élus des collectivités liées au littoral...) et de 37 représentants de syndicats (conchyliculteurs, pêcheurs, hôteliers), d'associations (environnement, paysage, loisirs nautiques...), d'organismes publics (Conservatoire du littoral, Ifremer, Cedre...) et de personnalités qualifiées. Pour mieux assurer la représentativité du conseil par rapport aux territoires divers, le littoral a été divisé en quatre façades maritimes. La Guadeloupe fait partie de la façade outremer.

Le C.N.L se réunira au moins une fois par an et comprendra une commission permanente de 21 membres élus en son sein. Elle sera présidée par Jérôme Bignon, par ailleurs Président de l’association Rivages de France. La délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT) assurera le secrétariat du conseil. Le C.N.L. pourra s’appuyer sur les travaux de l’Observatoire du Littoral.

A l’occasion de l’installation du conseil, le 13 juillet 2006, le Premier ministre a confié au C.N.L trois sujets de réflexion sur les outils nécessaires

  • au développement des espaces littoraux

  • à l’anticipation des risques naturels

  • au développement des énergies renouvelables

Le ministre à l’aménagement du territoire pour sa part s’est exprimé en souhaitant que le C.N.L fournisse des solutions ou des appréciations sur ce qu’il conviendrait de faire pour :

  • uniformiser et clarifier la politique du littoral et de la mer

  • enrayer le "bétonnage anarchique" des côtes en préservant les espaces naturels de bord de mer

  • lutter efficacement contre les initiatives hasardeuses qui ont défiguré le littoral au cours des 50 dernières années

  • préserver le littoral de toutes les pollutions

  • combattre « avec acharnement les bateaux voyous » en généralisant à tout le littoral français les découvertes et innovations faites dans le cadre du pôle de compétitivité gestion des risques maritimes

  • faire mentir les prévisions de l’INSEE qui prévoient 3 millions d’habitants de plus sur le littoral français dans les 10 ans à venir.

Le ministre chargé de l’Aménagement du territoire, la ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, le ministre de l’Agriculture ainsi que le ministre chargé de l’Equipement, ont insisté sur la prise en compte de la Gestion Intégrée des zones Côtières (GIZC) en tant qu’instrument d’action privilégié du C.N.L.

Il existe en France plus d’une trentaine de « Conseil Nationaux » bâtis sur le même modèle que le C.N.L dans des domaines variés, allant de la consommation à la vie associative en passant par les sciences ou la recherche, la pauvreté et l’exclusion, le tourisme, le développement durable, la protection de la nature, les villes ou la montagne. Ils ont en commun le fait que la matière de leur compétence est sensible à divers titres, qu’elle peut être une source potentielle de difficultés, voire de conflits, de toute nature dont les pouvoirs publics souhaitent être informés et sur lesquels ils veulent être conseillés.

Sans préjuger des échanges utiles avec l’ensemble de ces cercles de réflexion, trois Conseils Nationaux devraient avoir des relations privilégiées avec le C.N.L ; à savoir d’une façon générale, le Conseil National du Développement Durable et, pour ce qui concerne la façade outremer le Conseil National des Villes et du développement social urbain, sachant que les villes ou les bourgs sont situés majoritairement sur le littoral, ainsi que Conseil National de la Montagne afin de tenir compte de la liaison mer-montagne dans nos régions.

Une certain nombre des membres du Conseil National du Littoral provienne de l’Outre-Mer : des élus, tels que Messieurs Patrice TIROLIEN, maire de Grand-Bourg, Claude LISE, Président du Conseil Général de Martinique, Roger NADEAU, Maire du Prêcheur, Maurice GIRONCEL, ainsi que des personnalités qualifiées dont Mansour KAMARDINE et Harry ARNOUX.

Au cours de l’entretien que nous a accordé ce dernier, Guadeloupe Littoral® a pu mieux cerner la nature et l’utilité de ce nouvel instrument qu’est le Conseil National du Littoral. 

 

Guadeloupe Littoral® : Harry Arnoux, merci de nous recevoir. Vous siégez au Conseil National du Littoral en tant que personnalité qualifiée, s’agit-il d’un nouvel OGNI (Objet Gouvernemental Non Identifié) sinon quels sont les raisons de cette création?

