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Cultiver l’essentiel

Depuis le début de l’année, le littoral guadeloupéen est sur le devant de la scène. Pas forcément pour de bonnes raisons.

Le four à chaux de Trois-Rivières, absent du programme d’aménagement et quasiment détruit par inconséquence, le site du défunt Marissol voué, en principe, à laisser place à une résidence, les fêtards de Pâques transformant les plages en décharges à ciel ouverts, etc.

Il n’est pas question d’adopter ici un langage de Cerbère de l’environnement littoral voire d’environnementaliste forcené.

Seul le bon sens doit prévaloir. Nous avons retrouvé les traces des amérindiens qui nous ont précédé, nous participons à l’aménagement du littoral par la régularisation de la zone des 50 pas géométriques. Plutôt que de tomber dans une spirale digne du système Marbella, travaillons à équiper, aménager, organiser, préserver le littoral.

Il importe aujourd’hui de savoir faire les choix qui s’imposent sans renier les fondamentaux. Il faut aujourd’hui cultiver l’essentiel.

Rony Saint-Charles

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 Patrimoine

Un patrimoine méconnu : les amérindiens à Basse-Terre

Souvent, les plus belles choses nous semblent cachées parce qu’elles s’inscrivent dans notre quotidien ! Nous passons sans les voir. Mais un regard plus attentif, une curiosité plus accentuée, nous permet d’admirer aujourd’hui ce qui nous était invisible hier.

Depuis plus de six mois, la Ville de Basse-Terre expose une partie de son patrimoine : de l’art précolombien (qui peut aller jusqu’à – 5000 ans av. JC) découvert sur son territoire.

Où trouve t-on cette exposition? Dans un musée ? La Ville de Basse-Terre n’en possède pas. Alors où ?!

Tout simplement à la Maison du Patrimoine de la Ville de Basse-Terre, située au 24 de la rue BAUDOT.

Guadeloupe Littoral® est allé à la Maison du Patrimoine de la Ville de Basse-Terre et s’est entretenu avec Madame Yolande VRAGAR, responsable de cette structure.

Guadeloupe Littoral® : Présentez-nous la Maison du Patrimoine de la Ville de Basse-Terre ?

Yolande VRAGAR : La Maison du Patrimoine est une structure municipale abritée dans l’ancienne résidence BUFFON, qui est une construction datant du début du XIXème siècle. Cette structure a été mise en place dans le cadre du label ville d’Art et d’Histoire décerné à la Ville de Basse-Terre.

Actuellement, il y a le projet de créer un Centre d’Interprétation Architectural et Patrimonial qui, si l’on résume, est une structure qui a une triple vocation : accueillir une exposition permanente autour de laquelle des expositions temporaires seraient organisées, être un espace documentaire et un centre de ressource.

Pour ce qui nous concerne, l’exposition permanente serait axée sur le thème « Sites d’Habitat et d’Architecture ». Cet outil culturel dédié au tout-public serait aussi un espace de rencontres.

GL : Parlez nous de l’exposition des vestiges précolombien que vous présentez.

YV :  Les vestiges exposés proviennent du sous-sol de la Ville de Basse-Terre. Ils ont été retrouvés à l’occasion de fouilles archéologiques faites dans la ville.

En l’an 2000, à l’occasion des travaux de restauration de la cathédrale de Basse-Terre, les archéologues de la DRAC avaient la volonté de retrouver les vestiges du cimetière paroissial. Au cours de leur fouilles, ils ont mis à jour des vestiges amérindiens.

La prospection a alors été étendue et des fouilles préventives ont été effectuées par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) ainsi que la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) ; ces fouilles ont été financées par le Port Autonome de la Guadeloupe et le Conseil Régional.

Le résultat des fouilles est diffusé par Basse-Terre, Ville d’Art et d’Histoire.

Ces découvertes revêtent un importance particulières car elles apportent la preuve de la présence amérindienne dans cette zone de la Guadeloupe. Nous avions déjà des preuves pour d’autres sites (les Roches Gravées à Trois-Rivières, Baillif). Maintenant nous en possédons pour Basse-Terre.

 

GL : Où ont été mis à jour ces vestiges ?

YV : Les traces de présence amérindienne ont été mises à jour principalement sur la rive droite de la Rivière aux Herbes, sur la Place des Capucins (la Cathédrale, NDLR), sur l’ancienne Place Saint-François à la rue Schoelcher et sur le site du Port Autonome.

Ce la confirme que les amérindiens avaient vivaient en bordure de rivières et sur la zone littorale.

Il s’agit surtout d’objets de la vie quotidienne, de parures, de céramiques ainsi que de deux sépultures.

Ils concernent deux périodes de l’art précolombien : la période Huecoïde et la période Saladoïde. Les découverte provenant du site du Port Autonome concernent particulièrement la période Huecoïde.

GL : Quelle est l’importance de ces découvertes ?

YV : C’est très important pour notre patrimoine et notre identité !

Les amérindiens sont les premiers occupants de la Guadeloupe. Ces objets nous rassurent sur leur présence et ont une valeur inestimable.

C’est l’occasion pour la ville de Basse-Terre de valoriser auprès de ses habitants notamment tout un pan de son patrimoine.

GL : Que deviendront ces objets ?

YV : l’exposition se termine au mois de mai. A l’issue, les objets iront au dépôt de conservation au Moule.

Après, ils seront vraisemblablement transférés au Musée E. CLERC.

GL : A l’occasion de cette exposition, quel public avez-vous principalement accueilli ?

YV : cette exposition est visitée par le  tout-public. La Maison du Patrimoine organise des visites guidées à destination d’un public de jeunes scolaires.

Néanmoins, c’est le tout-public que nous accueillons. 

Alors une visite n’est pas nécessaire ; elle s’impose !!!

Propos recueillis par Guadeloupe Littoral®

 

 

 Du côté de la loi

Le circuit de régularisation des 50 pas géométriques d’après la loi n° 96-1241

Dernièrement, une question est parvenue à mon bureau : « pouvez-vous m’expliquer comment se passe la régularisation sur les terrains des 50 pas géométriques » ?

Question fort simple me direz-vous…

Pauvres naïfs… Détrompez-vous !!! Cette question d’apparence ingénue que l’on dirait sortie du Petit Prince de Saint-Exupéry (« Dis, montre moi la régularisation ») vous entraînera dans une longue mécanique administrative.

Vous voulez savoir tout de même ?!

Vous l’aurez voulu !!

Il faut savoir que parler de régularisation sur la zone des cinquante pas géométriques, renvoie implicitement à deux lois : la loi n° 86-2 dite loi littoral et la loi 96-1241.

Dans la majorité des cas, parler de régularisation fait référence à la loi 96-1241.

Vous pensez en avoir fini avec les explications ? Elles ne font que commencer.

La loi 96-1241 offre deux possibilités de régularisations : une validation de titres par une commission instituée à cet effet (c’est gratuit ou presque) ou une régularisation onéreuse.

Comme l’indique l’article 1er al. 13, « [la] commission apprécie la validité de tous les titres antérieurs à l’entrée en vigueur du décret n°55-885 qui n’ont pas été examinés pas la commission prévue en son article 10 […] ». Si vous êtes dans ce cas, ne vous précipitez pas à cette commission ; elle n’accepte plus de dossier depuis janvier 2001. Eh oui, « sous peine de forclusion, seuls les titres présentés dans un délai de deux ans à compter de la constitution de la commission départementale de vérification des titres seront examinés »(article 1er al. 14 de la loi 96-1241).

Il ne vous reste que la voie onéreuse.