 

Harry Arnoux : La création du Conseil National du Littoral a été réclamée par les acteurs du littoral eux-mêmes. Les critiques viennent des membres d’une partie d’associations spécialisées dans l’écologie. Ils contestent non la création du conseil, mais sa composition. Ils estiment que les élus sont sur-représentés et craignent que ces derniers n’en profitent pour faire des propositions affaiblissant le texte de la bible à leurs yeux, à savoir la loi littoral de 1986.

Guadeloupe Littoral® : ont-ils raison ?

Harry Arnoux : Critiquer est un devoir lorsqu’on a des inquiétudes. Ils sont donc dans leur rôle. Mais il ne faut pas confondre critiques et procès d’intention.

Guadeloupe Littoral® : que peut attendre la Guadeloupe de la création de ce Conseil National du Littoral ?

Harry Arnoux : Le Conseil National du Littoral est un lieu de réflexion, de concertation et de propositions, il ne faut en attendre ni subventions, ni emplois. Alors, permettez moi d’inverser la question : que peut apporter la Guadeloupe au Conseil National du Littoral ?, En premier lieu, son cadre de référence qui devrait sans doute permettre de nuancer tant la vision de certaines difficultés des communes littorales de France métropolitaines que les décisions à prendre pour y faire face. Ainsi, par exemple chez nous, 74% du territoire des communes de Guadeloupe continentale est situé à moins de 5 kilomètres du bord de mer et 99,9% en est situé à moins de 15 kilomètres. Seul le cône de la Soufrière peut être considéré comme ne faisant pas partie du littoral… Dans le département (1.780km²), la densité de la population est de 272 habitants/km² contre 235 habitants/km² pour celui des Alpes Maritimes (4.299km²), réputé pour ses problèmes littoraux.

Guadeloupe Littoral® : mais dans le contexte que nous connaissons, l’action sur le littoral est-elle encore possible ?

Harry Arnoux : en fait, si l’action, c’est à dire la mise en valeur, la préservation et l’aménagement de la terre et de la mer ne se fait pas aujourd’hui dans la raison, elle s’effectuera demain dans la douleur.

Guadeloupe Littoral® : il ne suffit pas de dire qu’il faut agir, mais aussi dire qui doit faire quoi, quand et comment…

Harry Arnoux : Vaste question, qui nécessiterait plusieurs volumes... Tout d’abord, il faut sans doute mieux identifier les obstacles globaux et transversaux, c’est à dire soit ceux auxquels tout le monde se heurte soit ceux qu’il n’est pas possible de résoudre seul. Vu sous cet angle, le domaine de ces difficultés a traiter est bien plus vaste qu’on peut le penser. Par exemple, la culture antillaise profonde, a, mais elle n’est pas la seule, le culte du terrain, concept individualiste, non celui du territoire, concept collectif. Or le littoral, même juridiquement privatisé, est un espace collectif. Faire évoluer davantage encore les mentalités n’est pas un mince chantier. Autre exemple, 550.000 km² de continent et 5.500 km de linéaire côtier (France) ne se gèrent pas comme 1.780 km² d’archipel et 680 km de linéaire côtier (Guadeloupe) ou 1.110 km² d’île et 350 km de linéaire côtier (Martinique). Les maires de Corse ou de Belle-Île en Mer partageront probablement cette approche. Dans un autre domaine, un espace de vie restreint ne peut absorber ou traiter indéfiniment des milliers de tonnes de déchets potentiels importés, dont une part non négligeable va se retrouver sur le littoral urbain ou naturel.

Guadeloupe Littoral® : en quoi le CNL sera-t-il concerné par ces questions ?

Harry Arnoux : le CNL est concerné par ces questions parce ce que ses membres, dans leur fonctions, sont confrontés au même type de problème. Mais nous avons intérêt a ce que les propositions d’actions qui seront formulées afin d’aider à prendre de bonnes décisions prennent en considération l’atypisme de nos régions au regard des communes du septentrion. Cela implique que les représentants de la façade outremer, et en particulier ceux de l’arc antillais, s’accordent.

Guadeloupe Littoral® : et vous y croyez ?

Harry Arnoux : Pour être écouté, il faut s’entendre…Ce n’est pas une sentence de Lao-Tseu, mais un constat. Je ne parle pas d’une unanimité de l’outremer, mais d’un consensus ultra marin. Dans notre zone, créons un groupe de travail caribéen, énonçons clairement nos problèmes, concevons bien nos réponses et nous trouverons des appuis, parfois inattendus, qui nous permettrons d’atteindre nos objectifs.