En premier lieu, le particulier qui souhaite régulariser sa situation d’occupant des 50 pas transmet son dossier en trois exemplaires à la Préfecture, à l’attention du Service de l’Urbanisme. Le dossier peut concerner tant une résidence principale qu’un local ayant une destination professionnelle. Les (mal)heureux occupants de résidences secondaire bâties sur la zone des 50 ne peuvent pas régulariser. Hélas, trois fois hélas…

Le législateur a institué (article 3 al. 1 de la loi 96-1241) une aide exceptionnelle, réservée sous conditions de ressources et d’ancienneté d’occupation, destinée (nous pourrions même dire réservée) à ceux qui ont leur résidence principale sur les 50 pas.

Concrètement, il s’agit pour ceux des demandeurs qui auront reçu un avis favorable d’une baisse du prix d’achat du terrain où est bâti leur maison. Mais, demanderont les esprits chagrins, pourquoi cette aide exceptionnelle est uniquement destinée aux occupants de résidences principales ? Pourquoi eux, et pas les autres ?! Question légitime, mais c’est ainsi… Dura lex sed lex !

Mais… ne nous égarons pas!! Et revenons à nos moutons, ou plutôt à notre régularisation.

Le dossier transmis à la Préfecture doit nécessairement s’effectuer en recommandé avec accusé de réception. Si vous ne le faites pas, cela signifie que vous ne suivez pas les instructions des articles R 170 et suivants du Code du Domaine de l’Etat. Et ça… ce n’est …, ce n’est pas bien !!! C’est même très vilain quand on veut régulariser sa situation. Conclusion : recommandé avec accusé de réception.

Poursuivons. La Préfecture communique le dossier à la Direction Départementale de l’Equipement, et plus précisément au Service Maritime et des Bases Aériennes (SMBA). Ce dernier procède à l’examen de la recevabilité du dossier et, si nécessaire, demande par courrier au solliciteur de compléter son dossier.

Le SMBA transmet sans délai à l’Agence des 50 pas géométriques, pour avis, les dossiers jugés recevables conformément à l’article 5 al. 2 de la loi 96-1241 qui stipule que «  les agences sont consultées sur la compatibilité entre les projets de cession envisagés[…] et le programme d’équipement […] qu’elles ont établi».

L’Agence des 50 pas transmet son avis circonstancié au SMBA, qui procède à sa propre enquête.

Au vu des résultats de cette enquête et de l’avis de l’agence, le SMBA transmet un dossier à la Direction des Services Fiscaux (Service du Domaine) en sollicitant une évaluation du prix.

Le service du Domaine transmet au SMBA une évaluation du prix au mètre carré pour la zone d’implantation de la parcelle ainsi que les renseignements sur les revenus du solliciteur obtenus en interne du service chargé de l’établissement de l’impôt direct. Pour déterminer l’aide exceptionnelle, rappelez-vous…

Le SMBA envoie au solliciteur un accord de l’Etat pour la cession accompagné de l’évaluation au mètre carré en lui demandant d’établir un Document d’Arpentage.

Le demandeur fait établir ce document et le renvoie au SMBA.

Le SMBA calcule le prix de la parcelle et, le cas échéant, le module en fonction de l’aide exceptionnelle de l’Etat auquel le solliciteur a éventuellement droit (je sais, ça fait énumération, mais ça se passe vraiment comme ça…).

Le SMBA transmet au demandeur l’offre de l’Etat et les coordonnées des services fiscaux auxquels il devra adresser son paiement en cas d’acceptation de l’offre. Le demandeur a six mois pour décider d’accepter ou non l’offre proposée. En cas d’acceptation, le demandeur renvoie le document d’offre aux services fiscaux avec sa signature valant bon pour accord.

Après paiement comptant (qu’est ce que vous croyez ? c’est onéreux on vous l’a déjà dit), la Direction des Services Fiscaux transmet au SMBA un projet d’arrêté de déclassement (on retire le terrain du domaine public avant de vendre). L’arrêté de déclassement est validé au nom du Préfet par la DDE et transmis à la Direction des Services Fiscaux.

Après réception de l’arrêté, la DSF établit l’acte administratif de transfert de propriété. Le terrain est à vous !

Ah, j’oubliais de vous dire… Conformément à la loi 2000-321 du 12 avril 2000, le Préfet dispose de deux mois à compter de la réception du dossier complet de demande de cession pour rendre son avis. Passé ce délai, le silence du Préfet vaut décision de rejet (article 21, al. 1 de la loi du 12 avril 2000).

Ne vous avais-je pas dit que c’était long ? D’autres questions ?

Rony Saint-Charles

 

 Littoral et aménagements

Les Quartiers d’Habitat Spontané : un boulet pour les autorités publiques ?

Je suppose que tous ceux qui empruntent la Route Nationale 1 se sont, comme moi, félicités de l’ouverture de la déviation : combien avons-nous apprécié ce gain de temps ?

Terres occupées, phénomène de squattérisation et d’occupation sans titres ou quartiers d’habitat spontané, les termes ne manquent pas pour qualifier l’urbanisation illégale des terrains du littoral de la Guadeloupe.

Le grand public ne le sait peut-être pas. Mais un Quartier d’Habitat Spontané ou QHS (à ne surtout pas confondre avec les Quartiers de Haute Sécurité de la Santé…) constitue  (ou devrait constituer) un casse-tête pour les pouvoirs publics.

 

Définir les QHS. Suite à une commande de la Direction Départementale de l’Equipement de la Guadeloupe, c’est l’un des objectifs que s’était assigné le Centre d’Etudes Supérieures d’Aménagement (CESA) l’an dernier.

Guadeloupe Littoral® a pu rencontrer l’une des missionnaires du CESA, Melle Audrey MILLET, actuellement en stage à l’Agence des 50 pas géométriques de la Guadeloupe. Elle nous parle des QHS. Un an après.

Guadeloupe Littoral® : Qu’est ce que le CESA ?

Audrey MILLET : Ancien Centre d’Etudes Supérieurs en Aménagement, le CESA est devenu le département aménagement de l’Ecole Polytechnique de Tours en septembre dernier. Ce nouveau titre ne change en rien la formation qu’il délivre. Un diplôme professionnalisant de niveau bac + 5 en aménagement et développement territorial.

GL : Qu’est-ce qu’un quartier d’habitat spontané ?

AM : Ce phénomène connu de tous, n’a pas de définition claire et complète. Si on se référait à un honorable dictionnaire (je ne citerais personne ici), la définition de cette appellation serait probablement qu’un Quartier d’Habitat Spontané est « un groupement d’habitation auto construit par des occupants en situation illégale ». C’est la définition synthétique retenue par le rapport du CESA.

Naturellement cette définition a été complétée dans le rapport car la réalité des quartiers d’habitat spontané ne correspond pas rigoureusement à cette définition théorique succincte.

Considérons d’abord l’illégalité de l’occupation du sol. L’ensemble des habitants des quartiers d’habitat spontané sont juridiquement des occupants parce qu’ils ne sont pas propriétaires des terrains sur lesquels sont construites leurs habitations ; en effet, ces terrains appartiennent (majoritairement) à l’Etat.

A l’origine, un Quartier d’Habitat Spontané pouvait se définir par cet unique critère. A la longue, ce critère est à nuancer car certains occupants obtiennent le droit d’acquérir leurs terrains suite à une procédure de cession ; l’exemple typique concerne les 50 pas géométriques avec une procédure de régularisation mise en place par l’Etat, mais il y a aussi des régularisations communales.

GL : Et pour ce qui concerne l’auto-construction ? Que recouvre ce terme ?

AM : Il s’agit d’une construction de quartier réalisée sans planification urbaine et sans cadre urbanistique au gré des envies et des opportunités offertes aux nouveaux arrivants.

Historiquement, les quartiers d’habitats spontané littoraux (apparemment les plus nombreux) sont issus d’une squattérisation individuelle : les premières constructions entraînant les suivantes pour former à terme des quartiers. Par contre, les conséquences de cette absence de planification sont plus ou moins identifiables aujourd’hui.