Guadeloupe Littoral® : ces propos sont généreux, mais généraux, auriez-vous des exemples précis ?

Harry Arnoux : Oui. Plusieurs. Et que je vais prendre volontairement hors des sentiers battus, là ou l’on attend pas forcément le C.N.L. Par exemple, une préoccupation sordide de gros sous. Le Premier ministre a annoncé que le produit du droit de francisation (35M€) sera désormais intégralement affecté au Conservatoire National du Littoral. Tout en respectant les prérogatives du conseil d’administration de cet établissement public, le CNL ne peut-il formuler une recommandation quant à la répartition de cette nouvelle somme, notamment sur les projets outremer ?

Autre domaine, celui des déchets ménagers importés qui polluent notre pays en général et nos côtes en particulier. L’appui du CNL serait le bienvenu dans une demande formulée à Bruxelles quant à la possibilité de surtaxer par l’octroi de mer les produits dont le poids d’emballage unitaire excède de 3% le poids de la matière utile. Plus largement encore, le CNL ne peut-il travailler sur une proposition de Code du Littoral, a soumettre au Parlement, sachant que les textes s’adressant au littoral, y compris ceux concernant les 50 pas géométriques, sont épars et qu’au moins quatorze administrations, organismes ou services avec leur cohorte de décrets, voire de circulaires particulières, exercent des prérogatives sur cet espace.

Guadeloupe Littoral® : Au vu de vos exemples, le C.N.L. ne serait donc pas un instrument purement environnemental au service de l’écologie.

Harry Arnoux : L’écologie est un concept large qui a sa place sur le littoral, mais il ne constitue qu’un aspect de la problématique de la zone côtière. L’aménagement dans l’urbain ou le naturel, l’économie avec la pêche ou le tourisme, la culture avec le patrimoine, la sociologie, la science, la recherche, etc.. fondent autant d’angles d’approche que de sujets à traiter. Et encore, je n’ai pas évoqué la matière internationale. Le naufrage de l’Erika a montré que les courants marins se riaient des solides, et historiques s’il vous plait, frontières humaines. Résultat : une catastrophe écologique accompagné, bien entendu, d’une catastrophe économique. Quid du naufrage d’un pétrolier à la Dominique ? Quelles conséquences économiques et/ou écologiques sur la Martinique d’une destruction de la barrière corallienne à Sainte-Lucie ? Donc, des recommandations sur la coopération internationale dans la Caraïbe seraient les bienvenues.

Guadeloupe Littoral® : Harry Arnoux, au noms des lecteurs de Guadeloupe Littoral, je vous remercie.

 

Quelques liens pour en savoir plus 

Ministère de la mer : http://www.mer.equipement.gouv.fr/

Délégation à l’Aménagement et la Compétitivité des Territoires : http://www.diact.gouv.fr/

Observatoire du Littoral : http://www.ifen.fr/littoral/

Wikipédia, portail de l’écologie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:%C3%89cologie

 

 

Guadeloupe Littoral®

 

 

 Du côté de la loi

Le Nouveau Code des Marchés Publics : en marche vers un meilleur achat public ?

La plupart des travaux recensés sur le littoral sont le fait de personnes publiques et s’appuient sur le code des marchés publics.

Publié au Journal Officiel du 04 août dernier, le Nouveau Code des marchés Publics (NCMP) est applicable à compter du 1er septembre. C’est le dernier avatar des NCMP mis en place depuis 2004.

Ce code, rédigé sous la plume du ministère de l’Economie et des Finances a pour objectif essentiel d’harmoniser le précédent code des marchés publics français avec les directives européennes 2004/17 et 2004/18 du 31 mars 2004.

Sa vocation première réside dans l’encadrement de la commande publique française qui représente un marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année. Pour cela, la personne publique (dénommée « pouvoir adjudicateur ») souhaitant acquérir un bien ou un service, en fait la publicité par un appel d’ offre.

La(les) entreprise(s) intéressée(s) (privées ou publiques), appelée(s) soumissionnaire()s), répondent à l’appel d’offre. L’entreprise ou le groupe d’entreprise qui remporte l’appel d’offre qui prend le nom d’attributaire. Il ne lui reste plus qu’à remplir sa part du contrat…

Ce Nouveau Code des Marchés Publics présente comme « innovations » majeures de nouveaux outils tels que les accords-cadres, la dématérialisation des procédures (les systèmes d’acquisition dynamique), des mesures incitatives à destination des Petites et Moyennes Entreprises (PME).

Pour faire simple, les accords-cadre sont des  contrats conclus à titre onéreux entre les pouvoirs adjudicateurs et des opérateurs publics ou privés afin d’établir les termes régissant les marchés à passer au cours d’une période donnée.

Le système d’acquisition dynamique est la procédure entièrement électronique de passation de marché public pour des fournitures courantes. Cette procédure est créée pour une durée maximale de quatre ans.

L’accès des PME aux marchés publics est favorisé au travers de l’allotissement. Comme l’indique l’article 10 du code, il s’agit « afin de susciter la plus large concurrence […]  de [passer] le marché en lots séparés […] ».

D’une manière générale, le nouveau code promeut la transparence à chaque étape de la commande publique.

En amont, le pouvoir adjudicateur doit s’assurer de la publicité de la commande. En effet, si dessous de 4.000 € hors taxes aucune publicité n’est obligatoire, de 4000 à 90 000 € le pouvoir adjudicateur est obligé d’informer sur l’appel d’offre (au moins sur ses panneaux d’affichage légaux). A partir de 90 000 €, il est dans l’obligation de  publié la publicité dans un journal d’annonces légales ou au Bulletin Officiel d’Annonces de Marchés Publics (BOAMP).

Les marchés de fournitures de services supérieurs à 210.000 € pour les collectivités territoriales et à 135.000 € pour l’Etat doivent être publiés au moins au BOAMP.

Par la suite, après avoir désigné l’attributaire, le pouvoir adjudicateur est non seulement dans l’obligation de justifier son choix, mais surtout de pouvoir communiquer au besoin les motifs de la non-sélection des autres candidatures.

Après l’exposé, la critique. « L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir ». (Bernard Weber). Alors, allons-y.

 

Le constat 

Quelle que soit l’époque, dès l’apparition d’une organisation sociale, ceux qui ont confié, volontairement ou non (gabelle, impôts, armée, police) une partie de leurs gains (cuissot d’élan, cauris, récolte de riz, sesterces, euros) à un petit groupe de personnes organisées (monarchie, république) pour des réalisations utiles à la collectivité (pièges à tigre, autoroutes) souhaitaient éviter que les personnes chargées de veiller sur le Trésor public (Chancelier de l’Echéquier, fonctionnaires, élus) ne se sauvent directement avec lui ou qu’ils ne s’en emparent grâce à des circuits divers (seuls ou avec des complices).

Pour ce faire, la confrérie historique des manipulateurs officiels du stock commun (publicains, curateurs, ministère des finances) a posé de très longue date un principe intemporel, intangible et immuable : les personnes chargées d’utiliser le trésor sont des escrocs en puissance et, au mieux lorsqu’elles sont honnêtes, des dépensiers insouciants, voire irresponsables.

 

Le remède trouvé : le quadrillage réglementaire

L’acheteur public ayant l’occurrence forte de figurer parmi l’une des deux catégories évoquées ci-dessus, il était donc normal d’y pourvoir et ce d’autant plus que, à supposer qu’il soit honnête et responsable, le dépensier est très probablement un incompétent notoire.

D’ou la création d’un corpus de règles contraignantes, pas très nouveau dans l’idée mais relativement récent dans sa formalisation et appelé aujourd’hui, pour ce qui concerne la France, le Code des Marchés Publics (CMP).

Afin de ménager la susceptibilité des dépensiers (pas dupes), cet ensemble de prescriptions s’appuie très officiellement sur des objectifs, qui pour être des cache-sexe, n’en sont pas moins incontournables, justes et internationalisés par leur application dans d’assez nombreux pays : liberté d'accès à la commande publique, égalité de traitement des candidats, transparence des procédures, le tout appuyé sur la volonté partagée de protection des deniers du citoyen.

Des lois ou des règles sans sanctions en cas de transgression ne sont pas applicables. Pour se faire respecter, le C.M.P. s’appuie sur des corps de contrôle et se rattache à un arsenal répressif pénal considérable, mais à la mesure des enjeux. Détailler l’organisation politique et administrative du contrôle serait fastidieux. Savoir qu’il est vertical, transversal, croisé, en réseau, spécialisé ou généraliste et qu’il emploie des milliers de personnes suffit à comprendre qu’il s’agit d’un filet fortement maillé.