On peut cependant noter un certain nombre de caractéristiques récurrentes. En général, les quartiers d’habitat spontané littoraux présentent une forte densité de bâti et un nombre important d’habitations insalubres. Le raccordement aux réseaux d’eau et d’électricité établis clandestinement à l’origine tend plus ou moins à s’officialiser selon les quartiers, mais la déficience des réseaux reste un critère d’insalubrité fort. La voirie est étroite et dégradée. La collecte et le traitement des eaux usées, les réseaux d’eaux pluviales et d’éclairage public sont soit absents soit faiblement développés. Les services postaux et de collecte des ordures ménagères sont également limités. Le taux d’équipement est faible car il relève des compétences des autorités publiques qui sont quasiment absentes de ces territoires.

GL : Pourquoi ces QHS se sont-ils développés et pérennisés ?

AM : Les éléments explicatifs de la formation de ces quartiers sont essentiellement conjoncturels. La crise du logement (1960-1970), les crises agricoles successives (tout au long de 20ème siècle), l’éruption de la Soufrière (1976) sont autant d’événements qui ont suscité le développement de constructions illicites et l’implantation illégale d’une population dans l’urgence.

Face à ces difficultés, les autorités compétentes ont adopté une attitude attentiste. Ce "laisser-faire" a accéléré le processus d'appropriation des terres par les occupants et a renforcé leur sentiment de légitimité d'occuper. L’absence de prise en compte du problème dès son origine a compliqué la situation au fil du temps. Des incongruités juridiques sont nées : les habitants qui ne sont ni propriétaires ni locataires du terrain qu'ils occupent et qui n'ont pas de permis de construire (constructions non reconnues par la loi), sont aujourd'hui nombreux à payer taxe d'habitation et taxe foncière bâtie, ce qui constitue un paradoxe quant à leur reconnaissance juridique.

GL : Comment cette problématique est-elle gérée aujourd’hui et quel devenir peut-on envisager pour ces zones urbaines ?

AM : Pour ce qui concerne le littoral délimité comme urbain, l’Agence des 50 Pas Géométriques en collaboration directe avec les communes et les services de l’Etat s’attache à la réhabilitation de ces quartiers. Les services de l’Etat régularisent la situation foncière des occupants selon les prescriptions de la loi. Mais ces quartiers étant auto-construit, la planification s’effectue après-coup avec une constante préoccupation : respecter la volonté des populations.

Le phénomène des quartiers d’habitat spontané n’est pas exclusivement présent sur le littoral. On retrouve des quartiers d’habitat spontané sur l’ensemble du territoire guadeloupéen. Des terrains publics comme privés sont squattés, individuellement ou collectivement et l’habitat spontané se développe ça et là. Au delà des quartiers d’habitat spontané, d’autres formes d’occupation illégale de l’espace risquent d'engendrer des conséquences similaires dans les années à venir. Parmi elle, l’habitat spontané diffus et les conséquences de l'indivision posent déjà de graves difficultés juridiques, sociales et environnementales et sont susceptibles de faire naître des quartiers à part entière.

La Guadeloupe est un territoire restreint, maîtriser son urbanisation doit être une priorité.

 

Audrey Millet

 

 Environnement Littoral

Fêtes de Pâques : Le littoral est fragile, Apprenons à le préserver ! !

TRADITION

Il est de tradition guadeloupéenne de profiter des fêtes de Pâques pour se réunir en famille , entre amis autour d’un pique-nique ou d’un camping sur les plages . Pendant plusieurs jours, tentes, bivouac, barbecues, tables, .... sont installés sur notre littoral en grand nombre.

Le week-end de Pâques est ainsi placé sous le signe de la détente, des loisirs nautiques et des plaisirs de la vie en plein air.

La Guadeloupe ne disposant pas de sites de camping organisé,  les installations sont souvent improvisées en fonction de la configuration des secteurs occupés .  Les arbres sont trop souvent sollicités pour supporter des équipements divers ou pour alimenter les barbecues. La végétation au sol est particulièrement mis à mal (piétinement, arrachage, ... ). On assiste même depuis peu à des tentatives de « réservation d’emplacement » dans ces lieux publics plusieurs semaines avant les fêtes ! !