D’un autre coté, la co-existence de l’artillerie lourde pénale et du C.M.P. peut laisser davantage perplexe. Bien avant le CMP, le Code Pénal de 1810, rassemblant les principes d’ordonnances royales immémoriales, punissait déjà la concussion (article 174), l’ingérence (articles 175 et 176) et la corruption (articles 177 et suivants) des personnes détenant une parcelle de l’autorité publique.

 

Une voie à explorer : la responsabilisation

Aujourd’hui notre code pénal permet de poursuivre et de punir le favoritisme (article L432-14), la corruption (L432-11), la prise illégale d’intérêt (article L432-12) et le trafic d’influence (L432-11 et 433-1). Compte tenu de la connaissance des méthodes d’escroquerie en matière de fonds publics et de l’abondante jurisprudence, pluri-séculaire pour certaines incriminations, il ne paraîtrait pas imbécile de rendre aux acheteurs publics la responsabilité de leurs actes.

Le Code des Marchés Publics pourrait alors être rédigé en deux ou trois articles sous une forme ressemblant à ceci :

Article 1

« Pour leurs échanges économiques de toute nature, dénommées marchés publics, les personnes morales publiques ainsi que les structures ou organismes détenant plus de 50% de fonds publics se doivent d’organiser et d’assurer la liberté d’accès à la commande publique, l’égalité de traitement des soumissionnaires et la transparence des procédures d’attribution. »

Article 2

« Les procédures et méthodes permettant d’atteindre les objectifs visés à l’article 1 font l’objet de recommandations regroupées dans un guide des adjudicateurs publics. Ces derniers peuvent y avoir recours en tant que besoin.

Les règles de publicité des marchés publics sont celles définies par les directives européennes et transcrites en annexe du présent code. »

La souplesse du texte élimine le contentieux formel et ses affres. Elle remet la responsabilisation directe et personnelle de l’adjudicateur public, qu’il soit issu d’une collectivité territoriale ou d’une administration d’Etat, au milieu du jeu.

Quelle que soit la matière, la simplification a toujours fait débat. Cette contribution, ne serait-ce qu’à cause de sa brièveté alors qu’il s’agit d’un domaine sensible, ne devrait pas échapper à la loi du genre.

 

Harry ARNOUX

 

 Littoral et aménagements

L’aménagement du littoral en question : l’exemple de Rifflet

Le quartier de Rifflet (11,8 Ha pour 132 constructions) est situé entre l’Anse à la Perle  et Grande-Anse à Deshaies. Sur la zone des cinquante pas géométriques.

Sans vous faire l’article, vous y avez une vue magnifique sur la mer des Caraïbes…

En principe, cette zone sera l’une des premières à être aménagée sur la bande des cinquante pas géométriques de l’archipel guadeloupéen.

L’aménagement de Rifflet, outre la nécessaire régularisation juridique de la situation des résidents, a pour ambition de résoudre autant que possible les dysfonctionnements d’un quartier qui s’est développé de manière spontanée ; en somme, il s’agit de structurer une importante zone de vie de Deshaies…

A cet effet, le cabinet d’études Tropisme chargé de proposer un aménagement de ce quartier a divisé le secteur en trois zones distinctes :

  • une première zone venant du bourg de Deshaies ;

  • une seconde zone localisée à la pointe Rifflet proprement dite ;

  • une troisième zone située à l’entrée Nord-est du secteur ;

L’aménagement de la première zone a pour objectif de structurer les différentes activités présentes (restauration, sports nautiques, etc) aux travers d’équipements divers tels que des aires de stationnement, un carbet qui fera office de point de vue, etc.

Plus au Nord-Est, l’aménagement de la plaine côtière se fera par la réalisation d’ajoupas, de voies mixtes (piétons/autos) de circulation, etc.

L’aménagement des deuxièmes et troisièmes zones comprennent la réalisation d’une maison de quartier, de commerces de proximité, des agencements de l’accès à la plage de l’Anse à la Perle, etc.

D’une manière plus générale, les propositions d’aménagement concerneront la « mise aux normes » des réseaux tant électriques, que téléphoniques ou encore d’écoulement des eaux usées, des ouvrages de protection et de génie civil, l’amélioration des dessertes du secteur, le traitement paysager avec la plantation d’arbres notamment ombrageant ainsi que l’équipement/la consolidation en infrastructures commerciales ainsi que la régularisation, la démolition/reconstruction de logements.

Ouf !

Voilà... L’aménagement du site de Rifflet à Deshaies vous a été présenté de manière synthétique, voire carrément… lapidaire !

Maintenant, il convient de faire quelques « rappels » en matière d’aménagement.

Cherchez dans un dictionnaire (un bon…). A « aménagement du territoire », en principe, vous trouverez la définition suivante : « meilleure répartition dans un cadre géographique, […] des activités économiques en fonction des ressources naturelles et humaines ».

Pour aménager donc, le quartier de Rifflet, il a fallu au préalable effectuer une série d’enquêtes sur les ressources du lieu, c’est à dire pour le moment sur l’état des réseaux, des risques naturels, sur son bâti, le foncier et la nature des sols. Enfin, il fallait connaître la situation des habitants (enquête socio-économique).

Avec cet état des lieux, véritable matière première, il a été possible de proposer à la population et aux élus un aménagement de Rifflet. Plusieurs réunions publiques de concertation ont permis de recueillir les avis de tous.

Ces échanges ont permis de faire avancer le dossier par exemple en découvrant que la Plan Local d’Urbanisme devrait être modifié car actuellement, seuls les terrains de 800 m² sont constructibles dans le périmètre. Or, la superficie des parcelles vendues par l’Etat dans la zone des 50 pas géométriques ne peut excéder 500 m²…

Une première estimation du coût des différents travaux à mener a été fixée à 5 millions d’euros, soit un rapport de 43€/m² aménagé.

Ce projet d’aménagement a été approuvé par la municipalité de Deshaies. Alors, avant le lancement des travaux, allez faire un tour du côté de Rifflet, prenez des photos et gardez les précieusement.

Et nous nous retrouverons, allez…  à la même heure dans deux ans ?

 

Rony Saint-Charles

 

 Patrimoine

La batterie de la Grande-Pointe à Trois-Rivières

La batterie de la Grande-Pointe à Trois-Rivières fait partie du dispositif de surveillance mis en place entre la pointe du Vieux-Fort et la pointe de la Goyave par le gouverneur Auger et le R.P. Labat au début du 18e siècle pour protéger ce secteur particulièrement vulnérable de la Côte-au-Vent.

La plage de la Grande-Anse située non loin de là, est en effet l’un des seuls lieux de débarquement possible de ce côté-ci de l’île. Elle ouvre le chemin de Basse-Terre par le réduit du Dos d’Ane (qui sert de refuge pour la population en cas d’attaque ennemie), et le plateau du Palmiste à Gourbeyre. La batterie de la Grande-Pointe avait donc pour but de renforcer le réseau de fortification de ce secteur constitué des quatre batteries : Blondeau, Casse-cou, Questel, et Grande-Anse.

La batterie de la Grande-Pointe est l’ouvrage de défense le mieux conservé de la région. Vers 1790, elle comportait trois canons en fonte installés sur une construction à barbette sans embrasures, en pierre semi-circulaire (en anse de panier ou demi-lune). Les bouches à feu tiraient depuis une plate-forme surélevée derrière un parapet non pourvu d’ouvertures.

Située face aux îles des Saintes, cet ouvrage constituait un poste avancé assurant la surveillance du canal de 14 km séparant la Guadeloupe de l’archipel saintois. Comme les autres fortifications construites de part et d’autre le long de la côte, cette batterie visait à multiplier et à croiser les tirs. Communiquant avec le fort du Chameau à Terre-de-Haut par un système de pavillons et de feux, elle servait à prévenir les autres points de surveillance de l’arrivée de l’ennemi.

Annexe indispensable aux pièces d’artillerie installées le long des côtes, la poudrière recevait et conservait au sec poudre et munitions. C’était généralement un petit bâtiment de forme rectangulaire, aux murs épais et sans ouverture autre que la porte.

A la Grande-Pointe, les vestiges de la poudrière construite à quelques mètres en retrait de la batterie sont parmi les mieux conservés de la Guadeloupe : toiture à encorbellement, pierre de taille, porte chanfreinée…

La batterie de la Grande Pointe a connu une rénovation sommaire il y a une dizaine d’années.

Wilfrid DEMONIO

 

 Patrimoine

La batterie de la Pointe Deshaies

La batterie de la Pointe Deshaies située sur le versant gauche de la baie du même nom fut installée en 1730 pour défendre le bourg établi au fond de l’ « Anse des Hayes ». Elle avait pour but de protéger des attaques ennemies les habitants et surtout les bâtiments mouillant dans la baie pour approvisionner la population, charger des marchandises, ou reconstituer leurs réserves d’eau.