Malheureusement, chaque année, des dégradations irréversibles sont commises à l’encontre  des écosystèmes littoraux qui nous accueillent : dépôts d’ordures ( dont  les appareils électro- ménagers utilisés pendant le camping puis abandonnés), détérioration des équipements (tables, bancs, carbets,...), coupes et mutilations d’arbres, feux, piétinement ...

 

PRÉSERVATION

Le littoral est un milieu fragile et la forêt qui s’y développe doit être protégée. Elle joue, en effet, un rôle essentiel et contribue à :

  • la fixation des sols face aux phénomènes d’érosion (provoqués par la houle) et à la protection des rivages

  • l’accueil d’une faune et d’une flore variée

  • la diversité de paysages remarquables

  • l’attractivité des plages en offrant des zones ombragées

  • la qualité du littoral en participant à l’image touristique de l’archipel

PRÉVENTION et SENSIBILISATION

Depuis quelques années conscients de la pression particulière exercée sur ces milieux durant le week-end pascal,  la DIREN, les gestionnaires du littoral (ONF, Parc National, réserves naturelles), les associations, en partenariat avec les communes organisent le « nettoyage de pâques ».

A cette occasion, un rappel  des règles de bon « usage » de nos espaces naturels, lors de ces festivités pascales est indispensable.

Afin de préserver les sites littoraux ,  il est recommandé de :

  • Déposer les ordures dans les conteneurs ou poubelles prévus à cet effet,

  • utiliser les sacs poubelles qui pourront être distribués dans le cadre de l’opération « nettoyage de Pâques »

  • Emporter les détritus avec vous si le lieu n’est pas équipé en poubelles

  • Ne pas couper et mutiler les arbres et autres formations végétales

  • Allumer les feux dans les emplacements prévus à cet effet, à distance suffisante de la forêt

  • Stationner les véhicules sur les parkings ou les chemins existants

  • Respecter les équipements mis à disposition.

Cette année encore, l’ensemble des partenaires mobilisés ont organisés des tournées de sensibilisation et d’information sur les plages les plus fréquentées et ont diffusés des sacs poubelles.

Le littoral est précieux et fragile…Espérant qu’après les fêtes, il ne se réveille pas avec la « gueule de bois » !

Mylène Valentin

 

 Acteurs du littoral

L’accueil sur le littoral en Guadeloupe

Un acteur du développement durable : l’Animobile du Nord

Le concept

L’Animobile du nord, association d’insertion œuvrant dans le cadre du PLIE Nord Basse-Terre, assure la création ou l’accompagnement d’activités innovantes, pour l’insertion de publics en difficulté sur le territoire des communes de Sainte-Rose et de Deshaies.

Créée en 2000, cette structure a pour objectif principal la création d’activités et d’emplois dans le domaine du tourisme durable et de la protection du patrimoine. Elle compte parmi ses membres des personnes ressources qui agissent en collaboration étroite avec les collectivités de la région nord Basse-Terre, les services déconcentrés de l’Etat et les acteurs privés. Ainsi la commune de Deshaies, le Conseil Général, l’ONF, le Conservatoire du Littoral, la ferme des 2 îlets, la Sucrerie de Nogent a été déterminante.

Suivant une logique de développement durable particulièrement dans le secteur du tourisme, de la valorisation du patrimoine naturel et de la culture, elle propose : animation pédagogique, expositions, dégustations, conférences, visites guidées…

Aujourd’hui

L’Animobile projette la création de jardins d’interprétation dans le nord Basse-Terre. Les jardins musicaux en cours de création sur le site de la ZAC de Nogent, en collaboration avec la société d’aménagement, concrétisent les orientations avec la création de produits et de services alternatifs débouchant sur de véritables emplois.