Corsaires et pirates anglais ou espagnols avaient l’habitude de venir s’y abriter, profitant pour dépouiller les pauvres résidents du quartier du peu qu’ils possédaient.  Les autorités militaires préférèrent s’appuyer sur la configuration géographique particulièrement accidentée de la région et ne pas fortifier le bourg lui-même, mais en protéger les alentours.

La batterie mise en place comportant 8 « bouches à feu » servait aussi bien à défendre l’entrée de l’anse elle-même qu’à donner le signal aux batteries situées plus au sud le long de la côte de l’approche de navires ennemis.

Trois autres batteries étaient construites autour du village : batterie du Bas-Vent, batterie du sud Grande-Anse, et batterie de l’Anse Ferry. Ce dispositif, bien que minutieusement pensé, s’avéra relativement peu efficace puisqu’il n’empêcha pas Deshaies d’être constamment attaquée, notamment lorsque les Anglais prirent possession de la Guadeloupe en 1803.

En 1804, croyant à une nouvelle attaque, le commandant le la batterie de Deshaies fit feu de plusieurs coups de canons sur une embarcation britannique venue parlementer avec la population,.et tua pilote. Les Anglais, ivres de colère, mirent à sac le village, pillant, et brûlant toutes les habitations.

Aujourd’hui, il reste encore quelques canons au bout de la Pointe Ferry, au morne Soldat, et à la pointe Deshaies où l’on peut voir quatre fûts de canons gisant au sol sur une plate-forme entouré d’un parapet en demi-lune ainsi que les ruines d’une poudrière.

 

Wilfrid DEMONIO

   

 

 Environnement Littoral

Commune d’Anse-Bertrand : La Boucle de la Porte d’Enfer.

 Depuis la plage de Porte d’Enfer, une petite balade en boucle pour découvrir un plateau xérophile caractéristique et un paysage d’une sauvage beauté.

Fiche technique :

 

Longueur: 6 km 00 environ (boucle)                   

Période: toute l'année

Dénivelé : très faible

Equipement: rando très légère, chapeau, eau.

Durée : 2 h 00  environ 

Point d'eau: néant

Difficulté: 1/6

Balisage : jaune       

Carte IGN N° 4601 GT (2002)

 

Itinéraire d'accès :

Par la D 122, route de la Porte d’Enfer, depuis Moule, Petit-Canal ou Anse-Bertrand.

Description :

Le sentier en boucle de la Porte d’Enfer nous conduit à travers une végétation typique de la forêt sèche calcaire. Il nous fait découvrir des espèces végétales caractéristiques de cette forêt xérophile, avant de nous conduire jusqu’au Trou de la Tortue et à la Pointe du Souffleur.

Ces deux curiosités valent largement le détour :

  • un trou profond et large nous permet d’admirer les assauts des vagues de l’Atlantique, à quelques dizaines de mètres sous nos pieds.

  • sur la pointe calcaire, un curieux geyser jaillit, au rythme des vagues, d’une faille à travers le bouclier calcaire.

A partir de là, la trace nous invite à revenir quelques instants sur nos pas, pour continuer ensuite sur la « Piste des Douaniers ». Les paysages côtiers sont tout en falaises et roches calcaires, la  végétation rabougrie, taillée par les vents alizés avec ses romarin, ti-baume, bouton d’or, croton flavens... L’île de la Désirade semble flotter au large, première terre de Guadeloupe pour tous ceux qui viennent de l’est lointain. Quelques particularités botaniques intéressantes, tels que les caniques (Ceasalpinia ciliata et bonduc) avec leurs graines lisses et rondes, ou encore le latanier (Coccothrinax barbadensis) qui se multiplie depuis quelques années.

Après la Pointe Percée et la Pointe du Lagon, le Trou à Man Coco nous plonge dans le domaine des légendes. Puis la béance de la Porte d’Enfer nous introduit tout simplement au Paradis ! La plage aménagée, le lagon tout en longueur pénétrant la terre blonde de soleil, l’eau tiède et peu profonde, l’ombre des arbres sur le doux rivage, tout en effet se joint au ciel pour faire de ce lieu un site unique, dessiné pour la détente et le farniente.

Anse-Bertrand, au bout du nord Grande-terre, doit à sa Porte d’Enfer sa première notoriété. Le sentier est facile, mais la balade très ensoleillée  nécessite chapeau et eau à boire, car « le soleil donne » !