Ces aménagements paysagers réalisés en étroite collaboration avec les autorités de tutelle, ont tout d’abord comme but premier de contribuer à une meilleure connaissance du patrimoine naturel par le grand public, grâce à la mise en place de parcours d’orientation, débouchant sur des micro pôles d’activités participant à la valorisation du site et à la création de produits.

Les phases d’études sont aussi l’occasion de mettre en chantier des personnes à insérer par l’emploi, qui bénéficient ainsi dès le départ d’une formation de terrain, incluant le nettoyage et la valorisation de leur environnement.

Les jardins musicaux sont un prétexte à la protection et à la valorisation d’espèces végétales remarquables, par la mise en place d’un vrai espace récréatif autour des propriétés physiques de l’arbre et ses applications dans la construction de l’univers musical. Il s’agit aussi de permettre dans une logique de création de valeur ajoutée dans le secteur du tourisme, de former des jeunes en chantier école à la gestion d’un écosystème, tout en cultivant les espèces à transformer en produits.

 

Le jardin musical c’est aussi :       

  • Une calebasseraie à la ferme des deux îlets à Cluny Deshaies

  • Une bambouseraie à Conodor, près de la rivière des Ancenneaux à Sainte-Rose

  • L’aménagement de points de vue à Deshaies.

Gérard BERRY

   

 Echos

« Operation de soutien pour la protection et la valorisation du four a chaux de la route de Vieux-Fort de Trois-Rivieres »

Quel est ce bâtiment ?

Il s’agit d’un four à chaux construit en pierres de taille dans les années 1860. Il a été placé à proximité de l’unique affleurement de calcaire de la Basse-Terre. La chaux produite ainsi était de meilleure qualité que la chaux produite traditionnellement par la cuisson de coraux ou de conques dans des petits fours. Le four est construit dans un terrain en pente, ce qui permet un accès par le haut après la cuisson (qui durait plusieurs jours) et le refroidissement du four. Les murs d’un bâtiment accolé au four subsistent dans la partie basse. La chaux était principalement utilisée pour le mortier de construction. L’état de conservation de l’édifice et sa rareté (trois exemples seulement sont connus en Guadeloupe) ont particulièrement sensibilisé la DRAC qui prévoyait une procédure d’inscription sur la liste complémentaire des monuments historiques.

Situation aujourd’hui

En décembre 2005 des défrichements illégaux ont été réalisés, un procès verbal a été dressé par les services de l’État sans effet sur les initiateurs du projet puisque les travaux ont continué sous la forme de terrassements gigantesques. Le four n’est pas encore détruit, mais déjà, l’ancien chemin empierré a complètement disparu, et l’accès par le bas est devenu impossible. Le déboisement fait disparaître de nombreux arbres. Une partie du bâtiment est endommagée et le site totalement dévasté (flore, faune…). La rampe est détruite, le chemin empierré est recouvert.

 Pourquoi nous soutenir ?

Depuis de nombreuses années des pans entiers du patrimoine bâti en bois et pierre de la Guadeloupe disparaissent dans l’indifférence générale. A l’heure d’une certaine « mondialisation » ou chacun s’inquiète de voir disparaître les caractères culturels c’est au niveau des régions de chercher à conserver des repères environnementaux et patrimoniaux. Cette recherche et cette conservation sont déterminantes pour la mémoire et pour l’avenir culturel et économique de la Guadeloupe.

Nous demandons l’arrêt immédiat des travaux de terrassements, la remise en état du monument et son intégration dans le projet de construction des logements sociaux.

 

Association GAÏAC - Association BWA DOUBOUT

 Brèves

Restauration d'un canon  à Trois-Rivières

La mairie de Trois-Rivières, en association avec le 41ème Bataillon d'Infanterie de Marine de la Guadeloupe, va consolider l'assise d'un canon situé sur le littoral. Restauration et  préservation du patrimoine, ainsi qu'un meilleur accueil du public sont à l'ordre du jour... affaire à suivre.

 

 

   

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