 

Gérard BERRY

 

 Acteurs du littoral

Un acteur du littoral : l’ANEL.

 Relativement inconnue du grand public de nos latitudes, il existe une structure associative regroupant les élus des collectivités territoriales situées sur le littoral français : l’Association Nationale des Elus du Littoral ou ANEL.

Yvon Bonnot

Président de l'ANEL
Maire de Perros-Guirrec

 

Créée en 1978, cette association a pour vocation de constituer autour des élus du littoral français un lieu d’échange, de concertation, de confrontation (parfois), de propositions (souvent).

Depuis sa création l’ANEL est devenue un acteur incontournable de l’économie littorale ; Elle participe en tant que membre, notamment à la Commission Littoral du Conseil National de l’Aménagement et du Développement du Territoire (C.N.A.D.T.), au Conseil National du Tourisme, Conseil National du Tourisme, Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques, Cercle Français de l’Eau, Comité National de l’Eau, et, naturellement est-on tenté de dire, au Conseil National du Littoral récemment installé.

Le conseil d’administration de sept membres, présidé par Yves BONNOT, maire de PERROS-GUIREC, veille aux destinées de l’ANEL, dont le siège est à … Paris !

 L’ANEL s’organise en huit façades maritimes : Nord, Manche, Manche-Bretagne, Atlantique-Bretagne, Atlantique, Méditerranée, Corse et Outre-Mer. Dans chaque département littoral un ou des délégués représentent l’association et constituent des relais d’informations en provenance du terrain. Il est à souligner que, pour la façade maritime, seule le département de la Martinique dispose de représentants : il s’agit de Messieurs Alfred MONTHIEUX, maire du Robert et Roger NADEAU, maire du Prêcheur et président du Conseil d’administration de l’Agence des 50 pas de la Martinique. Les autres territoires composant la façade Outre-Mer, c’est à dire la Guadeloupe, la Guyane, la Polynésie, Mayotte,  la Nouvelle-Calédonie, et la Réunion, ne disposent pas de délégués.

 Il importe de mentionner que le coût d’adhésion à l’ANEL est fonction du nombre d’habitants. A titre d’exemple, les communes de moins de 1500 habitants ont des frais d’adhésion s’établissant à 100,00 €. Celles qui  ont entre 1501 et 3000 habitants s’acquittent de 0,10 € par habitant. Les communes de plus de 30000 habitants s’acquittent de 3.500,00 euros.

 Afin de communiquer sur ses actions, l’ANEL publie un courrier mensuel dénommé Liaisons littorales, dont le dernier numéro en ligne est consultable.

 L’ANEL confirme l’adage qui veut que l’union fasse la force. Le littoral, lieu de conflits latents s’il en est, est LE thème propre à la concertation. Elus, mais aussi, usagers du littoral doivent se regrouper afin de se concerter et aborder l’utilisation du littoral dans une optique de développement durable. Le Conseil National du Littoral est à ce propos une avancée notable en la matière, même si quelques-uns regrettent une absence de représentativité de l’ensemble du spectre des usagers ? Une association de consommateurs n’y aurait-elle pas été la bienvenue ?

 

 

Rony Saint-Charles

 

 Dernière minute

DIREN : Enfin l'état des lieux de l'environnement guadeloupéen

Avec la sortie de l'édition 2006 de l'état de l'environnement en Guadeloupe, la DIREN nous met à disposition un outil d'information qui dresse un état des lieux en 2006, objectif et sans complaisance, avec les forces et les faiblesses, les menaces, mais aussi les opportunité pour la Guadeloupe. Il se veut également un outil d'aide à la décision en offrant une batterie d'indicateurs. Il constitue enfin le profil environnemental de la Guadeloupe nécessaire à l'évaluation des futurs programmes opérationnels européens 2007-2013 encours d'élaboration. Ce document "au format grand public" accompagné d'une plaquette est disponible à la DIREN.

 

   

La parole vous est donnée !

 Nous vous rappelons la mise en place de la rubrique "Forum". Cette dernière a pour but de favoriser l'échange d'idées, d'opinions ou de renseignements en ce qui concerne les divers sujets liés aux questions du littoral. Vous avez désormais la possibilité de discuter sur tous les sujets abordés par Guadeloupe Littoral®.

 

 

 ©copyrights - Guadeloupe Littoral® - Agence des 50 pas géométriques Guadeloupe - 2006